Accueil Actualités en ThaïlandeL’avenir de la Thaïlande en péril : l’éducation et l’emploi menacés

L’avenir de la Thaïlande en péril : l’éducation et l’emploi menacés

6 commentaires 6 minutes à lire
L'avenir de la Thaïlande en péril : l'éducation et l'emploi menacés

L’avenir de la Thaïlande est en danger, et les signes avant-coureurs proviennent directement des salles de classe et du marché du travail.

Un nouveau rapport publié par le Bureau du Conseil national de développement économique et social (NESDC), l’Institut thaïlandais de recherche sur le développement (TDRI) et l’UNICEF soulève des inquiétudes quant à l’état du développement du capital humain en Thaïlande.

Le rapport intitulé « Développement du capital humain en Thaïlande : examen des lacunes, des obstacles et des options politiques » avertit que les écarts persistants et les occasions manquées pourraient compromettre les ambitions sociales et économiques à long terme du pays.

Il constate que si le pays a fait des progrès notables en matière d’accès à l’éducation et aux services de base, une part importante des enfants et des jeunes n’acquièrent toujours pas les compétences, les connaissances et la santé nécessaires pour réaliser leur plein potentiel.

Ils ne peuvent pas devenir des adultes en bonne santé et productifs.

Des progrès d’accès, mais des inégalités persistantes dès la petite enfance

L'avenir de la Thaïlande en péril : l'éducation et l'emploi menacés

Enfants thaïlandais. Photo : The Nation Thailand

Lors de la présentation du rapport, co-organisée par le NESDC, l’UNICEF et l’Union européenne à Bangkok, Kyungsun Kim, représentant de l’UNICEF en Thaïlande, a souligné l’importance d’investir dans la prochaine génération.

« La Thaïlande se trouve à un moment charnière pour relever les défis à long terme liés au vieillissement rapide et au déclin de sa population, tout en tirant parti, ce qui est important, du potentiel de la longévité et de ‘l’économie argentée’.

Cette ambition doit s’accompagner d’investissements dans les personnes, en particulier les enfants et les jeunes. »

Le rapport souligne que la malnutrition reste un obstacle majeur pour les jeunes enfants en Thaïlande, toutes les formes de malnutrition, y compris le retard de croissance, l’émaciation et le surpoids, atteignant des niveaux alarmants.

En outre, seuls trois enfants sur quatre âgés de 24 à 59 mois ont un développement normal, les enfants issus de familles à faible revenu, ceux qui ne sont pas inscrits dans l’enseignement préscolaire et ceux qui n’ont pas accès aux prestations pour enfants étant particulièrement exposés.

À l’âge scolaire, la Thaïlande a atteint un accès quasi universel à l’enseignement obligatoire, mais la qualité reste une préoccupation majeure.

Seuls 42 % des élèves de deuxième année possèdent des compétences en lecture, en écriture et en calcul adaptées à leur âge.

De plus, les résultats nationaux du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de 2022 indiquent des résultats insuffisants persistants en mathématiques, en sciences et en lecture.

Les enfants des zones rurales, ceux qui ne parlent pas le thaï et ceux issus des ménages les plus pauvres sont confrontés à des obstacles plus importants à l’apprentissage.

Ces difficultés se répercutent sur la vie adulte.

Une éducation obligatoire, mais de faible qualité

L'avenir de la Thaïlande en péril : l'éducation et l'emploi menacés

Petite fille dans une école. Photo : The Nation Thailand

Si la plupart des jeunes terminent leur scolarité obligatoire, un nombre important d’entre eux ne poursuivent pas leurs études dans le secondaire supérieur.

Parmi les Thaïlandais âgés de 25 à 34 ans, seuls 59 % ont terminé leurs études secondaires supérieures.

Le taux d’abandon scolaire est particulièrement élevé chez les jeunes hommes, les jeunes handicapés et ceux issus de ménages pauvres ou non thaïlandais.

Pour ceux qui entrent sur le marché du travail, la situation est également préoccupante.

Moins de 3 % des adultes employés en Thaïlande ont suivi une formation complémentaire après leur scolarité obligatoire.

En outre, moins de 12 % expriment le souhait de suivre une formation.

Même parmi ceux qui suivent une formation, les avantages sont souvent limités, seuls 39 % trouvant un emploi après avoir terminé leur formation.

Le rapport souligne également l’inadéquation entre l’éducation et l’emploi.

Plus de la moitié de la main-d’œuvre possède des qualifications qui ne correspondent pas aux exigences de leur emploi, ce qui entraîne un gaspillage de potentiel précieux et une baisse de la productivité globale.

Par ailleurs, environ 12,5 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans en Thaïlande ne sont ni scolarisés, ni employés, ni en formation (NEET).

Les jeunes issus de familles à faible revenu et ceux qui souffrent d’un handicap sont particulièrement vulnérables.

Les principaux freins identifiés

L'avenir de la Thaïlande en péril : l'éducation et l'emploi menacés

Écolières en Thaïlande. Photo : Jonny Belvedere

Le rapport identifie plusieurs obstacles qui entravent le développement du capital humain en Thaïlande.

Il s’agit notamment de :

  • De l’aide sociale limitée accordée aux familles à faible revenu
  • Du soutien insuffisant aux groupes vulnérables tels que les personnes handicapées et les personnes ne parlant pas le thaï
  • De l’allocation inefficace des ressources dans l’éducation
  • De l’inadéquation entre l’éducation, les programmes de formation professionnelle et les besoins du marché du travail
  • Des obstacles psychosociaux généralisés tels que la faible motivation, la mauvaise santé mentale et le manque de soutien dans les environnements d’apprentissage

S’exprimant lors de la cérémonie de lancement, Danucha Pichayanan, secrétaire général du NESDC, a déclaré :

« Investir systématiquement dans le développement du capital humain n’est pas seulement un investissement stratégique à long terme, c’est un investissement essentiel pour propulser le pays vers une croissance durable. »

S’exprimant également lors de la cérémonie de lancement, David Daly, ambassadeur de l’Union européenne en Thaïlande, a déclaré dans son allocution :

« Investir dans le capital humain n’est pas seulement important, c’est essentiel pour soutenir la croissance, réduire les inégalités et renforcer la résilience face aux chocs futurs. »

Que faire ? Les recommandations du rapport

L'avenir de la Thaïlande en péril : l'éducation et l'emploi menacés

Des enfants font le wai, salut les mains jointes, en Thaïlande.

Le rapport présente des recommandations clés, notamment :

  • L’élargissement de la protection sociale inclusive
  • L’adaptation de l’éducation et de la formation aux divers besoins des apprenants
  • La réforme de l’allocation des ressources afin de promouvoir l’équité et l’efficacité
  • L’alignement des programmes d’études sur les besoins du marché du travail
  • L’augmentation des investissements dans la santé mentale et le bien-être des apprenants

« Les preuves sont claires et les solutions sont à portée de main.

Ce dont la Thaïlande a besoin maintenant, c’est d’une action politique audacieuse et inclusive qui place les enfants et les jeunes au centre des politiques sociales et économiques », a ajouté M. Kim.

Voir aussi :

Nord Thaïlande : les enfants empoisonnés à l’arsenic par les mines birmanes

Thaïlande : un enfant élevé par des chiens retrouvé en train d’aboyer

En Thaïlande, les abus sexuels en ligne sur les enfants sont à un niveau record

Thaïlande : un enfant sur dix est confronté à une grave pauvreté alimentaire

La Thaïlande veut inciter ses habitants et le monde entier à avoir plus d’enfants


Source : The Nation Thailand

Est-ce que cet article vous a été utile ?

Cliquez sur les étoiles pour le noter !

Note moyenne / 5. Décompte des votes :

Aucun vote jusqu'à présent ! Soyez le premier à noter ce billet.

Comme vous avez trouvé ce post utile....

Partagez le sur les médias sociaux ! 😉

Vous lisez régulièrement Toute la Thaïlande ?
Ajoutez le site à vos sources préférées sur Google pour ne rien manquer de nos articles dans votre fil d’actualité.

Liens utiles pour préparer votre voyage en Thaïlande

Souscrire une assurance voyage

Réserver un billet d'avion

Réserver bus, train et bateau en Thaïlande

Réserver un hôtel

Réserver des activités

Gérer son argent en voyage avec Wise

Voyage sur mesure avec Evaneos

Newsletter Form (#11)

S'abonner à notre lettre d'information

Restez informé sur la Thaïlande : vous recevrez un e-mail avec nos derniers articles une fois par semaine.



Vous pouvez nous suivre sur :

Twitter, LinkedIn, Facebook, Google News


Vous pourriez aussi aimer

6 commentaires

Avatar photo
Gaspard 1 août, 2025 - 13 h 02 min

Et si on osait réfléchir ensemble ?

Je vis en Thaïlande depuis un moment.

Comme beaucoup, j’ai appris à apprécier ce pays pour son accueil, sa douceur de vivre, et sa culture si différente de la mienne.

Mais parfois, je me surprends à me poser des questions.

Pourquoi, quand on évoque une difficulté (bruit, éducation, circulation…), certains s’empressent de répondre : « Si t’es pas content, rentre chez toi » ?

Est-ce si difficile d’entendre une remarque ? Une proposition ? Une autre façon de voir ?

Je ne cherche pas à imposer un modèle. Mais proposer une amélioration, ce n’est pas critiquer un pays. C’est aimer suffisamment un lieu pour vouloir l’aider à évoluer.

Je viens d’un pays où on a appris à penser, à comparer, à améliorer — pas pour dominer, mais pour progresser.

J’aimerais qu’on puisse dialoguer, pas simplement dire amen à tout.

J’aimerais qu’on puisse écouter, pas juste répondre « tais-toi ».

Car c’est dans l’échange d’idées qu’un pays grandit. Et que, nous aussi, on avance.

Réponse
Avatar photo
HANSSON 2 août, 2025 - 10 h 50 min

Très beau coup de gueule teinté de pédagogie progressiste, mais comme vous le dites à juste titre, peu de chance, pour ne pas dire aucune qu’il soit remarqué et entendu.

Laisser une large partie de la population dans un état d’instruction et d’éducation digne du 19ᵉ siècle, permet au pouvoir de mieux le manipuler avec des arguments primaires faisant appel à une crédulité de la masse laborieuse entretenue par les composantes d’une caste élitiste, qui semblent oublier que, sans cette masse laborieuse, eux, n’existeraient pas !!!

Réponse
Avatar photo
pier 2 août, 2025 - 21 h 11 min

Suis bien du même avis.

Au pouvoir de mieux le manipuler avec des arguments primaires faisant appel à une crédulité de la masse laborieuse entretenue par les composantes d’une caste élitiste.

Réponse
Avatar photo
gg 1 août, 2025 - 13 h 44 min

Tant que l’éducation restera un business et pas un système éducatif, rien ne changera.

De plus, apprendre à saluer le drapeau et à rester immobile à 8h et à 18h, ça ne sert à rien.

Vous pourrez republier cet article dans 10 ans, sans y changer une virgule.

Réponse
Avatar photo
HANSSON 1 août, 2025 - 15 h 43 min

Je cite l’article : « Le rapport présente des recommandations clés, notamment (…) l’adaptation de l’éducation et de la formation aux divers besoins des apprenants (….) l’alignement des programmes d’études sur les besoins du marché du travail, l’augmentation des investissements dans la santé mentale et le bien-être des apprenants » Fin de citation.

C’est la première fois en 15 ans que je lis un article concernant la (le manque de…) qualité de l’enseignement qui aborde la nécessité de revoir en termes particuliers la méthodologie de la formation des enseignants (apprenants dans le texte) !

C’est évidemment fondamental pour former les jeunes en apprentissage scolaire de former en amont les enseignants et les éducateurs qui auront la tâche délicate d’enseigner et de former la jeunesse thaïlandaise à tous les niveaux d’éducation et d’instruction.

Et là, pour avoir côtoyé activement par le passé, et encore aujourd’hui, le milieu scolaire fondamental, secondaire et universitaire en qualité de psycho-pédagogue, je peux vous dire qu’en Thaïlande, il y a du boulot pour les prochaines décennies, depuis les caves jusqu’au toit !

Ça ne se fera pas en quelques coups de cuillères dans une tasse de café !!!

Et au plus on attend, au plus dure sera la pente à grimper pour dans un premier temps, simplement faire disparaître dans un futur proche les dégâts dus aux manquements des générations passées, mais aussi de la génération actuelle des 3-18 ans, pour qui il est déjà trop tard !!!

Réponse
Avatar photo
Oliv 1 août, 2025 - 20 h 27 min

Malheureusement pour la Thaïlande, c’est mal parti.

Quand l’éducation est égale à argent, et que les familles n’en ont pas.

Les enfants sont condamnés malgré leurs bonnes volontés.

Réponse

Laissez un commentaire

À savoir : les commentaires sur les articles récents sont modérés le lendemain.
* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site web.