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Pourquoi la Thaïlande reste considérée comme « l’homme malade de l’Asie »

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Bangkok et son quartier d’affaires au coucher du soleil, symbole des défis économiques de la Thaïlande

Malgré l’amélioration de la perspective de Moody’s, des économistes estiment que la Thaïlande continue de souffrir d’un lent déclin structurel.

L’agence de notation Moody’s a récemment relevé la perspective de la Thaïlande de « négative » à « stable ».

Voir : Surprise : Moody’s relève la perspective de la Thaïlande de négative à stable

Cette décision a été accueillie positivement par les marchés, mais elle reflète surtout la résilience budgétaire et la stabilité macroéconomique du royaume plutôt qu’un réel regain de croissance.

En clair, Moody’s considère que la situation ne se détériore plus, sans pour autant estimer que la Thaïlande ait retrouvé une trajectoire économique solide.

L’agence souligne notamment la réduction des risques politiques et le retour d’un gouvernement fort autour du Premier ministre Anutin Charnvirakul.

Voir aussi : Pourquoi la Thaïlande résiste mieux aux chocs mondiaux selon Moody’s

Une économie qui perd progressivement du terrain

Depuis plusieurs années, la Thaïlande voit sa compétitivité s’éroder face à ses voisins asiatiques.

Pendant que des pays comme le Vietnam, l’Indonésie ou la Malaisie investissaient massivement dans les infrastructures, l’innovation et la montée en compétences, la Thaïlande est restée largement en « pilote automatique ».

Cette perte de vitesse progressive a conduit certains observateurs internationaux à qualifier le pays d’« homme malade de l’Asie ».

Voir : Comment la Thaïlande est passée du tigre économique à l’homme malade de l’Asie

Le royaume souffre notamment :

  • d’investissements insuffisants ;
  • d’une faible productivité ;
  • d’infrastructures stagnantes ;
  • d’un retard dans les technologies émergentes ;
  • d’une adaptation jugée trop lente aux nouvelles réalités économiques mondiales.

Le débat sur la dette cache le vrai problème

Selon plusieurs économistes, le débat politique thaïlandais s’est longtemps focalisé sur les outils budgétaires plutôt que sur leur finalité.

La question n’est plus simplement de savoir si le gouvernement doit emprunter, mais surtout comment ces fonds seront utilisés.

D’autant que l’État doit composer avec un obstacle majeur : la dette des ménages, qui frôle désormais les 90 % du PIB.

Ce véritable boulet au pied du gouvernement Anutin limite considérablement l’impact des mesures de relance.

Bangkok étudie actuellement un décret d’emprunt d’urgence pouvant atteindre 500 milliards de bahts afin de faire face aux tensions économiques et énergétiques mondiales.

Parallèlement, le gouvernement affirme avoir identifié jusqu’à 100 milliards de bahts de dépenses non essentielles dans le budget 2026 pouvant être réaffectées vers des mesures d’aide et d’investissement.

Pour de nombreux analystes, des politiques de relance à court terme ou des mesures populistes destinées à soutenir la consommation auront toutefois un impact limité sur la compétitivité du pays.

200 milliards de bahts pour transformer l’économie

Le ministère thaïlandais des Finances affirme vouloir engager une transformation plus profonde de l’économie.

Après la présentation du budget 2027, le gouvernement prévoit notamment :

  • jusqu’à 200 milliards de bahts pour des mesures d’aide à court terme ;
  • 200 milliards de bahts supplémentaires pour la transformation structurelle du pays.

Ces investissements doivent notamment financer :

  • les infrastructures solaires ;
  • les réseaux électriques intelligents ;
  • les bornes de recharge pour véhicules électriques ;
  • la modernisation du parc automobile.

Le gouvernement mise également sur la stratégie économique « 4T » (« Target, Transition, Transform, Together », soit « Cibler, Transition, Transformer, Ensemble »), présentée par le ministère des Finances comme une feuille de route destinée à moderniser l’économie thaïlandaise.

Le test de la politique « vieille voiture contre nouvelle voiture »

Bangkok veut aussi accélérer la transition énergétique grâce à une politique pilote de reprise « vieille voiture contre nouvelle voiture ».

L’objectif est d’encourager les propriétaires à remplacer leurs véhicules anciens par des modèles hybrides ou électriques, tout en réduisant la pollution liée aux PM2,5.

Pour plusieurs observateurs, cette mesure représente surtout un test concret permettant de vérifier si le gouvernement est réellement prêt à passer des discours aux actes concernant la transition énergétique.

Le problème budgétaire que la Thaïlande ne peut plus éviter

Le cadre budgétaire à moyen terme (MTFF) envoie également un signal clair : la Thaïlande devra augmenter ses recettes publiques.

Selon plusieurs économistes, le royaume ne pourra pas financer durablement ses investissements stratégiques sans réforme fiscale.

Le sujet reste toutefois politiquement sensible.

Le gouvernement doit désormais jongler entre plusieurs priorités :

  • soutenir les ménages vulnérables ;
  • financer les infrastructures à long terme ;
  • respecter les limites du plafond de la dette ;
  • engager des réformes structurelles profondes.

Dans le même temps, plusieurs organismes ont abaissé les prévisions de croissance de la Thaïlande pour 2026 à environ 1,6 %.

Pourquoi la Thaïlande reste « l’homme malade de l’Asie »

Pour de nombreux analystes, le principal problème de la Thaïlande reste structurel.

Le pays demeure freiné par :

  • une bureaucratie lourde ;
  • des réglementations complexes ;
  • des monopoles puissants ;
  • le vieillissement rapide de la population ;
  • des systèmes favorisant les rentes et limitant la concurrence.

Selon eux, la Thaïlande n’est pas en crise ouverte grâce à sa résilience budgétaire et à la stabilité de ses finances publiques.

Mais le royaume reste prisonnier de structures anciennes qui étouffent l’innovation et ralentissent sa modernisation.

Le véritable défi du gouvernement Anutin ne sera donc pas simplement d’emprunter davantage ou de lancer de nouvelles mesures de relance.

Il sera surtout de démanteler les mécanismes et les règles qui freinent l’économie thaïlandaise depuis des décennies.

Sans réformes profondes, plusieurs observateurs estiment que l’amélioration accordée par Moody’s pourrait n’être qu’une simple pause dans le lent déclin économique du pays.

Voir aussi :


Source : The Standard

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