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Prisons touristiques : la nouvelle attraction surprenante de la Thaïlande

2 commentaires 8 minutes à lire
Prisons touristiques : la nouvelle attraction surprenante de la Thaïlande

La Thaïlande a désigné 23 prisons comme « destinations touristiques » dans le cadre d’une transformation radicale de son système pénitentiaire.

Ce projet vise à réhabiliter les détenus tout en remédiant à la pénurie de main-d’œuvre dans le pays et en stimulant l’économie.

Cette initiative audacieuse, dévoilée lors de la célébration du 110ᵉ anniversaire du département correctionnel, comprend des restaurants, des cafés et des magasins gérés par les prisons et entièrement tenus par des détenus formés.

La marque phare de restaurants « Chuan Chom » s’est développée et compte désormais 122 succursales dans tout le pays.

Cette enseigne regroupe des restaurants et initiatives gérés par des détenus, où les visiteurs peuvent déguster des repas ou profiter de services comme les massages.

Elle est réputée pour sa propreté, ses saveurs et ses prix abordables.

Le directeur général adjoint Chan Wachiradet a présenté à Prachacahet Business la nouvelle « prison modèle » de la prison centrale de Chonburi.

Il a expliqué comment le programme transforme les établissements pénitentiaires en lieux où les visiteurs peuvent « manger, boire, apprendre et découvrir », tandis que les détenus acquièrent de réelles compétences professionnelles pour leur vie après leur libération.

Développer le potentiel des détenus grâce à la formation

Prisons touristiques : la nouvelle attraction surprenante de la Thaïlande

Krua Chuan Chom est un restaurant situé dans le centre de formation professionnelle de l’établissement pénitentiaire central pour femmes. Photo : Khaosod

Au 1ᵉʳ août 2025, on comptait 300 246 prisonniers dans tout le pays : 262 688 hommes et 37 558 femmes.

La population carcérale, qui avait atteint 400 000 personnes, a diminué de 200 000 avant la COVID-19, mais elle a de nouveau augmenté en raison des difficultés économiques, du chômage et de la drogue.

Le département compte environ 10 000 agents, dont 60 % sont des gardiens, ce qui équivaut à un agent pour 40 détenus, bien au-dessus de la norme internationale de 1 pour 5.

Néanmoins, le département continue de proposer des programmes de formation professionnelle adaptés aux besoins du marché du travail.

Il collabore également avec des entreprises privées afin d’offrir aux détenus une véritable expérience professionnelle et de réelles opportunités d’emploi.

Cela leur donne la possibilité de présenter des produits pénitentiaires modernes et bien conçus, vendus à la fois en ligne et hors ligne.

Le département s’attache désormais à libérer le potentiel de chaque détenu, souvent par le biais de projets de l’Initiative royale, notamment le projet TO BE NUMBER ONE.

Produits et magasins des prisons : une nouvelle ère

Prisons touristiques : la nouvelle attraction surprenante de la Thaïlande

Formation professionnelle dispensée par le Département correctionnel. Photo : Khaosod

Grâce à la volonté de redorer l’image des personnes et des produits par le biais de la formation professionnelle en prison, les articles fabriqués par les détenus ont gagné en qualité.

Qu’il s’agisse de meubles, d’articles ménagers, de tissus, d’artisanat traditionnel thaïlandais, de produits alimentaires, de pâtisseries ou encore de massages thaïlandais, l’offre s’est diversifiée.

Ces articles sont aujourd’hui plus distinctifs, plus attrayants et plus abordables.

« Krua Chuan Chom », une chaîne de restaurants réputée pour sa propreté, ses saveurs et ses prix abordables, est devenue le fleuron du département.

Fort de ce succès, le département s’est développé avec « Cook & Coff » et « Hub Phuey Café ».

Krua Chuan Chom est un restaurant situé dans le centre de formation professionnelle de l’établissement pénitentiaire central pour femmes.

Il existe désormais 122 succursales dans tout le pays, avec 23 prisons officiellement désignées comme « prisons touristiques ».

La particularité est que le personnel est composé de détenus formés, ce qui signifie qu’aucun employé externe n’est nécessaire.

Ces programmes offrent surtout des compétences réelles et transférables pour la vie après la libération.

La formation couvre un large éventail de domaines, notamment les arts culinaires, l’agriculture, les services de santé et de mode de vie, la musique et les arts du spectacle.

Une seconde chance pour les détenus

Prisons touristiques : la nouvelle attraction surprenante de la Thaïlande

Le directeur général adjoint de la prison centrale de Chonburi, Chan Wachiradet. Photo : Khaosod

Ce système de formation renforce à la fois la qualité et la diversité en salle et transforme les coulisses en une salle de classe où les compétences de vie et professionnelles sont développées.

Le résultat est un nouveau type de destination où l’on peut manger, boire, apprendre et découvrir.

Ce modèle crée les bases d’une croissance, des cuisines aux potagers en passant par les ateliers et les boutiques.

« Chaque point de contact est une véritable leçon qui transforme les compétences en revenus futurs, une seconde chance pour les détenus », explique Chan.

La réorganisation a donné lieu à de nouveaux partenariats avec des institutions publiques et privées.

Ces collaborations visent à offrir des formations spécialisées et des opportunités d’emploi.

Voici quelques exemples notables :

  • Projet Kamlangjai (projet Inspire) : cette initiative royale de SAR la princesse Bajrakitiyabha se concentre sur le développement de produits.
  • Royal Silk Designs : SAR la princesse Sirivannavari conçoit des produits en soie.
  • SUPPORT Centre international des arts et de l’artisanat de Thaïlande : partenariat impliquant une coopération avec le centre.
  • Projets Siam Cement Group (SCG) : les collaborations s’étendent à divers projets avec SCG, un conglomérat spécialisé dans les ciments et matériaux de construction, les produits chimiques (SCGC), le papier et l’emballage.

Lecture et éducation : une clé pour réduire les peines

Prisons touristiques : la nouvelle attraction surprenante de la Thaïlande

Le programme « Read for Release », qui promeut la connaissance par la lecture, développe les habitudes de lecture et crée des opportunités d’emploi honnête pour soutenir les détenus et leurs familles. Photo : Khaosod

L’une des principales politiques du département consiste à offrir une éducation aux détenus grâce au programme « Read for Release » (Lire pour être libéré).

Ce dispositif promeut les connaissances par la lecture et développe de nouvelles habitudes de lecture.

Il vise aussi à créer des opportunités d’emploi honnête pour permettre aux détenus de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.

Vingt-et-une prisons pilotes ont lancé l’initiative de lecture pour l’avancement scolaire à partir d’avril 2025, et 1 059 détenus participent déjà au programme.

La lecture pour l’avancement scolaire nécessite les résultats d’une évaluation portant sur la lecture de deux livres (un livre obligatoire et un livre au choix) qui n’ont pas été utilisés auparavant pour l’évaluation scolaire.

Les détenus doivent démontrer leur compréhension de la lecture à travers six formats (ils en choisissent deux) : narration, écriture, lecture à voix haute, cartographie mentale, dessin et production d’œuvres créatives.

À l’heure actuelle, 970 détenus ont réussi l’évaluation, ce qui représente un taux de réussite de 91,60 %.

Le programme « Read for Release », qui promeut les connaissances par la lecture, développe des habitudes de lecture et crée des opportunités d’emploi honnête pour soutenir les détenus et leurs familles.

Des prisons industrielles pour répondre au manque de main-d’œuvre

Prisons touristiques : la nouvelle attraction surprenante de la Thaïlande

La nouvelle « prison modèle » de Chonburi. Photo : Khaosod

Depuis 2023, la Thaïlande a désigné 11 prisons de premier plan dans 10 districts comme centres de formation industrielle dans le cadre de la politique « Un district, une prison industrielle ».

Cette initiative répond à la fois à la pénurie de main-d’œuvre et à la réinsertion des détenus en s’associant avec des entreprises pour offrir une formation professionnelle réelle.

Voir : Thaïlande : pénurie de main-d’œuvre après l’exode de 400 000 Cambodgiens

Le programme fonctionne selon un principe simple :

« Si les entreprises manquent de main-d’œuvre, ceux qui ont dérapé et se trouvent en prison peuvent combler le vide. »

Les détenus acquièrent des compétences industrielles avant leur libération, tandis que les entreprises bénéficient d’une exemption de loyer, d’allégements fiscaux et du paiement de seulement 50 % des salaires la première année.

Le moment est stratégique.

De nombreuses industries dépendaient auparavant des travailleurs migrants, qui se sont désormais tournés vers d’autres secteurs tels que la transformation du durian, laissant les usines en sous-effectif.

Les prisons industrielles offrent une solution, en particulier dans les provinces industrialisées telles que Chonburi, Chachoengsao et Rayong.

« Pourquoi ne pas transformer cette crise en opportunité ?

Laissons les Thaïlandais et les communautés locales accueillir ces emplois et se renforcer mutuellement.

Les personnes derrière les murs de la prison sont déjà préparées à cela », a déclaré le directeur général adjoint Chan Wachiradet.

Le programme se concentre sur six domaines clés : l’éducation, l’agriculture, les compétences spécialisées, les produits, les sports et l’industrie, afin de préparer les détenus à un emploi durable à leur sortie de prison.

Voir aussi :

L’épreuve terrifiante d’un Britannique dans une prison en Thaïlande

Le cauchemar d’un touriste en Thaïlande emprisonné pour un visa expiré

7 ans dans l’enfer de la prison « Bangkok Hilton » en Thaïlande

Comment David McMillan s’est évadé de la terrible prison surnommée le Bangkok Hilton en Thaïlande


Source : Khaosod English

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2 commentaires

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Oliv 10 septembre, 2025 - 10 h 57 min

C’est bien. Où, les trouve-t-on ?

Il n’y a plus qu’à transformer certaines cellules en chambres d’hôtel ou guest-house.

Réponse
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HANSSON 10 septembre, 2025 - 11 h 23 min

Je cite : « Au 1ᵉʳ août 2025, on comptait 300 246 prisonniers dans tout le pays : 262 688 hommes et 37 558 femmes. » Fin de citation ».

C’est énorme !!!

À titre de comparaison avec la France, à densité de population comparable, il y a en 2025, environ 82.000 détenus dans les prisons françaises.

Quand à cette initiative de réinsertion professionnelle en milieu carcéral, elle a le mérite d’exister dans les termes et dans les faits pour un certain nombre d’établissements pénitentiaires et de donner à ces détenus, un espoir concret de réinsertion sociale pour sortir du cercle vicieux de la récidive, une fois libéré, après avoir purgé leur condamnation et leur offrir une chance supplémentaire de retrouver un emploi et une vie sociale stable.

Il faudra évaluer à long terme, sur 10,15 ou 20 ans, l’impact positif qu’aura cette initiative et si elle peut servir d’exemple à exporter et à adapter dans nos pays européens, si les statistiques démontrent une baisse significative de récidives, donc de condamnations et par conséquent une diminution importante du nombre de détenus thaïlandais…

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