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La société civile thaïlandaise contre le projet d'adhésion au CPTPP

par Redaction Thaïlande
La société civile thaïlandaise contre le projet d'adhésion au CPTPP

Des organisations de la société civile thaïlandaise exhortent le gouvernement à mettre fin à son projet d'adhésion au CPTPP.

L’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP ) est un accord de commerce et d’investissement, signé le 7 mars 2018 suite à dix années de négociations, entre onze nations de la cote pacifique.


Les organisations de la société civile thaïlandaise opposées au CPTPP, qui affirment représenter 400 000 citoyens, ont publié jeudi (2 décembre) une lettre ouverte adressée au Premier ministre Prayut Chan-o-cha, dans laquelle elles demandent instamment au gouvernement de mettre fin immédiatement aux projets d'adhésion au bloc commercial de l'Accord global et progressif pour le partenariat transpacifique (CPTPP), qui compte 11 membres.

Parmi les pays membres figurent d'autres membres de l'ANASE, à savoir le Brunei, la Malaisie, Singapour et le Viêt Nam, tandis que la Chine et Taïwan ont déposé des demandes d'adhésion.

Les organisations de la société civile thaïlandaise affirment que l'adhésion à cet accord commercial placerait la Thaïlande dans une position désavantageuse, en mettant en péril la sécurité alimentaire, l'accès aux soins de santé universels et la diversité biologique du pays, au profit de grandes entreprises thaïlandaises ayant des liens avec des multinationales.

Comme la question du CPTPP doit être soumise au gouvernement pour approbation dans un avenir proche, les organisations de la société civile ont déclaré dans la lettre ouverte qu'elles aimeraient que le gouvernement prenne en compte les intérêts de la Thaïlande et de sa population, plutôt que ceux des grandes entreprises et des sociétés multinationales.

L'accès au CPTPP donnerait toutefois à la Thaïlande une occasion bien nécessaire de stimuler ses exportations, d'attirer des investissements directs étrangers (IDE) et de créer de nouveaux emplois.

L'adhésion devrait permettre d'augmenter les exportations de 3,47 % et les investissements de 5,14 %, et d'accroître le PIB de 0,12 %, soit environ 13,3 milliards de bahts.

Un danger pour les agriculteurs et le coût des produits alimentaires

Selon les organisations de la société civile, la Thaïlande doit toutefois tenir compte de certains compromis.


Selon elles, la Thaïlande devrait ratifier l'Union internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV) de 1991, ce qui conférerait aux grandes entreprises agroalimentaires des droits exclusifs sur la sélection végétale pour une durée minimale obligatoire de 20 ans.

Les agriculteurs locaux devront acheter des semences auprès de vendeurs agréés à chaque saison, car replanter des semences d'une saison précédente serait considéré comme une violation des droits de propriété intellectuelle.

Les contrevenants risqueraient jusqu'à deux ans de prison et/ou une amende de 400 000 bahts, ont indiqué les organisations, ajoutant que les produits pharmaceutiques fabriqués à partir de plantes pourraient également être concernés.

Les monopoles sur les semences pourraient obliger les agriculteurs thaïlandais à acheter des semences végétales à des prix 2 à 6 fois plus élevés, ce qui entraînerait une hausse des prix des denrées alimentaires et perturberait le mode de vie et la culture agricoles, ont déclaré les organisations.

L'adhésion au CPTPP signifie également que la Thaïlande devra accepter les produits remanufacturés comme des produits neufs, tels que ceux fabriqués à partir de plastique et de déchets électroniques, car la Thaïlande ne dispose pas de loi permettant de différencier ces produits.

Dans l'ensemble, les avantages de la signature de l'accord commercial seraient concentrés sur une poignée de grandes entreprises, tandis que les gens ordinaires et les petites entreprises souffriraient et seraient piégés dans des difficultés permanentes, ont déclaré les organisations de la société civile.


Source : Thai PBS World

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2 commentaires

HANSSON 3 décembre 2021 - 12 h 02 min

Je cite “L’adhésion devrait permettre d’augmenter les exportations de 3,47 % et les investissements de 5,14 %, et d’accroître le PIB de 0,12 %, soit environ 13,3 milliards de bahts.”…

Ces chiffres, qui peuvent paraître importants quand on parle de “milliards” de baths, ne représentent en fait en pourcentage qu’une infime augmentation du PIB.

Alors cette adhésion est-elle réellement nécessaire et indispensable à la survie de l’économie thaïlandaise ? Absolument pas !!!!

Il est clair que cette nouvelle alliance économique transpacifique va effectivement encore profiter en premier aux grandes nations telles la Chine et la Russie et aux grandes entreprises dont certaines directement liées au pouvoir de ces 2 blocs communistes.

Et il est probable que les pressions politiques et commerciales qu’exerceront ces 2 puissances économiques ramèneront les pays du sud-est asiatique à un rôle de vassal dépendant. Le danger de ne plus décider de son économie nationale est réel pour la Thaïlande en cas d’adhésion à ce traité.

Je cite à nouveau : “Les agriculteurs locaux devront acheter des semences auprès de vendeurs agréés à chaque saison, car replanter des semences d’une saison précédente serait considéré comme une violation des droits de propriété intellectuelle, ajoutant que les produits (phyto)pharmaceutiques fabriqués à partir de plantes pourraient également être concernés.” fin de citation.

Cela me rappelle mot pour mot, la politique appliquée en Europe et aux Etats-Unis depuis de nombreuses années et qui ont effectivement conduit à une hausse faramineuse du prix des semences ; à l’émergence des OGM et au monopole financier et à la gestion du marché de ces semences et des produits phyto, désherbant, transgéniques, par le monopole de ce secteur sur 3/4 de la planète par le géant Monsanto-Bayer…

On sait ce qui en a découlé avec les scandales de certains produits (glyphosate pour ne citer que le plus connu) et la mise sur le marché par des autorisations “chirurgicales à petites doses” de semences et produits génétiquement modifiés qui à terme deviendront majoritaires au niveau mondial…

Voilà ce qui attend la Thaïlande dans ce domaine si elle adhère à ce groupe économico-commercial : très peu de bénéfices au niveau national, mais une dépendance croissante d’année en année par rapport aux grands groupes et multinationales agro-alimentaires d’une part, mais également d’autre part, touchant à l’ensemble du secteur économique, engendrant à terme, une perte d’indépendance nationale dans le domaine des choix de la politique économique, de la gestion des échanges internationaux et du droit à décider de manière autonome au niveau national…

Si la Thaïlande ratifie cet accord, elle fonce droit dans le mur d’un partenariat à 2 vitesses et le sort d’une grande partie de son économie ne sera plus entre ses mains, mais entre celles des blocs politiques dominants que sont la Russie et la Chine, en consortium avec quelques multinationales qui tireront seules les profits économiques au détriment des entités nationales des pays du Sud-Est asiatique, déjà regroupés au sein de l’ASEAN qui respecte les spécificités nationales des Etats membres…

Ce ne sera pas le cas avec le CPTPP !

On en mesure les conséquences dans nos pays occidentaux depuis plus de 10 ans maintenant sur l’indépendance économique et financière inexistante des producteurs locaux, notamment les producteurs laitiers et de céréales, sucre et bio-carburants, à la solde de multinationales, les traitant à la limite de l’esclavagisme capitaliste. Voilà la Thaïlande prévenue par la Société Civile…

Mais les décideurs politiques au pouvoir vont-ils accorder une oreille attentive à cette mise en garde ?

L’espoir est faible quand l’ego et les bénéfices personnels sont posés sur la table des négociations…

Réponse
Nonta 3 décembre 2021 - 13 h 19 min

Prêt à parier que Prayut va donner le feu vert, car il va avoir des dessous-de-tables comme d’habitude.

Le peuple, il n’en a rien à faire depuis toujours.

Réponse

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