Près de neuf personnes sur dix estiment que la criminalité et la violence s’aggravent en Thaïlande, selon un sondage publié le dimanche 9 août.
L’étude révèle également une forte inquiétude pour la sécurité personnelle et une confiance limitée dans la capacité du gouvernement à améliorer la situation.
87 % des personnes interrogées jugent la situation plus grave
Le sondage Suan Dusit, réalisé par l’université Suan Dusit auprès de 1 198 personnes interrogées en ligne et sur le terrain du 4 au 7 août 2026, a été publié dimanche 9 août 2026.
Il montre que 87,40 % des personnes interrogées considèrent que la criminalité et la violence sont aujourd’hui plus graves en Thaïlande.
Seules 11,19 % estiment que la situation reste à peu près identique, 0,32 % qu’elle est moins grave et 1,09 % ne se prononcent pas.
Le manque de rigueur dans l’application de la loi et des sanctions jugées trop clémentes arrivent en tête des causes avancées pour expliquer la criminalité et la violence, avec 86,81 % des réponses.
Les problèmes liés à la drogue sont cités par 78,55 % des participants, devant les difficultés liées à l’éducation et aux familles (57,85 %) et les faiblesses dans le contrôle des personnes en probation ou en liberté conditionnelle (54,34 %).
Près de la moitié des personnes interrogées, 49,08 %, évoquent également une possible implication de certains policiers dans des affaires criminelles.
Il s’agit toutefois d’une perception exprimée dans le sondage et non d’un constat établissant l’implication de policiers dans des activités criminelles.
Plusieurs réponses étant possibles à cette question, le total des pourcentages dépasse 100 %.
Une forte inquiétude pour la sécurité personnelle

Le principal suspect est escorté par des policiers après son arrestation dans l’enquête sur le meurtre de deux jeunes Russes et d’une famille thaïlandaise dans la province de Chon Buri. En médaillon, Diana Nazimova, 22 ans, et son frère Roman Nazimova, 17 ans.
Les récents faits divers semblent également peser sur le sentiment de sécurité de la population.
55,09 % des personnes interrogées se disent très inquiètes pour leur sécurité personnelle face aux récents cas de criminalité et de violence, tandis que 38,98 % se déclarent assez inquiètes.
À l’inverse, 4,93 % sont peu inquiètes et seulement 1 % ne le sont pas du tout.
Le Dr Pornpan Buathong, présidente de Suan Dusit Poll, estime que ces résultats traduisent une perception largement répandue d’une hausse de la criminalité et de la violence, accompagnée d’une inquiétude croissante pour la sécurité personnelle.
Des sanctions plus sévères réclamées

Des détenus dans une prison thaïlandaise. Le sondage révèle qu’une majorité des personnes interrogées souhaite des sanctions plus sévères et un meilleur suivi des détenus après leur libération.
Interrogés sur les mesures à prendre, 81,55 % des participants souhaitent des sanctions sévères contre les auteurs de crimes, notamment pour les affaires graves et en cas de récidive.
Ils sont également 77,53 % à demander une application stricte et cohérente de la loi, sans exception.
Enfin, 69,95 % souhaitent un suivi et une surveillance renforcés des détenus après leur libération.
Là encore, les participants pouvaient sélectionner plusieurs réponses.
Le Dr Pemika Sanitphot, maître de conférences à la Faculté de droit et de sciences politiques de l’université Suan Dusit, estime que le sondage met en évidence une forte hausse de la « crainte de la criminalité » et du sentiment d’insécurité.
Elle a notamment évoqué plusieurs affaires graves survenues en l’espace de quelques semaines.
Parmi elle, une impliquant un ancien détenu libéré deux mois auparavant qui a tué cinq personnes, ainsi qu’une fusillade dans une école impliquant un élève et ayant fait neuf morts et plusieurs blessés graves.
Une confiance limitée envers le gouvernement
Le sondage révèle également un scepticisme important quant à la capacité des autorités à résoudre le problème.
50,58 % des personnes interrogées déclarent avoir peu confiance dans le gouvernement et 18,36 % n’ont aucune confiance dans sa capacité à agir efficacement.
À l’inverse, 24,62 % se disent assez confiantes et seulement 6,44 % très confiantes.
Pour le Dr Pornpan Buathong, les autorités doivent appliquer la loi avec davantage de rigueur et obtenir des résultats concrets afin d’améliorer la sécurité publique et de rétablir la confiance.
Le Dr Pemika Sanitphot estime de son côté que les mesures destinées à réduire les possibilités de commettre des crimes graves doivent être renforcées.
Si le sondage portait sur le durcissement des sanctions en général et non spécifiquement sur la peine capitale, elle souligne que de nombreuses personnes réclament la peine de mort lors d’affaires particulièrement graves suscitant une vive inquiétude dans la population.
Elle préconise également un recours accru aux technologies de sécurité, notamment à la vidéosurveillance et aux systèmes de détection d’armes.
Selon elle, le gouvernement devrait en priorité lutter contre les crimes graves et la récidive afin de réduire le risque de nouveaux incidents, de renforcer la confiance dans le système judiciaire et de mieux protéger les personnes et les biens.
Voir aussi :
- Fusillade en Thaïlande : ce que révèle l’enquête sur l’ado tueur
- Thaïlande : les jeunes Russes retrouvés morts avec 3 autres victimes
- Les adolescents deviennent de plus en plus violents en Thaïlande
Source : Nation Thailand
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1 commentaire
Idem en FRANCE, mais pour beaucoup cela vient de l’invasion migratoire ; du laxisme judiciaire aussi.