À Phuket, la plage Freedom Beach est au cœur d’un scandale mêlant occupation illégale, tensions locales et dégradation environnementale.
Une situation qui suscite colère et incompréhension chez les habitants.
Cette bande de sable isolée, au sud de Patong, nichée entre des collines boisées, a toujours été prisée pour sa beauté naturelle et sa tranquillité.
Les communautés locales y vivaient autrefois en harmonie avec leur environnement, utilisant les terres pour leur subsistance.
Mais au fil des années, la situation s’est dégradée.
La zone est devenue le théâtre de conflits liés à l’utilisation illégale des terres, à l’empiètement de groupes influents et à des activités commerciales non autorisées impliquant des étrangers.
Les villageois affirment avoir été privés d’accès à certains espaces par ces nouveaux arrivants, et évoquent des menaces, parfois avec des armes, et des actes d’intimidation les empêchant de poursuivre leurs activités quotidiennes.
Dans les faits, certains accès à la plage auraient été de facto privatisés, les habitants étant empêchés d’y circuler librement.
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Une opération d’envergure menée par les autorités sur une plage de Phuket
À la fin du mois dernier, plus de 100 agents ont été mobilisés pour inspecter la zone forestière protégée entourant Freedom Beach, située dans la réserve forestière nationale de Khao Nak Koet, à Phuket.
Cette opération a été lancée à la suite de plaintes de riverains, dénonçant notamment l’occupation de terrains par des étrangers et la restriction d’accès à des terres utilisées de longue date par les habitants.
L’inspection était dirigée par le vice-gouverneur de Phuket, Rungrueng Thimabut.
Elle réunissait des policiers, des agents forestiers, des responsables administratifs ainsi que des représentants des communautés locales.
Le député Chalermpong Saengdee et des responsables municipaux de Patong et Karon étaient également présents.
Constructions illégales, arrestations et animaux exploités
Sur place, les autorités ont constaté de nombreuses violations.
Des habitations, des commerces et des installations touristiques avaient été construits illégalement au sein de la réserve forestière.
Cinq personnes ont été arrêtées pour empiètement forestier et défrichement en violation de la législation en vigueur.
Un suspect supplémentaire a également été inculpé pour possession illégale d’armes à feu.
Les agents ont par ailleurs découvert quatre éléphants attachés dans la forêt.
Leur présence a nécessité l’intervention des services vétérinaires afin d’assurer leur prise en charge.
Selon les premières investigations, ces animaux auraient été utilisés pour des activités liées à l’exploitation forestière ou à la construction, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes sur le plan environnemental.
Un conflit foncier qui pénalise les habitants

Touristes sur la plage de Freedom Beach à Phuket. Photo : page Facebook « Phuket and Thailand ».
Au-delà de l’impact écologique, cette situation affecte directement les communautés locales.
Les habitants décrivent une transformation progressive de la zone, autrefois paisible, en un espace dominé par des activités commerciales et des installations imposées par des acteurs extérieurs.
L’accès à la plage et à la forêt aurait été régulièrement bloqué, privant les riverains de leurs moyens de subsistance et de l’usage de terres qu’ils considèrent comme les leurs.
Après l’inspection, le député Chalermpong Saengdee a dénoncé un problème plus large de manque d’application de la loi dans les zones forestières.
Les autorités ont mis en évidence des traces de déforestation, la construction de routes et l’installation de lignes électriques dans des zones réglementées.
Certains terrains auraient même été subdivisés et vendus comme des propriétés privées, malgré leur statut de domaine public.
L’une des personnes arrêtées a affirmé avoir été trompée par des individus influents pour occuper un bâtiment sur ces terres.
Des démolitions et sanctions désormais envisagées
Les autorités forestières ont entamé des procédures de saisie des constructions illégales.
Des décisions de justice devront déterminer leur démolition ainsi que la restauration des zones endommagées.
Toutefois, la situation reste complexe.
Le chevauchement des juridictions entre les municipalités de Patong et Karon limite la capacité des autorités locales à agir rapidement, notamment pour ordonner la démolition des structures illégales.
Les enquêteurs ont également découvert des projets de développement touristique en pleine forêt, incluant notamment l’installation de tyroliennes.
D’autres animaux, comme des paons et de la volaille domestique, étaient également présents sur le site.
Appel à un renforcement de l’application de la loi

Plage de Freedom Beach à Phuket. Photo : page Facebook Owity Lima
Face à l’ampleur du phénomène, Chalermpong Saengdee a appelé le ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement ainsi que le Département royal des forêts à renforcer l’application des lois.
Il a averti qu’en l’absence d’action rapide, Phuket pourrait perdre une partie irréversible de ses zones forestières.
« Il est essentiel de démolir les constructions illégales et de s’attaquer aux personnes influentes qui occupent ces terres », a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur l’importance de protéger des zones comme Freedom Beach, qu’il qualifie de ressources nationales vitales, notamment en raison de leur rôle dans la préservation des bassins versants.
Selon lui, leur utilisation doit impérativement respecter la loi et garantir l’équité, afin d’assurer leur protection à long terme.
Source : Bangkok Post
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1 commentaire
Je ne porte pas le personnage dans mon cœur, mais après avoir lu cet article et le peu de respect accordé au patrimoine naturel de cette région de Phuket par des autorités locales particulièrement amorphes, réagissant à la vitesse d’un « paresseux » (animal qui se déplace à une lenteur extrême parcourant à peine 2 à 3 mètres sur la même journée), je me demande si l’apparition d’un « Trump thaïlandais » ne serait pas une bonne chose pour faire le ménage et virer toute cette administration laxiste et ses dirigeants incompétents et incapables de faire respecter les lois…
Quand on constate l’organisation illégale bien installée qui gère cette plage et les infrastructures qui y ont été construites, exploitées ou en passe de l’être, il me semble que le mot d’ordre parmi l’administration locale est : arriver au bureau à 9h, s’asseoir et attendre 17h pour se lever et rentrer chez soi pour, au bout du mois, toucher son salaire à ne (presque) rien faire…
Il est vrai qu’en 15 ans de présence en Thaïlande, je n’ai pas encore eu la chance de croiser où que ce soit, du Nord au Sud et d’Ouest en Est, un « Speedy Gonzalès » qui secoue les caramels mous thaïlandais…
Dès lors qu’on laisse la porte ouverte à toutes les initiatives illégales sans intervenir ni effectuer un travail constant de surveillance et d’inspection indispensable, on en arrive à ce que l’illégalité devienne la norme légale…
La faute n’est pas à rejeter sur les fraudeurs. Comme les souris, ils ne font que s’engouffrer dans les trous du gruyère pour y agrandir et aménager confortablement leur chez-soi !!!