Le plan d’aide qui coûtera plus de 14 milliards d’euros à la Thaïlande est de plus en plus critiqué par les économistes.
Le gouvernement du Premier ministre Srettha Thavisin est en train de mettre en œuvre une promesse électorale consistant à distribuer 10 000 bahts (255 euros) à tous les citoyens thaïlandais âgés de 16 ans et plus.
Cet argent devra être dépensé dans un domaine limité dans un délai de six mois, dans le but de donner un coup de pouce à l’économie.
Mais quatre-vingt-dix-neuf économistes et professeurs d’économie ont publié une déclaration le 5 octobre dans laquelle ils s’opposent à cette politique et demandent son annulation.
Les anciens dirigeants de la banque centrale thaïlandaise ont rejoint les experts économiques pour exhorter le gouvernement à abandonner sa politique phare qui coûtera 14,15 milliards d’euros, avertissant qu’elle risquait d’attiser l’inflation et de nuire à la discipline budgétaire à long terme.
La déclaration fait également écho aux inquiétudes exprimées par l’actuel directeur de la banque centrale, Sethaput Suthiwartnarueput, qui a qualifié ces dépenses « d’inappropriées ».
La semaine dernière, la Banque de Thaïlande a relevé ses taux d’intérêt à leur plus haut niveau depuis 2013, dans le cadre d’une action préventive visant à écarter les pressions inflationnistes, en partie dues aux mesures de relance prévues par M. Srettha.
Voir : La Banque de Thaïlande relève son taux d’intérêt à son plus haut niveau depuis 10 ans
Le programme de portefeuille numérique devrait être déployé au premier trimestre 2024.
Tous les Thaïlandais âgés de 16 ans et plus, riches ou pauvres, sont éligibles pour recevoir ces aides, et l’argent doit être dépensé pour des biens et services spécifiques dans leur quartier et dans une période donnée.
Les représentants du gouvernement affirment que l’effet multiplicateur sur l’économie pourrait être quatre fois supérieur au coût de l’aide et porter la croissance économique à 5 % en 2024, contre les 2,8 % prévus pour cette année.
M. Srettha qui est également ministre des Finances, doit relever le défi de stimuler la croissance dans un contexte de baisse de la demande de produits thaïlandais de la part de son principal partenaire commercial, la Chine, et d’une baisse des dépenses des touristes étrangers.
Voir : Déception en Thaïlande, les touristes reviennent mais ils dépensent moins
Les attentes selon lesquelles l’aide agirait comme un multiplicateur fiscal pour stimuler la croissance sont « illusoires », car l’argent serait mieux dépensé sous forme de dépenses publiques directes et d’investissements, ont déclaré les détracteurs du plan dans la déclaration du 5 octobre.
« Personne ne peut conjurer l’argent.
L’argent ne pousse pas sur les arbres et ne tombe pas du ciel », ont-ils écrit.
« En fin de compte, les citoyens devront payer le prix, que ce soit sous la forme d’une augmentation des impôts et/ou d’une hausse du coût de la vie due à l’inflation. »
Le gouvernement prévoit aussi de financer ses dépenses en taxant les revenus provenant de l’étranger.
Voir : Précision sur le nouvel impôt provenant des revenus étrangers en Thaïlande
Selon Anusorn Tamajai, directeur d’un centre de recherche à l’université de la Chambre de commerce thaïlandaise, le gouvernement devrait au moins réduire le nombre de bénéficiaires du programme et limiter l’aide à ceux qui en ont besoin.
Voir : La pauvreté est en baisse en Thaïlande
Interrogé sur la déclaration des universitaires, M. Srettha a déclaré le vendredi 6 octobre à la presse qu’il était ouvert aux opinions divergentes, mais qu’il était « impossible » de limiter les bénéficiaires à des groupes spécifiques.
« Nous écouterons tout le monde, y compris les personnes qui me demandent avec impatience quand le programme sera mis en œuvre », a déclaré M. Srettha.
« Nous pourrions encore l’ajuster ou le rendre plus approprié. »
Source : BNN Bloomberg, The Nation Thailand
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2 commentaires
Je suis toujours à me demander comment le gouvernement et le Premier Ministre en particulier (puisqu’il est aussi ministre des Finances) va s’organiser « numériquement » pour que les plus pauvres, c’est-à-dire ceux qui ne savent pas se payer un smartphone et encore moins un abonnement internet, vont bénéficier de ces 10 000 baths « numériques » à dépenser dans les 6 mois…
Si un responsable thaïlandais de cette opération ou simplement un citoyen thaïlandais est au courant de la méthode qui sera employée pour permettre aux 4,4 millions de Thaïlandais qui vivent sous le seuil de pauvreté d’en profiter en priorité, ça me ferait plaisir de la connaître !!!
À propos, je trouverais cette distribution plus équitable et juste si elle favorisait les plus bas revenus.
Exemple :
Pour les 4, 4 millions de Thaïlandais gagnant moins de 5 000 baths par mois : 20 000 baths.
Pour les Thaïlandais gagnants entre 5 000 et 10.000 baths : 15.000 baths.
Pour ceux gagnant entre 10 et 20 000 baths : 10.000 baths.
Pour ceux gagnant entre 20 et 30 000 baths : 5.000 baths.
Pour ceux gagnant plus de 30.000 baths : 0 bath…
Voilà… je crois que socialement l’impact serait plus équitable et coûterait moins cher au budget de l’État que d’offrir 10 000 baths à 55 millions de Thaïlandais, tous salaires confondus, même à ceux qui n’en ont pas besoin…
Il devrait le faire, comme ça le baht sera fortement dévalué.