La Thaïlande gagne une place dans l’Indice mondial de l’innovation 2026 et se classe désormais 44ᵉ sur 139 économies.
Cette hausse repose entièrement sur l’amélioration des résultats de l’innovation, tandis que les ressources mobilisées restent stables.
La Thaïlande se maintient parmi les leaders régionaux

La Suisse domine l’Indice mondial de l’innovation 2026 devant la Suède et les États-Unis, tandis que la Thaïlande se classe 44ᵉ. Illustration : NIA / OMPI
La Thaïlande occupe la 44ᵉ place sur 139 économies dans l’Indice mondial de l’innovation 2026 publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI).
Elle était 45ᵉ en 2025.
Voir : La Thaïlande recule dans l’indice mondial de l’innovation 2025
Elle se classe également 3ᵉ parmi les 35 économies à revenu intermédiaire supérieur.
Au sein de l’ASEAN, la Thaïlande arrive en 4ᵉ position, derrière Singapour, 5ᵉ mondial, la Malaisie, 34ᵉ, et le Vietnam, 43ᵉ.
Elle devance les Philippines, 52ᵉ, et l’Indonésie, 55ᵉ.
À l’échelle de l’Asie du Sud-Est, de l’Asie de l’Est et de l’Océanie, la Thaïlande occupe la 10ᵉ place sur 17 économies.
La Suisse conserve la première place mondiale pour la 16ᵉ année consécutive, devant la Suède et les États-Unis.
Les connaissances et technologies tirent le classement vers le haut

Ingénieurs thaïlandais construisant le satellite THEOS-2A. Photo : GISTDA
La progression de la Thaïlande vient entièrement de l’amélioration des résultats produits par son système d’innovation.
Le sous-indice des résultats gagne deux places, de la 43ᵉ à la 41ᵉ position mondiale, tandis que celui des ressources consacrées à l’innovation reste stable à la 46ᵉ place.
La catégorie des connaissances et technologies constitue le principal moteur de cette hausse, en passant de la 44ᵉ à la 38ᵉ place mondiale.
La création de connaissances effectue un bond important, de la 48ᵉ à la 35ᵉ place, tandis que l’impact des connaissances passe de la 56ᵉ à la 47ᵉ position.
Selon l’Agence nationale de l’innovation (NIA), cet écart entre ressources et résultats montre la capacité du pays à convertir ses investissements et ses compétences en retombées économiques.
Des faiblesses persistent au niveau des institutions
Le classement fait toutefois apparaître plusieurs points faibles.
Les productions créatives reculent de la 39ᵉ à la 44ᵉ place mondiale.
La situation est surtout moins favorable pour les institutions, où la Thaïlande chute de quatre places pour se retrouver 80ᵉ.
Cette catégorie prend en compte l’environnement réglementaire et les conditions permettant aux entreprises et aux innovateurs de développer leurs activités.
Ces lourdeurs réglementaires et institutionnelles restent un frein à la compétitivité du pays.
À l’inverse, la Thaïlande conserve une bonne position pour la sophistication de ses marchés, au 27ᵉ rang mondial, tandis que la sophistication des entreprises gagne une place et atteint le 41ᵉ rang.
La NIA mise davantage sur les technologies de pointe

Dr Krithpaka Boonfueng, directrice exécutive de l’Agence nationale de l’innovation, présente les résultats de la Thaïlande dans l’Indice mondial de l’innovation 2026. Photo : NIA
Face à ces faiblesses structurelles, la NIA, qui dépend du ministère de l’Enseignement supérieur, des Sciences, de la Recherche et de l’Innovation, veut accélérer son soutien aux secteurs technologiques stratégiques.
Sa directrice exécutive, Dr Krithpaka Boonfueng, a présenté une stratégie visant à faire évoluer le financement de l’innovation, avec une place plus importante accordée au co-investissement avec le secteur privé.
Les domaines ciblés comprennent l’intelligence artificielle, les biotechnologies, les semi-conducteurs, la robotique, les technologies spatiales, les matériaux avancés et les énergies propres.
NIA Venture doit financer les entreprises à différents stades
Cette stratégie doit s’appuyer sur NIA Venture, avec trois principaux canaux d’investissement adaptés au niveau de développement des entreprises.
Le premier prévoit des co-investissements avec des fonds de capital-risque certifiés par la NIA dans des start-up et des PME réalisant entre 500 000 et 20 millions de bahts de chiffre d’affaires.
Il vise les entreprises allant de l’amorçage jusqu’à la série A.
Le deuxième doit passer par des fonds fiduciaires pour soutenir des entreprises générant entre 20 et 100 millions de bahts de chiffre d’affaires.
Ce mécanisme couvre les sociétés allant de la série A jusqu’à la pré-introduction en Bourse.
Le troisième repose sur des co-investissements réalisés par l’intermédiaire de holdings universitaires ou privés, ainsi que de fonds de fonds.
Ces mécanismes doivent cibler cinq grands secteurs :
- l’agriculture et l’alimentation
- la santé et le bien-être
- l’économie circulaire
- l’intelligence artificielle
- l’économie créative
Pour stimuler la demande intérieure, la NIA souhaite parallèlement développer la liste des innovations thaïlandaises permettant aux administrations d’acheter directement des produits locaux certifiés.
L’objectif est de faire de l’État un premier client pour les entreprises innovantes, ce qui doit les aider à générer des revenus, valider leurs produits sur le marché et se développer ensuite à l’international.
Voir aussi :
- En Thaïlande, la princesse Sirindhorn met en garde contre l’IA
- La Thaïlande s’apprête à envoyer sa première mission vers la Lune
- La Thaïlande a perdu un satellite mais pas ses ambitions spatiales
- Thaïlande : l’armée de robots humanoïdes se prépare
Sources : Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, The Nation Thailand
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