La Banque de Thaïlande (BoT) a abaissé son taux directeur de 0,25 point, pour la deuxième fois consécutive, le mercredi 30 avril.
La BoT veut soutenir une économie en difficulté face à l’incertitude liée aux droits de douane américains.
Voir : Droits de douane US : la Thaïlande forcée de négocier pour éviter une crise
Le Comité de politique monétaire a voté à 5 voix contre 2 en faveur de cette réduction, faisant passer le taux de rachat à un jour à 1,75 %, son plus bas niveau depuis deux ans.
Cette décision suit une première baisse similaire décidée en février.
Vingt des 28 économistes interrogés par Reuters avaient prévu une baisse du taux directeur cette semaine.
Les huit autres ne s’attendaient à aucun changement de politique.
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Une économie en proie à de multiples chocs
« Il est tout à fait clair que la tempête vient de la guerre commerciale », a déclaré le gouverneur de la Banque de Thaïlande, Sethaput Suthiwartnarueput.
Il a insisté sur la nécessité de se concentrer sur la stabilité.
Dans un communiqué publié après la réunion, la banque centrale a averti que la croissance économique serait plus lente que prévu, avec des risques accrus de ralentissement dus aux incertitudes commerciales mondiales et à la baisse du tourisme.
Elle table désormais sur une croissance de 2 % au mieux, contre 2,5 % auparavant.
La deuxième économie d’Asie du Sud-Est a été touchée par un séisme de magnitude 7,7 en mars, suivi de la menace américaine d’imposer 36 % de droits de douane sur les exportations thaïlandaises, ce qui a miné la confiance des investisseurs.
Pressions internationales et riposte gouvernementale
La Première ministre Paetongtarn Shinawatra cherche à engager des négociations avec l’administration Trump pour atténuer les effets de ces mesures.
Le gouvernement prépare également des politiques de soutien pour relancer l’activité.
L’agence Moody’s a souligné que ce choc tarifaire « exacerbe la reprise économique déjà lente » de la Thaïlande et pourrait nuire à son potentiel de croissance.
En réaction, elle a abaissé la perspective de la note de crédit du pays de stable à négative, tout en maintenant la note souveraine à Baa1, soit le niveau « investment grade ».
Voir : Moody’s abaisse la perspective de la Thaïlande à « négative »
Le gouvernement thaïlandais a jugé cette décision prématurée, faisant valoir que les discussions avec Washington sont en cours et que de nouvelles mesures de relance sont prévues pour le second semestre.
Révision à la baisse des prévisions de croissance
La BoT envisage désormais une croissance de seulement 2 % si les droits de douane américains sont maintenus.
En cas d’échec des négociations, la croissance pourrait chuter à 1,3 %.
Initialement, la banque tablait sur une croissance de 2,9 % pour 2025.
En février, le vice-gouverneur Sakkapop Panyanukul l’a révisée à un peu plus de 2,5 %, puis à la baisse mi-avril.
Selon les estimations, les droits de douane américains pourraient retrancher environ un point de pourcentage à la croissance thaïlandaise.
Les États-Unis, premier marché d’exportation de la Thaïlande, ont enregistré un excédent commercial de près de 46 milliards de dollars avec le royaume.
Voir : Alerte : la Thaïlande entre dans le top 10 des excédents commerciaux américains
Les responsables thaïlandais et américains ont reporté les négociations commerciales initialement prévues la semaine dernière, Mme Paetongtarn ayant déclaré que Washington souhaitait que son administration examine au préalable certaines questions.
Lutte contre la fraude à l’origine et surveillance du baht
La Première ministre a ordonné une enquête sur l’utilisation abusive des certificats d’origine par certaines entreprises étrangères cherchant à échapper aux tarifs américains.
Le ministre des Finances, Pichai Chunhavajira, a aussi indiqué que la Thaïlande répondrait aux inquiétudes des États-Unis sur une éventuelle manipulation du baht.
Malgré le contexte défavorable, la devise thaïlandaise a gagné plus de 11 % face au dollar sur un an, enregistrant la meilleure performance parmi les devises asiatiques suivies par Bloomberg.
Ce jeudi 1er mai à 8 h 22 (heure de Thaïlande) 1 euro vaut 37,85 bahts thaïlandais et 1 dollar US vaut 33,37 bahts thaïlandais.
Voir : Cours du Baht thaïlandais THB
Vers une poursuite de l’assouplissement monétaire ?
Le Centre d’information économique (EIC) de la Siam Commercial Bank anticipe deux nouvelles baisses du taux directeur cette année, pour atteindre 1,25 % d’ici fin 2025.
Ce niveau serait inférieur à celui de 2018-2019, en pleine guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.
Le centre de recherche de la CIMB Thai Bank prévoit également un taux à 1,25 %, voire 1 % si le ralentissement s’intensifie.
La BoT avait pourtant affirmé en février que tout nouvel assouplissement nécessiterait des justifications solides, le taux étant déjà proche de son plancher.
Néanmoins, les économistes comme Krystal Tan (ANZ Banking Group) estiment que les arguments en faveur d’une réponse politique plus vigoureuse sont désormais renforcés.
Le FMI partage cette vision : selon lui, les banques centrales asiatiques ont encore une marge de manœuvre pour abaisser leurs taux, compte tenu d’une inflation faible.
Les Philippines et Singapour ont déjà adopté des politiques monétaires plus souples, et la Malaisie pourrait suivre.
Voir aussi :
Une banque compare l’économie de la Thaïlande à l’homme malade de l’Asie
Thaïlande : crise dans la restauration face à une chute du pouvoir d’achat de 40 %
Crise du crédit : la Banque de Thaïlande tire la sonnette d’alarme
Source : Bangkok Post
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1 commentaire
Que l’on se tourne vers les experts et économistes émérites de quelque source que ce soit, on ne ressent aucun optimisme dans toutes les déclarations sur une amélioration de la situation économique mondiale à court et moyen terme…
Tous vont dans le sens d’une inflation accentuée, d’une baisse de la valeur du dollar et des monnaies des grandes économies de nations telles que les pays européens, le Japon, le Canada, de pertes de valeur des actions majeures des 5 grandes bourses mondiales, et d’un recul du PIB de la plupart des pays, dont les États-Unis eux-mêmes.
Dans ce cirque tourbillonnant d’instabilité emmené et provoqué par notre clown-joker américain qui clame depuis hier que les signes négatifs qui commencent à arriver aujourd’hui sur les États-Unis est l’héritage de l’ancien président Biden (faut bien trouver un coupable, mais certainement pas Trump !).
Reste le cas de la Chine qui est la seule à pouvoir rendre la monnaie de sa pièce à l’Oncle Sam et à jouer d’égal à égal pour mettre l’impérialisme américain à genoux, avec un atout majeur dans sa manche : quoiqu’il en coûte à la 2ᵉ économie mondiale (qui est prête à dépasser celle des EU si la tendance actuelle se confirme) Xi Jing Ping n’aura pas à se justifier auprès de l’opinion publique et du peuple chinois, contrairement à Trump qui doit déjà faire face après à peine 100 jours de présidence (il lui en reste 1360 !) à des manifestations de mécontentement populaires quasi quotidiennes et à une baisse de popularité qui ne présage rien de bon pour les élections fédérales de mi-mandat en 2026…
On n’est pas sorti du bourbier qui risque de se transformer au fil des mois en sables mouvants mortels…