La Thaïlande a rejoint plus de 50 pays pour engager des pourparlers avec les États-Unis à la suite de l’annonce sur les nouveaux droits de douane.
Ces nouveaux tarifs douaniers ont ébranlé les marchés mondiaux et font craindre une récession.
Voir : Droits de douane américains : la Thaïlande pourrait perdre 8 milliards de dollars
Cette décision, qui affecte directement les exportations thaïlandaises, a déjà eu un impact sur les marchés financiers du royaume.
Voir : La Thaïlande durement frappée par Trump : la Bourse s’effondre
Le dimanche 6 avril, la Première ministre Paetongtarn Shinawatra a confirmé que Bangkok entamait des négociations avec Washington.
Le vice-premier ministre et ministre des Finances, Pichai Chunhavajira, se rendra aux États-Unis pour des discussions avec les principales parties prenantes.
« La Thaïlande est un partenaire économique fiable et un allié de longue date des États-Unis, et pas seulement un simple exportateur », a déclaré Mme Shinawatra dans une déclaration officielle.
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Un choc tarifaire pour les exportations thaïlandaises

Grues et conteneurs d’expédition dans le port de Bangkok. Photo : Bangkok Post.
Les nouveaux droits de douane, qui entreront en vigueur le 9 avril, visent directement plusieurs secteurs clés de l’économie thaïlandaise, notamment l’électronique, les produits agricoles et l’agroalimentaire.
Le plan américain se déploiera en deux étapes :
- Phase 1 (5 avril à 00 h 01, heure américaine) :
Un tarif général de 10 % sur toutes les importations, quelle que soit leur origine. - Phase 2 (9 avril à 00 h 01) :
Mise en place de droits de douane dits « réciproques », soit 36 % pour les produits thaïlandais.
Certains produits sont toutefois exclus de ces nouvelles mesures, comme l’acier, l’aluminium, les automobiles et leurs pièces détachées, qui sont déjà couverts par des droits spécifiques antérieurs.
D’autres, comme les semi-conducteurs, les produits pharmaceutiques ou encore les matériaux énergétiques, bénéficient d’une exemption temporaire.
Les marchandises déjà en transit avant les dates d’entrée en vigueur ne seront pas concernées par ces nouveaux taux.
La stratégie thaïlandaise de riposte

Exportation de la Thaïlande. Illustration : The Nation Thailand
Face à ce coup dur, le gouvernement thaïlandais a présenté un plan d’action en plusieurs volets :
- Proposer une augmentation des importations américaines dans les secteurs de l’énergie, de l’aviation et de l’agriculture ;
- Collaborer avec les groupes agricoles et industriels américains ;
- Promouvoir les investissements thaïlandais aux États-Unis ;
- Réduire les barrières à l’importation et lutter contre la fausse déclaration de l’origine des produits.
Mme Shinawatra a également promis des mesures de soutien pour les entreprises locales, notamment les PME, tout en accélérant les discussions d’accords de libre-échange avec d’autres partenaires commerciaux comme l’Europe, le Moyen-Orient ou l’Inde.
Une situation sous haute tension en Asie du Sud-Est

La Thaïlande n’est pas seule face à Washington.
L’annonce du 2 avril a provoqué une onde de choc dans toute l’Asie du Sud-Est.
Le Vietnam envisagerait une baisse de ses droits de douane pour parvenir à un compromis avec les États-Unis, tandis que le Cambodge a officiellement demandé un report des nouvelles taxes.
D’autres pays de la région, comme l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines, seraient en train d’élaborer des stratégies similaires.
Une réunion d’urgence des ministres de l’Économie de l’ASEAN est prévue pour tenter d’adopter une réponse coordonnée.
L’administration Trump reste inflexible

Donald Trump sur un terrain de golf. Photo : Reuters
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a averti que ces négociations pourraient durer « des semaines, voire des mois ».
Il a insisté sur la nécessité pour les partenaires étrangers de faire des offres « crédibles ».
Le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a confirmé que les tarifs seraient appliqués comme prévu :
« Bien sûr qu’ils vont arriver », a-t-il déclaré, justifiant la mesure par le besoin de « réinitialiser le commerce mondial ».
De son côté, Donald Trump a simplement publié sur son réseau social :
« NOUS VAINCRONS. TENONS BON, ce ne sera pas facile », depuis la Floride, où il a passé le week-end à jouer au golf.
Alors que la date du 9 avril approche, l’incertitude grandit dans la région.
Pour la Thaïlande comme pour les autres pays touchés, le temps presse pour éviter un choc économique de grande ampleur.
Voir aussi :
Alerte : la Thaïlande entre dans le top 10 des excédents commerciaux américains
Source : Khaosod English
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5 commentaires
Bonjour,
Trop d’esprits simplistes qui critiquent les décisions de Trump ne se donnent pas la peine d’explorer en profondeur sa stratégie économique.
Ceux qui savent le prennent très au sérieux et engageront des négociations pour éviter les pires conséquences pour leurs industries et leurs populations.
Si la Chine se considère comme étant maltraitée dans les discussions en cours, elle imposera à son tour ses propres « tarifs » façon Trump.
Le dernier round des palabres mondiales devant avoir lieu entre Chine et USA.
Ce sera le nouveau « Yalta », un partage dans lequel la Russie ne sera pas oubliée et les Européens remis à leur juste et honteuse place de va-t-en-guerre déments, incapables et insolvables.
Les mecs veulent s’allier du côté des BRICS et, en même temps, négocier avec l’oncle Sam…
Ben tient, bon courage aux diplomates.
Quels pourparlers, les gouvernements ne semblent pas écouter ce que dit le Donald et son ministre du trésor, alors pour rappel, ils disent tous les deux, ils n’ont qu’à encaisser ou capituler.
La seule stratégie à avoir avec ce personnage est l’épreuve de force et pas décroché son téléphone pour dire s’il vous plaît, on peut négocier, surtout quand il n’y a rien à négocier.
Et oui, Jordan, Fred, Manuella… La Thaïlande va tomber dans le piège tendu par l’Administration Trump et s’enfoncer un peu plus dans une « vassalisation » du Royaume au service des intérêts stratégiques et économiques des États-Unis, face à l’influence grandissante des accords commerciaux et géo-politiques de l’Empire chinois.
On est loin de la grande amitié inébranlable et du soutien stratégique des américains envers la Thaïlande et on constate aujourd’hui que la politique du soi-disant jeu d’équilibre diplomatique que la Thaïlande entretient pour ne frustrer ni les USA, ni la Chine, est, oh combien fragile et inutile face à la dictature rageuse et taxatoire d’un président américain qui base sa politique de domination totalitaire sur la force et la contrainte des pressions économiques et financières pour mettre la planète à genoux (y compris d’ailleurs la grande majorité de la population de son propre pays !).
Il faut savoir baisser son pantalon.
C’est un acte de faiblesse, et Trump adore les faibles.