Les forces armées et la police thaïlandaise discutent des mesures de sécurité à mettre en œuvre en cas de troubles liés au choix du prochain Premier ministre.
Des sources militaires et policières ont indiqué craindre d’importants troubles et violences si le chef du parti Move Forward, Pita Limjaroenrat, n’est pas élu Premier ministre au milieu du mois prochain.
Les forces armées et la police craignent que les partisans de Move Forward et de son principal parti de coalition, le Pheu Thai, n’organisent des manifestations violentes si la coalition de 313 députés dirigée par Move Forward ne parvient pas à obtenir le soutien de 63 sénateurs ou députés d’autres partis pour élire Pita au poste de Premier ministre de la Thaïlande.
Voir : Élections en Thaïlande : un mois après le scrutin du 14 mai les résultats se font toujours attendre
La coalition a besoin de 63 voix supplémentaires de sénateurs ou de députés, ou d’une combinaison des deux, lorsque la Chambre et le Sénat se réuniront pour une session conjointe afin d’élire le 30e Premier ministre de Thaïlande.
Pita devra obtenir la majorité des voix des 750 députés et sénateurs pour être élu Premier ministre.
La session conjointe se tiendra probablement le 13 juillet, a déclaré le vice-premier ministre Wissanu Krea-ngam lors d’une réunion du cabinet intérimaire le 20 juin.
Les 500 députés nouvellement élus prêteront serment lors d’une cérémonie officielle le 3 juillet, conformément à un décret royal.
Le secrétaire général de la Chambre des représentants, Pornpit Phetcharoen, a déclaré le samedi 24 juin qu’après la cérémonie du 3 juillet, la Chambre pourrait convoquer sa première réunion le 4 juillet afin que les députés puissent élire le président de la Chambre et deux vice-présidents.
M. Pornpit a indiqué que la plupart des partis politiques s’étaient mis d’accord pour convoquer la réunion de la Chambre à 9 h 30 le 4 juillet afin d’élire le président de la Chambre, mais que deux ou trois partis politiques n’avaient pas encore confirmé l’heure et la date.
Après l’élection du président de la Chambre, une session conjointe des deux chambres doit se tenir dans les 10 jours pour élire le Premier ministre.
Les partisans de Pita croisent encore les doigts pour obtenir le soutien des sénateurs.
Plusieurs sénateurs ont juré de ne pas voter pour Pita en tant que Premier ministre, arguant que son parti est opposé à l’article 112 (la loi sur le lèse-majesté).
Une manifestation serait prévue avant le vote pour le poste de Premier ministre

Des manifestants font un salut à trois doigts lors d’une manifestation à l’intersection de Kaset, près de Bangkok, le 19 octobre 2020. Photo : Sakchai Lalit
Selon certaines sources, une réunion des représentants des forces armées et de la police a conclu que les partisans de Move Forward et de Pheu Thai prévoyaient de se rassembler avant le vote pour le poste de Premier ministre afin d’accroître la pression sur les sénateurs.
Cependant, ils ne savent pas s’ils se rassembleront au Parlement le jour du vote pour choisir le Premier ministre.
Ils ont convenu que la police serait en première ligne pour assurer la sécurité autour du Parlement, tandis que trois bataillons des forces armées se tiendraient prêts à envoyer des renforts à la demande de la police.
La police exigera des organisateurs de tous les rassemblements de plus de cinq personnes qu’ils demandent une autorisation avant de se rendre au Parlement.
Toutes les caméras de sécurité autour du Parlement seront vérifiées pour s’assurer qu’elles fonctionnent correctement au cas où la police aurait besoin d’images pour engager des poursuites judiciaires contre tout manifestant soupçonné d’avoir enfreint la loi, ont indiqué les sources.
Possibles manifestations dans toute la Thaïlande

Manifestation d’étudiants en 2020 à Bangkok. Photo : The Thaiger
Les agences de sécurité craignent que des manifestations éclatent dans tout le pays si M. Pita ne remporte pas suffisamment de voix pour devenir Premier ministre.
Les responsables de la sécurité surveillent de près les médias sociaux pour évaluer l’opinion publique et adapteront leur stratégie en fonction des messages postés sur les médias sociaux.
L’armée a demandé à tous les soldats des casernes situées près du Parlement de se tenir prêts à intervenir.
Il s’agit de la division de l’artillerie anti-aérienne, du premier régiment de cavalerie et du quatrième bataillon de cavalerie, ainsi que du régiment des communications.
La base navale de Bangkok de la marine royale thaïlandaise est prête à fournir des renforts, ont ajouté les sources.
Elle dispose de patrouilleurs prêts à transporter le personnel de sécurité le long de la rivière Chao Phraya.
Tous les voyages à l’étranger des dirigeants de l’armée et de la police ont été annulés avant le vote pour le prochain Premier ministre thaïlandais, afin qu’ils puissent surveiller la situation, ont déclaré les sources.
Source : The Nation Thailand
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2 commentaires
La Thaïlande s’achemine doucement vers la guerre civile !
Terrible ! C’est déjà la panique à bord 3 semaines avant le vote pour l’élection du premier Ministre !
Est-ce que des rumeurs dans les milieux « autorisés » comme on dit chez nous, ont fuités dans le sens où le leader du MFP, Monsieur Pita ne recevrait pas le nombre de votes nécessaires pour être élu ?
Ça sent déjà la poudre et effectivement, si M. Pita ne réunit pas au minimum 376 votes en sa faveur, il ne pourra pas revendiquer le poste de Premier ministre.
Que se passera-t-il officiellement et légalement parlant ?
Le pays ne peut rester sans gouvernement de plein pouvoir éternellement et la possibilité de laisser le pays entre les mains d’un gouvernement de transition avec des pouvoirs législatifs très réduits pendant plusieurs mois (comme cela a notamment été le cas en Belgique où un gouvernement se limitant à gérer les Affaires courantes est resté en fonction plus d’un an) constitue un scénario inimaginable en Thaïlande.
Autre possibilité pour sortir de l’impasse : proposer une autre candidature issue d’un autre parti (le 2è par ordre d’importance est le Pheu Thai, de la mouvance Sinawathra), mais je vois mal un autre candidat d’un 3e ou 4e parti recevoir le soutien de 376 députés et sénateurs…
À moins qu’une alliance du feu et de l’eau (Le Pheu Thai et d’autres petits partis de l’ancienne coalition de droite s’alliant avec les partis pro-armée qui ont d’office le soutien des 250 sénateurs nommés par l’armée)) ne voit le jour, laissant le parti vainqueur des élections rejoindre les bancs de l’opposition…
Électoralement peu probable et attitude suicidaire d’un Pheu Thai qui perdrait le soutien d’une grande partie des travailleurs et de sa base électorale traditionnelle, de ce qui serait vu comme une trahison majeure.
Sans parler que dans cette hypothèse, la police et l’Armée peuvent effectivement s’attendre à des manifestations et à un soulèvement populaire de grande ampleur et pas seulement à Bangkok !
Autre scénario : la reconnaissance par la Cour constitutionnelle de l’impossibilité de former un gouvernement majoritaire avec un Premier ministre élu et un retour aux urnes dans les 3 mois qui suivent…
Retour à la case départ avec les mêmes incertitudes qui risquent de ressurgir avec la même image politique, les mêmes vainqueurs, les mêmes vaincus avec les mêmes marges de pourcentage à peu de chose près.
Scénario du serpent qui se mange la queue.
Et enfin, dernière hypothèse, si on se réfère à l’histoire politique de la Thailande de ces 40 dernières années, la possibilité que les forces de police et l’Armée, garant de la Monarchie et de ses valeurs conservatrices, ne laissent dans un premier temps la situation politique et sociale du pays se détériorer et se dégrader dans des manifestations violentes, des émeutes et des affrontements entre les partisans des partis vainqueurs des dernières élections et les forces armées, pour justifier ensuite son intervention musclée, instaurer la loi martiale et reprendre, comme en 2014, le pouvoir avec la constitution d’une dictature militaire….
Tout est possible en Thaïlande et bien souvent le scénario du pire est celui qui finalement a le plus de chance de se réaliser, car à l’inverse de nos gouvernements de coalition, des alliances politiques qui conduisent à des majorités de remplacement, parfois très éloignées du vote des citoyens et du résultat des urnes, les élites et meneurs politiques thailandais n’ont pas l’habitude de ces palabres et discussions interminables, de ces compromis « à la belge », de l’application de « pouvoirs spéciaux » ou d’article « 49.3 » pour arriver à une solution négociée ou déclarée apte de gré ou de force, à sauver la nation !!!
Ici, ou ça passe plus ou moins démocratiquement, ou on arrive au point de rupture et on tombe sous un régime militaire pour quelques mois ou quelques années, le temps de calmer les esprits, de remettre de l’ordre dans le pays, de remplir les prisons avec les contestataires de tout bord qui dérangent et de préparer le peuple à de nouvelles élections avec un nouveau tour de carrousel forain pour voir qui, cette fois, tirera la floche et pour combien de temps !!!
Attendons donc le 4 juillet, première échéance qui verra la nomination (peut-être) du Président de la Chambre et le 13 juillet, seconde échéance consacrée à la nomination ou pas de Pita au poste de 1er ministre…
Comment se réveillera la Thaïlande le 14 juillet au matin ?
Feu d’artifice ou bruit de bottes ?