La Thaïlande propose un nouveau projet de loi visant à réglementer l’industrie du cannabis et à limiter son utilisation à des fins médicales.
C’est le dernier effort en date pour limiter la consommation récréative de marijuana après plusieurs revirements politiques.
Voir : Thaïlande : politique et profits bloquent la recriminalisation du cannabis
Selon le projet de loi, le cannabis ou ses extraits pourront être utilisés dans le cadre de traitements médicaux et de recherches menées par des organismes d’État, en plus de leur utilisation dans des produits à base de plantes, des aliments et des cosmétiques.
Le nouveau projet de loi a été publié en début de semaine par le ministère de la Santé publique, quelques jours seulement après l’entrée en fonction du nouveau gouvernement du Premier ministre Paetongtarn Shinawatra.
Il semble adopter une position plus souple par rapport aux efforts précédents du gouvernement pour réglementer l’industrie.
D’une part, il ne contient plus de clauses interdisant explicitement l’usage récréatif du cannabis, ce qui avait été proposé dans un projet antérieur par l’administration de l’ex-Premier ministre Srettha Thavisin.
D’autre part, le nouveau gouvernement a renoncé à reclasser la plante dans la catégorie des stupéfiants.
Néanmoins, toute personne consommant du cannabis ou ses extraits pour des usages non spécifiés dans le projet de loi sera passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 60 000 bahts (1 624 euros).
Les vendeurs de cannabis ou de ses produits pour des usages non spécifiés par la loi sont passibles d’une peine de prison d’un an au maximum ou d’une amende de 100 000 bahts (2 707 euros), ou des deux.
Ces règles risquent d’entraver la libre consommation de cannabis dans ce pays d’Asie du Sud-Est, qui a été le premier en Asie à dépénaliser cette plante en 2022.
Un vide juridique a permis l’ouverture de plus de 9 400 dispensaires de cannabis dans tout le pays, dont un grand nombre dans les zones touristiques et les quartiers d’affaires populaires de Bangkok et d’ailleurs.
La facilité d’accès à cette drogue est devenue un sujet politique brûlant lors des élections nationales de l’année dernière, le parti Pheu Thai au pouvoir s’étant engagé à réinscrire la marijuana sur la liste des stupéfiants afin d’en limiter l’usage à des fins médicales, en raison des inquiétudes suscitées par la dépendance.
Mais l’opposition du parti Bhumjaithai, le deuxième groupe le plus important de la coalition au pouvoir, a forcé le Pheu Thai à revenir sur sa promesse et à maintenir la légalité de la plante.
Défis en matière de conformité

Un ouvrier inspecte les feuilles de cannabis à la ferme Rak Jang, l’une des premières fermes autorisées par le gouvernement thaïlandais à cultiver du cannabis et à vendre des produits à des établissements médicaux, à Nakhon Ratchasima. Photo : Reuters.
Le projet de loi prévoit un renforcement des règles d’octroi de licences pour la culture, la vente, l’exportation et l’importation de cannabis.
Les cultivateurs, les fournisseurs et les entreprises connexes devront obtenir ou demander de nouvelles licences ou de nouveaux permis, sous peine de lourdes peines d’emprisonnement ou d’amendes.
Si le projet de loi est plus favorable à l’industrie du cannabis, il pourrait néanmoins poser un problème de conformité aux cultivateurs, aux dispensaires et à un grand nombre d’entreprises de consommation d’agroalimentaire qui ont vu le jour en Thaïlande.
Ils vendent de tout, des bourgeons de cannabis aux extraits d’huile, des bonbons infusés à l’herbe aux produits de boulangerie qui, selon la loi actuelle, ne doivent pas contenir plus de 0,2 % de tétrahydrocannabinol, le composé psychoactif qui procure une sensation de high.
« Le projet de loi prévoit des utilisations plus larges du cannabis afin de correspondre à la réalité, mais il exige toujours la supervision de médecins agréés », a déclaré Prasitchai Nunual, un militant pro-cannabis, dans un message publié sur Facebook.
« C’est une mesure d’exclusion qui soumet les droits de l’individu à la permission des praticiens.
Ce qu’il faudrait plutôt dire, c’est que les utilisations ne doivent pas empiéter sur les droits d’autrui. »
Le public et les acteurs du secteur ont jusqu’au 30 septembre pour faire part de leurs commentaires sur la proposition de loi.
Le ministère peut encore apporter des modifications à la législation avant de la soumettre au gouvernement, qui doit ensuite l’envoyer au Parlement pour approbation.
Voir aussi :
De nombreux touristes arrêtés avec du cannabis après leurs voyages en Thaïlande
Choc en Thaïlande : un touriste s’exhibe nu dans un magasin de cannabis à Phuket
Incroyable volte-face en Thaïlande qui va faire plaisir aux amateurs de cannabis
Source : Bangkok Post
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2 commentaires
Il est en effet, nécessaire, au vu des lacunes et des bourdes de la loi « Anutin »de 2022 qui a engendré une libération « hors-la-loi », de revoir sérieusement le cadre de la législation actuelle, mais cà promet encore une belle foire d’Empoigne entre législateur, rédacteurs des termes de la loi, propriétaires de shops cannabis, cultivateurs, médecins et consommateurs quels qu’ils soient…
Sans compter sur les difficultés que vont éprouver, et c’est le seul point qui, à l’heure actuelle est certain, les forces de police et offices de surveillance pour contrôler tout ce beau monde, depuis le producteur jusqu’au consommateur, en passant par tous les intermédiaires.
Sans ces contrôles fréquents et aléatoires de tous les acteurs de la « chaîne cannabis », les abus et infractions pour contourner ou enfreindre cette nouvelle loi vont continuer à exister pour écouler le cannabis illégal contenant plus de 0,2% de THC via un marché parallèle qui sera plus ou moins toléré ou sanctionné selon les « pourparlers » et les arrangements à coups de pots distribués aux intervenants corrompus.
Comme on le voit avec le trafic international des amphétamines (Yaba en Thaïlande) et dont la plaque tournante mondiale reste le Triangle d’Or Birmanie-Laos-Thaïlande, il est très probable que le cannabis illégal continuera à circuler, quoique fassent les autorités pour en limiter légalement l’usage récréatif sous conditions…
L’adage est connu : offrez votre main et on vous prendra le bras…
Bon, je suis peinard, moi qui n’ai jamais fumé une simple gauloise !