La Russie a mis en garde ses ressortissants contre un risque d’arrestation ou de détention en Thaïlande à la demande des autorités américaines.
Dans un avis publié vendredi 12 juin, le ministère russe des Affaires étrangères a exhorté certains citoyens russes à faire preuve d’une « extrême prudence » lorsqu’ils envisagent de se rendre dans le royaume ou d’y transiter.
La mise en garde vise principalement les personnes susceptibles de faire l’objet de poursuites pénales aux États-Unis.
La Russie met en garde ses ressortissants voyageant en Thaïlande
Selon le ministère russe des Affaires étrangères, la Thaïlande figure parmi les pays où Washington mènerait activement des opérations visant des ressortissants russes.
“Malheureusement, ce pays ami, populaire auprès des touristes russes, reste l’un des endroits où Washington a lancé une véritable ‘chasse’ aux Russes”, prévient le communiqué.
Le ministère souligne que la Thaïlande a conclu un traité d’extradition avec les États-Unis, ce qui pourrait exposer certaines personnes recherchées par la justice américaine à un risque d’arrestation puis de transfert vers les États-Unis.
Les autorités russes recommandent ainsi aux personnes concernées d’éviter de se rendre en Thaïlande ou d’utiliser le pays comme simple lieu de transit.
Au moment de la publication de cet avis, aucune réaction officielle des autorités thaïlandaises n’avait été rapportée.
Des affaires récentes citées pour justifier cette alerte
Cette mise en garde intervient alors que plusieurs affaires impliquant des ressortissants russes arrêtés en Thaïlande ont récemment attiré l’attention.
Le ministère a notamment évoqué le cas de Denis Obrezko, un hacker russe présumé arrêté en Thaïlande à la fin de l’année dernière et qui a comparu cette semaine devant un tribunal américain après son extradition.
Moscou a également rappelé l’arrestation à Bangkok, en 2008, du marchand d’armes russe Viktor Bout.
Extradé vers les États-Unis, celui-ci a passé plus de dix ans dans une prison fédérale américaine avant d’être libéré en 2022 dans le cadre d’un échange de prisonniers contre la basketteuse américaine Brittney Griner.
Des méthodes américaines jugées agressives par Moscou
Le ministère russe des Affaires étrangères accuse les agences américaines de mener leurs opérations de manière agressive et de ne pas tenir suffisamment compte des autorités thaïlandaises.
Selon Moscou, certains ressortissants russes arrêtés à l’étranger seraient soumis à des pressions psychologiques et à des tentatives d’intimidation destinées à obtenir des aveux.
Les autorités russes estiment également que les poursuites visant leurs citoyens se sont intensifiées depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022.
Les touristes ordinaires jugés peu exposés
Malgré le ton alarmant de cette mise en garde, les professionnels du tourisme russe se veulent rassurants.
L’Association des voyagistes de Russie a indiqué que les touristes ordinaires ne couraient aucun risque particulier d’être arrêtés sur la base de mandats émis par des pays tiers.
L’organisation souligne que les cas évoqués par les autorités concernent des situations très spécifiques et demeurent extrêmement rares.
La Russie a enfin conseillé à ses ressortissants voyageant à l’étranger de conserver les coordonnées des ambassades et consulats russes, assurant que les services diplomatiques continueraient à apporter leur assistance aux citoyens en difficulté.
La Thaïlande reste l’une des destinations préférées des voyageurs russes, avec plus de 1,8 million de visiteurs russes accueillis chaque année.
Voir aussi :
- Malgré les sanctions, des entreprises thaïlandaises misent sur la Russie
- La Thaïlande lâchée par les États-Unis se tourne vers la Russie et la Chine
- Crise énergétique : la Russie prête à vendre du pétrole à la Thaïlande
Source : Thai PBS World
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1 commentaire
Des accords d’extradition entre pays concernant leurs nationaux recherchés, soupçonnés ou poursuivis du fait d’activités illicites (espionnage informatique, hacking, trafic d’armes, de drogues), cela existe pratiquement partout dans le monde…
La Thaïlande, à la demande d’autres nations ou de son propre chef judiciaire expulse régulièrement des personnes étrangères reconnues coupables de faits condamnables en Thaïlande ou dans leur pays d’origine…
Belges, Français, Israéliens, Koweïtiens, Australiens, Américains et d’autres en ont déjà fait l’expérience.
Il s’agissait dans les années 60/70 et suivantes souvent de cas de ressortissants étrangers pédophiles qui profitaient du laxisme de la justice ou des « trous » dans la législation thaïlandaise pour s’adonner à leurs vices sexuels vis-à-vis de jeunes filles et garçons mineurs, parfois même avec la complicité de leurs parents proxénètes, y voyant uniquement là un revenu financier bien plus conséquent que leur maigre salaire de l’époque, sans se soucier des traumatismes physiques et psychologiques infligés à leur progéniture de 11, 12, 13 ans…
Heureusement, cette époque est révolue à 99 % et a été remplacée pour certains étrangers, par une image de la Thaïlande en tant que pays refuge pour toute une série de criminels, imposteurs, trafiquants de tout ordre, recherchés ou condamnés dans leur pays ou par un pays tiers, et qui venaient se cacher au fin fond d’une campagne thaïlandaise alors encore anonyme…
L’informatique et les organisations de police internationale ont aussi bien changé ce contexte depuis les 30 dernières années et rester invisible devient de plus en plus difficile, y compris pour les citoyens russes qui n’échappent pas à la règle des accords d’extradition…
Comme le souligne l’article (et c’est valable pour n’importe quelle nationalité que ce soit), les touristes et résidents russes qui ne sont pas recherchés et coupables aux yeux de la justice d’un pays ayant des accords d’extradition avec la Thailande, n’ont absolument rien à craindre pour leur quiétude…
Donc, pas de quoi en faire un scandale et les protestations de Moscou n’ont aucune raison d’être…
Par contre les recommandations émises seront utiles à ceux qui espèrent échapper à des poursuites internationales et qui auraient la mauvaise idée d’espérer se « dissoudre » en Thaïlande.