Une fusillade dans une école de Nonthaburi, près de Bangkok, a fait neuf morts et au moins 22 blessés le vendredi 7 août.
Le tireur, un élève de 14 ans, a tué ses grands-parents avant d’ouvrir le feu dans l’établissement, où cinq enseignants et une élève ont également perdu la vie.
Un adolescent de 14 ans ouvre le feu dans son école

Cette photo semble montrer l’élève soupçonné d’être l’auteur de la fusillade en train de recharger son arme à l’intérieur de l’école Debsirin Nonthaburi. Photo : Boonwipa Fire and Rescue Team
La fusillade s’est produite le vendredi 7 août à l’école Debsirin Nonthaburi, dans le district de Bang Kruai, dans la province de Nonthaburi, au nord-ouest de Bangkok.
Un élève de 14 ans a ouvert le feu dans l’établissement avec un pistolet de 9 mm avant de se retrancher au troisième étage d’un bâtiment.
Il a ensuite été retrouvé mort, apparemment après s’être suicidé.
Le bilan, initialement établi à huit morts, est passé à neuf après le décès à l’hôpital d’une élève de 12 ans grièvement blessée.
Parmi les morts figurent cinq enseignants, une élève, le tireur et ses deux grands-parents.
Au moins 22 personnes ont également été blessées.
Deux élèves, un garçon de 14 ans et une fille de 13 ans touchés au torse, se trouvaient toujours dans un état critique après l’attaque.
Le tireur a d’abord tué ses grands-parents

Des policiers et des experts médico-légaux inspectent le domicile du tireur de 14 ans à Nonthaburi après la fusillade meurtrière dans l’école Debsirin Nonthaburi. Capture d’écran TV
L’enquête a permis de reconstituer une partie des événements ayant précédé la fusillade.
La police pense que l’adolescent a d’abord tué ses grands-parents, âgés de 73 et 74 ans, dans leur maison du district de Bang Bua Thong.
Le grand-père a été retrouvé mort dans la cuisine, tandis que sa femme aurait été tuée dans son sommeil dans une chambre à l’étage.
Les enquêteurs soupçonnent ensuite l’adolescent d’avoir verrouillé le portail de la maison depuis l’extérieur avant de partir pour son école, afin d’empêcher la découverte des corps.
Le pistolet de 9 mm utilisé lors des meurtres et de la fusillade était légalement enregistré au nom du grand-père.
Selon les premiers éléments de l’enquête, trois boîtes contenant chacune 50 cartouches étaient conservées avec l’arme.
L’adolescent aurait emporté près d’une centaine de munitions avec lui.
Un élève présent dans l’établissement a déclaré que le tireur avait tiré 26 coups de feu dans l’enceinte de l’école.
La police a également retrouvé 34 cartouches sur les lieux.
Le père du suspect s’est par ailleurs rendu à l’école après la fusillade et a été emmené par la police pour être interrogé dans le cadre de l’enquête.
Des recherches sur des fusillades scolaires américaines

Des policiers inspectent le domicile du tireur de 14 ans dans le district de Bang Bua Thong, à Nonthaburi, où ses grands-parents ont été retrouvés morts. Photo : The Nation Thailand
Les enquêteurs examinent désormais l’ordinateur et l’activité en ligne de l’adolescent afin de tenter d’identifier son mobile.
Les premières vérifications ont montré qu’il jouait notamment à des jeux vidéo violents et avait consulté des contenus consacrés à des fusillades dans des écoles aux États-Unis.
Cinq vidéos liées à des fusillades dans des établissements scolaires étrangers auraient été visionnées à partir du 30 juillet, environ une semaine avant l’attaque.
La police reste toutefois prudente et n’a établi aucun lien de cause à effet entre ces contenus et le passage à l’acte.
Les enquêteurs cherchent également à déterminer si l’adolescent rencontrait des difficultés à l’école ou si d’autres facteurs peuvent expliquer son geste.
Un adolescent décrit comme calme et bien élevé

L’école Debsirin Nonthaburi, dans le district de Bang Kruai, où une fusillade a éclaté dans la matinée du 7 août 2026. Photo : Poh Teck Tung Foundation.
Le profil décrit par sa famille contraste fortement avec la violence de l’attaque.
L’adolescent vivait avec ses grands-parents depuis son enfance après la séparation de ses parents.
Son oncle le décrit comme un élève plutôt bon, extrêmement calme et sans antécédents connus de problèmes de comportement.
Il sortait peu, n’avait apparemment pas de groupe d’amis proches et passait une grande partie de son temps libre devant son ordinateur à jouer à des jeux vidéo.
Ses proches affirment également n’avoir remarqué aucun signe évident de stress ou de conflit avant la fusillade.
Son grand-père, ancien directeur de banque, l’emmenait chaque matin à l’école et venait le chercher après les cours.
La famille affirme par ailleurs que les armes conservées au domicile étaient normalement gardées sous clé.
La police cherche désormais à savoir comment l’adolescent a pu accéder à l’arme et aux munitions et s’il avait auparavant appris à manier une arme à feu.
Le gouvernement veut durcir la législation sur les armes

Le pistolet et les munitions récupérés par la police sur les lieux de la fusillade dans l’école Debsirin Nonthaburi. Photo : Wassayos Ngamkham
Comme après les autres fusillades qui ont eu lieu dans le pays ces dernières années, la tragédie a immédiatement relancé le débat sur la réglementation des armes à feu en Thaïlande.
Voir : La Thaïlande interdit le port d’armes à feu après plusieurs fusillades
Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a annoncé son intention de proposer une nouvelle loi destinée à restreindre davantage leur port.
Selon le chef du gouvernement, le nouveau dispositif devrait réserver le port d’armes aux agents de l’État lorsqu’ils sont en service.
Anutin Charnvirakul avait déjà renforcé certaines règles lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, notamment après la fusillade du centre commercial Siam Paragon à Bangkok en octobre 2023.
Voir : Une fusillade dans un centre commercial en Thaïlande fait trois morts
Le gouvernement avait alors suspendu temporairement la délivrance de nouveaux permis, renforcé les restrictions sur les importations et interdit l’accès aux stands de tir aux moins de 20 ans.
Des failles dans le contrôle des armes à feu
Certaines lacunes subsistent toutefois dans le système actuel.
Piyaporn Tunneekul, professeure associée à l’université Rajabhat de Nakhon Pathom, souligne notamment que les personnes demandant à posséder une arme à feu ne sont toujours pas soumises à une évaluation de leur santé mentale.
Les détenteurs de permis ne font pas non plus l’objet de réévaluations périodiques.
L’universitaire estime que la Thaïlande pourrait s’inspirer des lois dites « red flag » existant dans certains pays, qui permettent aux autorités de retirer une arme à une personne considérée comme susceptible de se faire du mal ou de représenter un danger pour autrui.
Plus de 10 millions d’armes détenues par des civils

Armes à feu saisies par la police thaïlandaise. Photo : Thai PBS World
La Thaïlande affiche l’un des niveaux de possession d’armes à feu les plus élevés d’Asie du Sud-Est.
Selon une estimation du Small Arms Survey datant de 2017, environ 10,3 millions d’armes étaient détenues par des civils dans le pays, soit environ 15 pour 100 habitants.
Un peu plus de 6 millions étaient enregistrées, tandis qu’environ 4 millions ne l’étaient pas.
Le système thaïlandais distingue les permis permettant de posséder une arme de ceux autorisant son port.
Plusieurs fusillades meurtrières ces dernières années

Des policiers maîtrisent le tireur après son arrestation à l’école Patongprathankiriwat de Hat Yai, le 11 février 2026. Le suspect avait été blessé par balle à l’oreille lors de l’intervention.
La Thaïlande a déjà été confrontée à plusieurs attaques meurtrières dans des établissements scolaires ou impliquant des enfants.
En février 2026, un tireur de 17 ans avait fait irruption dans une école du district de Hat Yai, dans la province de Songkhla, blessant des membres du personnel et des élèves.
La directrice de l’établissement avait ensuite succombé à ses blessures.
Voir : Fusillade en Thaïlande : une directrice tuée en protégeant ses élèves à Hat Yai
L’un des drames les plus meurtriers reste celui de Nong Bua Lam Phu, en octobre 2022.
Un ancien policier avait attaqué un centre de développement de l’enfant avec un pistolet et un couteau, faisant 37 morts, dont 23 enfants.
Voir : Un ex-policier abat 37 personnes, dont 23 enfants, dans une crèche en Thaïlande
La fusillade de Nonthaburi vient ainsi s’ajouter à une série de drames qui alimentent le débat sur l’accès aux armes à feu et leur contrôle dans le royaume.
L’école fermée pendant une semaine

Un élève retrouve une proche après avoir été évacué de l’école Debsirin Nonthaburi à la suite de la fusillade, dans le district de Bang Kruai, le 7 août 2026. Photo : Reuters
L’école Debsirin Nonthaburi a annoncé la suspension des cours pendant toute la semaine suivant la fusillade.
Les enseignants et le personnel doivent travailler à domicile tandis que les élèves effectueront les devoirs qui leur ont été assignés.
La reprise normale des cours est prévue le 17 août.
La police poursuit de son côté l’analyse des preuves numériques, les examens médico-légaux et les auditions afin de reconstituer précisément la chronologie de l’attaque et, surtout, d’en déterminer le mobile.
Voir aussi :
- Thaïlande : une fusillade sème la panique sur Khao San Road à Bangkok
- Thaïlande : une fusillade à Pattaya ravive les inquiétudes des touristes
- Thaïlande : 6 morts, dont le tireur, dans une fusillade à Chatuchak à Bangkok
- L’auteur de la dernière fusillade de masse en Thaïlande a été libéré par la justice
- La Thaïlande pleure les victimes de la fusillade de masse
Sources : Bangkok Post 1, Bangkok Post 2, Bangkok Post 3, The Nation Thailand et Thai PBS World
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