La cyberpolice thaïlandaise a lancé une vaste opération visant à déconnecter les communications des escrocs des centres d’appel.
La campagne a aussi pour but de perturber leurs réseaux d’approvisionnement en cartes Sim et en équipements de télécommunications.
Le nouveau chef de la police nationale et directeur de la division de répression de la criminalité technologique, le général Kitrat Phanphet, a annoncé :
« L’opération ‘Démolir les ponts criminels’ a été lancée dans l’ensemble de l’État et a donné lieu à des descentes dans 647 établissements de vente au détail soupçonnés de vendre des équipements de télécommunication et d’enregistrer des cartes SIM à des syndicats criminels. »
Les autorités ont saisi 101 000 cartes SIM, 113 boîtes SIM, 575 téléphones portables, 23 ordinateurs et des duplicatas de cartes d’identité, de passeports et de permis de travail utilisés pour enregistrer ces cartes SIM.
L’opération a également permis de découvrir des problèmes de propriété de cartes SIM en masse et d’enregistrement en ligne.
Malgré les restrictions limitant à cinq le nombre de cartes SIM détenues, de nombreux criminels ont pu avoir accès à des milliers de cartes SIM.
En outre, le système d’enregistrement en ligne ne permettait pas de détecter les enregistrements frauduleux.
Les personnes pouvaient télécharger n’importe quelle image ou taper n’importe quel nom dans le système, ce qui rendait impossible la vérification des personnes enregistrées.

La police saisit plus de 100 000 cartes SIM. Photo : Police thaïlandaise
La division de la répression de la criminalité technologique va maintenant coopérer avec la NBTC et les entreprises de télécommunications pour renforcer la réglementation et la vérification afin de relever ces défis.
Les autorités suivront également les numéros de téléphone des escrocs et identifieront les établissements de vente au détail qui ont enregistré des cartes SIM.
La police prévoit de réduire considérablement les escroqueries dans les centres d’appel en Thaïlande en s’attaquant à l’approvisionnement en cartes SIM des syndicats criminels.
L’opération va continuer et ciblera les cartes SIM, les comptes bancaires, les messages SMS et les sites de réseaux sociaux dans les centres d’appel.
Selon la cyberpolice, la plupart des cerveaux sont des étrangers vivant au Myanmar et au Laos, ce qui rend leur arrestations difficiles.
Dans le passé, les groupes criminels taïwanais engageaient des criminels thaïlandais pour mettre en place des escroqueries.
Plus tard, des gangs de Chine continentale ont repris ces activités illégales.
Récemment, des imitateurs thaïlandais travaillant pour des agents étrangers ont commencé à prendre les commandes.
Les bandes criminelles utilisent le téléphone et les médias sociaux comme Facebook pour atteindre leurs victimes.
Les escrocs ont commencé par élaborer de faux plans financiers et se font maintenant passer pour des célébrités et des personnalités influentes.
Les autorités thaïlandaises affirment qu’ils ciblent les retraités naïfs et ceux qui cherchent à obtenir des rendements rapides.
Le ministère de l’Économie numérique et de la société, a indiqué que 296 063 cas de fraudes en ligne ont causé 39,1 milliards de bahts de fraudes financières entre le 1ᵉʳ mars 2023 et le 15 juillet 2024.
Dans le même temps, des gangs criminels ont escroqué 20 667 personnes pour un montant de 20,7 milliards de bahts.
Voir aussi :
Thaïlande : les gangs chinois de centres d’appel s’équipent d’appareils Starlink
Thaïlande : un centre d’appels frauduleux était dirigée par un policier
La Thaïlande sauve des marocains prisonniers d’un centre d’appels au Myanmar
Comment des centres d’appels ruines les personnes vulnérables en Thaïlande ?
Source : CTN News
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1 commentaire
Espérons seulement que cette opération portera ses fruits à long terme, car il est certain que les opérateurs et groupes mafieux de fraudes informatiques ne vont pas accepter cette attaque des forces de police vis-à-vis de leur gagne-pain et vont trouver des parades pour remettre à flot leur juteux business.
Il s’agira donc de continuer à mettre une pression maximale sur cette criminalité qui prend une ampleur considérable, spécialement en Thaïlande où, jusqu’à présent la vulnérabilité des réseaux informatiques et la crédulité d’une grande partie de la population rurale qui n’est pas suffisamment mise en garde par de grandes campagnes d’information via les réseaux sociaux et les médias radiotélévisés, a permis à ces criminels du net d’engranger des milliards de baths en mettant sur la paille des milliers de Thaïlandais, spoliés de leurs maigres économies…
La police et ses dirigeants au plus haut sommet doivent donner à cette lutte la priorité absolue, conjuguée avec la répression de la corruption généralisée au sein de ses effectifs…
En ce qui concerne le premier objectif prioritaire, le nouveau général en chef de la police a apparemment mis les moyens en œuvre pour frapper un grand coup en espérant qu’il ne relâchera pas la pression à long terme ; quand au second objectif, on jugera sur le terrain d’ici à quelques mois, avec un optimisme très, très modéré concernant sa marge de manœuvre qui devrait se limiter en toute vraisemblance à des actions médiatiques bien orchestrées sur quelques affaires mineures dévoilées sur les réseaux sociaux par des lanceurs d’alerte et qu’il ne sera plus possible pour la police de garder sous silence…
Un peu de poudre aux yeux d’une population résignée et qui n’attend plus rien de la part d’une partie des effectifs policiers, pour justifier une lutte anti-corruption qui devrait être la règle, mais qui restera à n’en pas douter, l’exception.