La Thaïlande prépare une taxe de départ de 1 000 bahts (environ 26 euros) pour les touristes étrangers et les ressortissants thaïlandais.
Le projet, soumis à consultation publique jusqu’au 29 octobre 2026, prévoit un prélèvement sur chaque départ international en avion.
Les professionnels du tourisme dénoncent une nouvelle charge pour les voyageurs.
Une taxe de 1 000 bahts pour tous les voyageurs quittant la Thaïlande

Voyageur observant un avion depuis un aéroport.
Le Département des recettes fiscales thaïlandais a ouvert, le 30 septembre, une consultation publique sur un projet de loi visant à instaurer une taxe sur les départs du territoire.
La principale nouveauté concerne les personnes visées : la taxe s’appliquerait à tous les voyageurs, quelle que soit leur nationalité.
Les touristes français, belges, suisses ou canadiens seraient donc également concernés lorsqu’ils quitteraient la Thaïlande par avion.
Cette proposition se distingue de la législation de 1983, qui ne visait que les ressortissants thaïlandais et les étrangers titulaires d’un statut de résident permanent.
La taxe s’élevait alors à 1 000 bahts pour les départs aériens et à 500 bahts par voie terrestre ou maritime.
La collecte a été suspendue pour les départs terrestres et maritimes en 1986, puis pour les départs aériens en 1991.
Aucune taxe de sortie n’est donc actuellement perçue au titre de cette législation.
Le nouveau projet prévoit un montant initial de 1 000 bahts par départ aérien, avec un plafond légal de 5 000 bahts.
Les départs par voie terrestre ou maritime resteraient exemptés dans un premier temps.
Selon le ministère des Finances, cette mesure vise à améliorer l’utilisation des ressources publiques dans le respect de la discipline budgétaire et à préserver des marges de manœuvre pour faire face à d’éventuelles urgences futures.
Voir : La Thaïlande envisage une nouvelle taxe de sortie de 1 000 bahts
Une taxe intégrée au prix du billet d’avion

Décollage d’un avion.
Pour simplifier la collecte, les compagnies aériennes ou leurs agents de billetterie percevraient généralement la taxe au moment de l’achat du billet.
Lorsque le voyageur n’achète pas de billet auprès d’une compagnie ou d’un agent, le paiement suivrait une procédure définie par le directeur général du Département des recettes fiscales.
Les exemptions envisagées reprennent globalement celles de la redevance aéroportuaire (PSC).
Elles concerneraient notamment :
- Les enfants âgés de deux ans ou moins.
- Les passagers en transit international restant dans les zones réservées aux correspondances, ainsi que certaines personnes tenues de rester à l’aéroport pendant un changement d’avion.
- Les membres d’équipage et certains personnels de transport voyageant gratuitement dans le cadre de leurs fonctions.
- Certains membres de la famille royale et leur suite, ainsi que le Patriarche suprême et sa suite.
- Les chefs d’État étrangers et les invités officiels du gouvernement.
- Les équipes d’inspection de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).
- Les passagers voyageant à bord d’avions gouvernementaux.
Le texte prévoit des sanctions en cas de non-paiement ou de non-reversement de la taxe par les personnes ou organismes concernés, notamment une pénalité pouvant atteindre le double du montant dû et une majoration de 1,5 % par mois ou fraction de mois de retard.
Le gouvernement défend la taxe, les agents de voyages s’y opposent

Adith Chairattananon, secrétaire général de l’ATTA, s’oppose au projet de taxe de départ de 1 000 bahts. Photo : The Nation Thailand
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Ekniti Nitithanprapas, défend cette proposition en soulignant qu’elle pourrait encourager les Thaïlandais à passer davantage leurs vacances dans leur propre pays.
L’objectif serait de limiter les dépenses touristiques à l’étranger et de favoriser leur circulation dans l’économie thaïlandaise, notamment au profit des communautés locales.
Mais l’Association thaïlandaise des agents de voyages (ATTA) a exprimé son opposition au projet le 7 octobre.
Son secrétaire général, Adith Chairattananon, estime que cette nouvelle charge pourrait avoir des conséquences importantes sur le tourisme, alors que les professionnels du secteur subissent déjà les effets d’une conjoncture économique difficile.
Il critique également le manque de transparence concernant l’utilisation des recettes supplémentaires.
Selon lui, le gouvernement n’a apporté aucune amélioration tangible des infrastructures touristiques ou de leur efficacité qui justifierait l’imposition d’une nouvelle taxe.
Le groupe de travail « Visitor Economy », auquel participe l’ancien ministre du Tourisme Weerasak Kowsurat, partage cette opposition de principe.
Le conseil d’administration de l’ATTA doit examiner le projet le jeudi 8 octobre, avant la préparation d’une lettre officielle destinée au ministère des Finances.
Adith prévoit également de présenter les objections de l’association lors d’une réunion du groupe de travail « Reinvent Thailand » avec le ministère, le vendredi 9 octobre.
Jusqu’à 2 570 bahts de taxes et frais pour les touristes étrangers

Des voyageurs avec leurs valises patientent dans la file d’attente d’un aéroport. Photo : The Nation Thailand
L’ATTA s’inquiète particulièrement de l’accumulation des prélèvements imposés aux voyageurs internationaux.
Depuis le 20 juin 2026, la redevance aéroportuaire pour les départs internationaux dans les six principaux aéroports exploités par Airports of Thailand (AOT) est passée de 730 à 1 120 bahts.
Voir : Voyager depuis la Thaïlande coûtera plus cher dès le 20 juin 2026
Parallèlement, le gouvernement envisage d’instaurer une taxe touristique de 450 bahts pour les visiteurs étrangers au premier trimestre 2027.
Voir : La Thaïlande vise début 2027 pour sa taxe touristique de 450 bahts
Selon les calculs d’Adith Chairattananon, le cumul de ces prélèvements pourrait atteindre 2 570 bahts par voyageur étranger :
- 1 120 bahts de redevance aéroportuaire.
- 450 bahts de taxe touristique à l’entrée, encore en projet.
- 1 000 bahts de taxe de départ, également en projet.
Les deux nouvelles taxes représenteraient à elles seules 1 450 bahts supplémentaires, soit environ 38 euros.
Ce total de 2 570 bahts reste une projection fondée sur la redevance des principaux aéroports et sur deux taxes qui ne sont pas encore entrées en vigueur.
Quand la taxe de départ pourrait-elle entrer en vigueur ?

Des voyageurs passent devant des panneaux d’information dans un aéroport thaïlandais. Photo : Bangkok Post
Aucune date de mise en application n’a encore été annoncée.
Les voyageurs n’ont donc pas de nouvelle taxe de 1 000 bahts à payer pour quitter la Thaïlande.
La consultation publique reste ouverte jusqu’au 29 octobre 2026.
Le gouvernement devra ensuite décider de la suite à donner au projet, qui pourrait encore être modifié.
Selon les dispositions proposées, la loi entrerait en vigueur 180 jours après sa publication au Journal officiel thaïlandais.
Les billets achetés avant cette entrée en vigueur seraient exemptés de la nouvelle taxe, même si le départ intervient après cette date.
Les voyageurs, les professionnels du tourisme et le grand public peuvent participer à la consultation directement sur le site officiel du Département des recettes fiscales.
Voir aussi :
- Chaos chez Thai Airways : le PDG viré, les vols reviennent à la normale
- Les inondations en Thaïlande commencent à peser sur le tourisme
- La Thaïlande lance une super-application pour les touristes et les expatriés
- Les nouvelles règles du visa Destination Thaïlande créent la confusion
Sources : Département des recettes fiscales thaïlandais, The Nation (1), The Nation (2).
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