L’industrie touristique thaïlandaise est aux prises avec les réglementations environnementales imminentes de l’Union européenne (UE).
Avec l’échéance de 2026 qui approche, les entreprises de ce secteur sont invitées à adopter rapidement des pratiques durables, sous peine d’être marginalisées sur la scène mondiale.
Cette pression découle de la directive européenne sur la diligence raisonnable en matière de durabilité des entreprises (Corporate Sustainability Due Diligence Directive, CSDDD).
Elle oblige toutes les entreprises opérant au sein de l’UE à s’assurer que leurs chaînes d’approvisionnement respectent des normes strictes en matière d’environnement et de droits de l’homme.
Cette directive représente un changement important dans le commerce mondial, obligeant les opérateurs touristiques thaïlandais à examiner avec diligence leurs partenariats avec les voyagistes, les agences de voyage et les chaînes hôtelières européennes.
Le non-respect de cette directive pourrait entraîner la perte de partenariats européens lucratifs, ce qui porterait un coup sévère à l’avantage concurrentiel de la Thaïlande.
Les voyageurs modernes accordant de plus en plus d’importance à la durabilité, le message est clair : les entreprises thaïlandaises doivent s’adapter ou prendre du retard.
Naviguer dans des réglementations environnementales complexes

Drapeaux de l’UE et de la Thaïlande.
Jutamas Wisansing, expert en tourisme durable, souligne que le secteur évolue dans un environnement réglementaire complexe.
Six accords internationaux clés sont à l’origine de ce changement :
- Les objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies ;
- L’accord de Paris ;
- Le Code mondial d’éthique du tourisme de l’OMT ;
- L’Agenda 21 de la culture ;
- La norme ISO 14001 ;
- La Convention sur la diversité biologique (CDB).
Ces accords se concrétisent par des réglementations, en particulier au sein de l’UE, un marché crucial pour le tourisme thaïlandais.
D’ici 2026, les entreprises thaïlandaises partenaires d’entités de l’UE seront tenues de fournir des rapports détaillés et de se soumettre à des audits en vertu de la directive sur les rapports de développement durable des entreprises (CSRD) et de la CSDDD.
Ces directives exigent transparence et responsabilité, obligeant les entreprises à évaluer et à atténuer leurs impacts environnementaux et sociaux.
Thapanee Kiatphaibool, gouverneure de l’Autorité du tourisme de Thaïlande (TAT), souligne l’urgence de cette transition.
« Les entreprises de l’UE doivent s’assurer que l’ensemble de leur chaîne d’approvisionnement respecte des normes strictes en matière d’environnement, de responsabilité sociale et de gouvernance (ESG).
Cela signifie que les entreprises touristiques thaïlandaises doivent adopter des pratiques durables à chaque étape pour rester partenaires des entreprises de l’UE », a-t-elle déclaré.
L’Autorité du tourisme de Thaïlande a soutenu cette transition de manière proactive, en lançant des initiatives conformes aux principes de développement durable des Nations unies et en renforçant la préparation de la chaîne d’approvisionnement.
Voir : La Thaïlande se concentre sur le tourisme durable
« Les pratiques de tourisme durable répondent non seulement aux exigences de l’UE, mais créent également un avantage concurrentiel sur le marché mondial », a ajouté Thapanee.
Les hôtels « non durables » sous surveillance : 20 000 menacés de perturbation

L’hôtel Maduzi à Bangkok
Le secteur hôtelier thaïlandais en ressent déjà les effets immédiats.
Les agences de voyages en ligne (OTA) telles que Booking.com et Agoda, sous Booking Holdings, exigent que les hôtels vendant des chambres sur leurs plateformes obtiennent des certifications de durabilité reconnues.
Cette exigence, motivée par la conformité aux normes RSE et DD, menace d’exclure les quelque 20 000 hôtels thaïlandais qui dépendent de ces plateformes.
L’Association des hôtels thaïlandais (THA) exhorte le gouvernement à renforcer la capacité du programme de certification Hotel Plus, actuellement géré par le Département du changement climatique et de l’environnement.
Avec une capacité actuelle de seulement 60 certifications par an, un goulot d’étranglement est imminent.
Thienprasit Chaiyapatranun, président de la THA, souligne les implications plus larges :
« D’ici 2026, le Conseil mondial du tourisme durable (GSTC) interdira les entreprises touristiques non durables.
Les plateformes en ligne ne présenteront que des hôtels certifiés, à commencer par l’Europe. »
Il appelle à un soutien gouvernemental, y compris des incitations financières, pour permettre aux hôtels de passer à des opérations durables.
Défis et voie à suivre pour un tourisme durable en Thaïlande

Des touristes profitent de la piscine de l’hôtel Hilton de Hua Hin
Les données révèlent que seule une fraction des hôtels thaïlandais ont obtenu des certifications internationales de durabilité, avec une concentration à Bangkok et Phuket.
En outre, les émissions de gaz à effet de serre des hôtels thaïlandais restent comparativement élevées.
La lenteur de l’adoption des normes de durabilité est attribuée à plusieurs facteurs :
- Une mauvaise compréhension des avantages à long terme ;
- Des contraintes financières ;
- Un soutien gouvernemental insuffisant.
Le message est clair : les entreprises touristiques thaïlandaises doivent accélérer leur transition vers la durabilité.
Des mesures proactives sont essentielles pour éviter d’être laissées pour compte et pour tirer parti de la demande croissante de voyages durables.
C’est un moment décisif pour le secteur touristique thaïlandais qui définira son avenir sur la scène mondiale.
Voir aussi :
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Thaïlande : les touristes devront bientôt payer une taxe pour visiter le pays
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Source : The Nation Thailand
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7 commentaires
Dans le même temps les touristes sont Chinois, Malais, Russes et Indiens principalement… quand aux Américains, depuis Donald, les normes environnementales ne sont pas vraiment un priorité…
De plus, dans l’article, ils parlent de transparence et de responsabilité… pas vraiment dans la culture Thaïlandaise tout ça…
Donc, un impact minime…
Toutes ces impositions par la commission européenne commence sérieusement à embêter tout le monde.
Vu l’influence et le poids économique déclinants de l’Europe, c’est plus l’Europe qui va se marginaliser encore plus.
Entre dépenser des fortunes pour être aux normes européennes et recentrer son business sur la demande chinoise, indienne, russe et autre, le choix de beaucoup sera vite fait.
La Thaïlande ne doit pas tomber dans le délire européen en matière d’écologie, car tout n’est que mensonges et propagande dans cette manipulation des populations.
Le pire est l’instauration de ces fameuses ZFE qui condamne une partie de la population à ne plus pouvoir se déplacer.
Le but serait donc de sauver une population en lui réduisant drastiquement ses libertés.
Quelle indignité !!!
Il y a vraiment beaucoup à dire et à faire en ce qui concerne l’environnement en Thaïlande…
Sacs plastiques en vente partout, tout verres jeté à la poubelle, batterie, piles, directement dans la poubelle (souvent même en décharges) également etc, etc…
Sans parler des déchets un peu partout au détour d’un chemin, d’une rue.
Le thaïlandais se contrefiche de l’environnement, ce qui l’obsède, c’est le fric, il n’y a qu’à voir les endroits naturels sauvages que l’on bétonne pour en faire des villages pavillonnaires, centres commerciaux…
Voir Krabi qui est en pleine folie de construction.
Dérive normative de l’Union européenne.
Ils veulent rentrer dans l’OCDE, ils veulent jouer dans la cour des grands…
Maintenant, il faut assumer !
Restreindre le tourisme dans les pays asiatiques par des normes environnementales édictées par des scribouillards occupés à faire du vent est une autre illusion européenne et onusienne.
La population de ces pays qui vivent du tourisme a beaucoup souffert de la fermeture liée au Covid durant deux ans.
Il est évident que de gros efforts devraient être faits en matière de traitement des déchets et de salubrité dont souffrent essentiellement les populations locales, mais sans doute pas par des mesures coercitives venant de nulle part.
Il est nécessaire d’inviter le régiment de nantis travaillant dans les institutions mondiales à réfléchir sans délire.