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Lueur d’espoir pour les 90 000 réfugiés birmans dans des camps en Thaïlande

Publié : Dernière mise à jour le 0 commentaires 9 minutes à lire
Lueur d’espoir pour les 90 000 réfugiés birmans dans des camps en Thaïlande

À l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, les instances internationales se penchent sur le sort des 90 000 réfugiés en Thaïlande, venus du Myanmar.

Ils proposent un programme inédit de réinstallation vers des pays d’accueils.

Ce projet d’expatriation pourrait offrir à la plupart des réfugiés retenus en Thaïlande une porte de sortie vers un avenir meilleur, selon les portes parole des réfugiés et des associations qui leur viennent en aide.

Le programme de réinstallation a été annoncé le mois dernier conjointement par le gouvernement thaïlandais, les États-Unis et les Nations unies pour offrir une solution aux 90 000 réfugiés du Myanmar entassés dans 9 camps de fortune situés le long de la frontière thaïlandaise depuis presque 40 ans.

À ce jour, seuls les États-Unis se sont engagés à accueillir chez eux un certain nombre de réfugiés sans que ce nombre n’ait été dévoilé.

Des décennies de combats intermittents entre l’armée du Myanmar et les groupes rebelles locaux, aggravé par un coup d’État qui a remis la junte militaire au pouvoir en 2021, ont balayé aux cours des ans tout espoir de retour vers leur pays d’origine.

La Thaïlande continue quant à elle obstinément de refuser d’ouvrir ses portes ou d’offrir une voie de régularisation aux réfugiés qui leur permettrait de vivre, étudier ou travailler sur son territoire.

Alors que depuis plus de 15 ans ne cessent de diminuer au cours du temps les financements extérieurs réduisant à peau de chagrin les services de premières nécessités prodigués tant bien que mal à l’intérieur des camps.

Des solutions durables

Lueur d’espoir pour les 90 000 réfugiés birmans dans des camps en Thaïlande

Réfugiés birmans se baignant à la frontière thaïlandaise. Photo : VOA News

« Nous avons une population de réfugiés qui désespère de ne disposer d’aucune voie de sortie claire ou officielle qui lui permettrait un jour de quitter les camps.

L’annonce d’une réouverture de la discussion offrant la possibilité d’un éventuel retour ou d’un départ à l’étranger est perçue comme une étape majeure par ceux qui vivent à l’intérieur de ces campements », a déclaré Tim Moore, directeur exécutif par intérim du Border Consortium, l’une des douze organisations non-gouvernementales qui coordonnent l’aide humanitaire aux neuf camps qui dépendent entièrement de la générosité internationale.

Les camps qui existent aujourd’hui ont commencé à apparaître dès le premier afflux de dizaine de milliers de réfugiés fuyant les combats qui ont éclaté au Myanmar en 1984.

Leur population a atteint un pic d’environ 150 000 personnes en 2005, selon le consortium, qui avait alors fait une campagne d’enregistrement.

Sous l’égide des Nations Unies, avec l’approbation des autorités thaïlandaises, une première vague de réinstallations, principalement aux États-Unis, avait alors été mise en place.

Le coup d’État de 2021, qui a vu les généraux du Myanmar reprendre le contrôle total du pays au détriment d’un gouvernement semi-élu, a réduit le rêve d’un retour au pays à néant.

Le nouveau programme de rapatriement concerne tous les réfugiés recensés par l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en 2015 et par le ministère thaïlandais de l’Intérieur qui avait fait sa propre campagne de recensement en 2019.

Tous les enfants nés dans les camps depuis ces deux recensements, selon une déclaration commune envoyée le 19 mai aux groupes communautaires à l’intérieur des camps, sont aussi concernés.

Le porte-parole du HCR, Babar Baloch, a déclaré que les comptages orchestrés par le HCR et le gouvernement thaïlandais ont permis « d’authentifier » officiellement plus de 90 000 réfugiés, ce qui rend la grande majorité de ceux qui vivent actuellement dans les camps éligibles pour la nouvelle campagne de réinstallation.

« Ce programme marque un changement important dans l’offre de solutions durables pour les réfugiés et leur redonne espoir de pouvoir reconstruire leur vie à l’extérieur du camp », a-t-il déclaré.

Le HCR n’a toujours pas fourni de calendrier pour le nouveau programme.

Toutefois, M. Moore a indiqué que les vérifications en vue d’une éventuelle réinstallation ont commencé dans l’un des neuf camps la semaine dernière et que le premier groupe de réfugiés devrait pouvoir se rendre aux États-Unis dès le début de l’année prochaine.

Dans un courriel adressé à VOA (Voice Of America : organe officiel de communication du gouvernement américain) l’ambassade des États-Unis en Thaïlande a déclaré que le nouveau programme :

« Poursuivait notre leadership de longue date en matière de réinstallation des réfugiés face à une crise mondiale de déplacement sans précédent, alors qu’un nombre record de personnes dans le monde ont été forcées de fuir leur foyer ».

D’après ce que l’on sait, 80 % des réfugiés vivant dans les camps thaïlandais sont originaires de l’État Karen situé dans l’est du Myanmar juste de l’autre côté de la frontière.

Le comité des réfugiés karens, composé d’anciens et d’actuels réfugiés, est l’un des principaux acteur communautaire qui participe à la coordination et à l’accès aux soins de premières nécessités à l’intérieur des camps.

Hayso Thako, co-secrétaire du Comité, a déclaré que l’annonce de la nouvelle campagne de réinstallation suscitait beaucoup d’enthousiasme au sein des réfugiés vivant dans les camps.

Si certains réfugiés, en particulier ceux qui sont arrivés il y a plusieurs dizaines d’années alors qu’ils étaient encore jeunes, nourrissent toujours l’espoir de pouvoir un jour rentrer chez eux, la plupart préfèrent l’idée de partir s’installer à l’étranger.

« Bien avant l’annonce de cette nouvelle opportunité, beaucoup d’entre eux espéraient secrètement que cela se produirait un jour », a-t-il déclaré.

« Il n’y a pas d’avenir ni d’espoir de vie meilleure lorsque l’on en est réduit à vivre dans les camps, a-t-il ajouté, en particulier pour les jeunes qui y sont nés et qui y ont grandi sans n’avoir jamais rien connu d’autres ».

Une situation critique qui ne fait qu’empirer

Hayso Thako constate comme tout le monde que la vie à l’intérieur des camps est de plus en plus difficile et précaire, à cause de la baisse des dons venant de l’extérieur qui impacte les services de base et de première nécessité.

Le Border Consortium est le principal fournisseur d’aide alimentaire aux réfugiés.

Selon M. Moore, le groupe a perdu une part importante de son financement venant du soutien des donateurs au début des années 2010.

Mais son organisation a réussi à augmenter les subventions récemment pour aider les familles à faire face aux perturbations liées au blocage de la crise du COVID-19 ainsi qu’à l’inflation.

Les familles reçoivent des recharges mensuelles sur des cartes qu’elles peuvent dépenser pour acheter de la nourriture dans les magasins locaux.

Les montants varient en fonction des besoins.

Avec la récente augmentation, M. Moore a déclaré que le réfugié moyen reçoit maintenant un peu moins de 9 dollars par mois pour l’achat de nourriture.

« Au niveau de la population, la sécurité alimentaire est assurée, mais reste très basique », a-t-il déclaré.

« Il reste malheureusement beaucoup trop de gens qui vivent dans le plus total dénuement manquant d’à peu près tout ».

Les réductions des donations au cours des dernières années ont également eu un impact négatif sur le logement, l’éducation et les soins de santé.

M. Moore a déclaré que le financement international attribué au logement a subi un « coup dur » en 2018, qui a rendu pratiquement impossible l’entretien et la réparation des maisons des réfugiés.

Les familles vivent dans des huttes rudimentaires faites de bambou et de perches d’eucalyptus couvertes de toits de chaume.

Après 40 ans passés, rares sont les maisons équipées d’eau courante ou d’électricité.

Hayso Thako a déclaré que les écoles à l’intérieur du camp n’ont plus les moyens de payer les enseignants et ont été contraintes de réduire les programmes de garderie.

On a vu apparaître des collectes de dons auprès des parents sans emploi et sans argent pour combler les déficits engrangés.

Les coupes budgétaires rendent pratiquement impossible la prise en charge des réfugiés malades qui nécessitent des soins intensifs vers les hôpitaux situés à l’extérieur des camps.

« Nous, les réfugiés, sommes très reconnaissants et remercient la Thaïlande de nous avoir offert la possibilité de nous mettre à l’abri des violences qui faisaient notre quotidien » a déclaré Wahkushee Tenner, qui a fui le Myanmar alors qu’elle n’était qu’une enfant.

Elle dirige aujourd’hui l’Organisation des femmes Karen qui œuvre à venir en aide à ces femmes au sein des camps.

Mais elle témoigne que les signes de désespoir se font de plus en plus nombreux.

«Lorsque nous sommes arrivés dans le camp, il y a très longtemps, nous n’avions pas de bagarres entre gangs rivaux, ni de suicides ou de violences domestiques, mais on constate à présent une augmentation de tous ces phénomènes.

On a vu également apparaître au fil du temps des trafics de drogue.

Cela s’explique par le fait que les gens sont bloqués ici sans espoir d’en sortir et n’ont aucun avenir.

Nous espérons de tout cœur que cette situation est en train de changer», a déclaré Wahkushee.

Les groupes d’aide et de défense aimeraient que la Thaïlande offre aux réfugiés la possibilité d’étudier, de travailler et d’obtenir un permis de séjour légal afin d’envisager un avenir dans le pays.

Mais ils n’ont que très peu d’espoir de ce côté-là et ne s’attendent pas à ce que cela se produise.

La guerre civile sanglante qui sévit au Myanmar n’étant pas près de s’achever, ils considèrent que l’installation à l’étranger est peut-être leur meilleure option, du moins pour le moment.

C’est le cas de M. P., qui s’est réfugié dans les camps alors qu’il n’était qu’un enfant, il y a plus de vingt ans, et qui a demandé à rester anonyme.

Il a expliqué qu’il avait dû interrompre sa propre scolarité dans le camp par manque d’argent et d’opportunités, et qu’il envisageait de se porter candidat au nouveau programme de réinstallation dans l’espoir de poursuivre une carrière dans le domaine des soins de santé ou de l’ingénierie.

« J’ai entendu dire que beaucoup de gens souhaitaient poser leur candidature pour aller vivre en Amérique », a-t-il déclaré.

« Si je peux faire des études là-bas… c’est mieux qu’ici, je pense. Je ne pense qu’à mon avenir. »


Source : VOA News

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