Après les plaintes des résidents de Pattaya, la police thaïlandaise a lancé une opération contre les mendiants qui a permis de découvrir de nombreux étrangers.
Plusieurs habitants vivant près de la Walking Street dans le Sud de la station balnéaire de Pattaya ont révélé aux médias locaux qu’ils étaient de plus en plus exaspérés par les mendiants migrants.
Ils ont dit que ces mendiants, dont certains portaient des bébés pour attirer la sympathie, erraient dans les destinations touristiques bondées de Pattaya et tentaient de vendre de force des fleurs et des bonbons aux touristes internationaux.
D’après eux, cela dérange les touristes et nuit à la réputation de la station balnéaire.
Une opération de répression a donc été menée par les autorités de Pattaya le mercredi 21 juin au soir pour débarrasser le quartier touristique animé de la ville des mendiants.
L’opération a permis de découvrir un nombre surprenant d’étrangers en situation irrégulière résidant dans le pays.
Wutthisak Ruemkijjakarn, maire adjoint de Pattaya, a révélé que la répression avait eu lieu sous l’œil attentif de nombreuses autorités.
Il s’agissait notamment de fonctionnaires du bureau du développement social et de la sécurité humaine de Chon Buri, de la police locale de Pattaya, de la région 2 de la police provinciale et de représentants du bureau de l’immigration.
Les raids ont ciblé plusieurs zones touristiques où se trouvaient des mendiants.
L’un de ces lieux était l’emblématique Walking Street de Pattaya, où les fonctionnaires ont appréhendé deux individus dans le cadre de l’opération, selon Wutthisak.

Walking street de Pattaya. Photo : Pattaya Sanook
Il a aussi également souligné l’augmentation récente et notable du nombre de mendiants dans la ville due au retour en force des touristes étrangers.
Le filet des autorités de Pattaya s’est étendu jusqu’à atteindre Soi Buakhao, où ils ont rencontré une femme vietnamienne de 42 ans.
Accompagnée d’une fillette de sept ans, cette femme tentait de vendre des fleurs aux touristes.
Elle a révélé aux agents que c’était sa routine depuis cinq mois et qu’elle gagnait entre 300 et 500 bahts (7,79 à 13 euros) par soir.
Pendant ce temps, à Pattaya Sud, des scènes similaires se sont déroulées lorsque les forces de l’ordre ont ramassé des mendiants sur la plage, qui avaient été vus en train de demander de l’argent à des touristes.
Parmi eux, une sans-abri cambodgienne de 34 ans a été retrouvée avec sa fille de cinq mois devant le Wat Chai Mongkhon.
Voir aussi : Un gang de Cambodgiens utilisait de très jeunes enfants pour mendier en Thaïlande
Le 10 juin, le chef de la police de Pattaya, Thanapong Pothi, avait déjà mené une vaste opération visant à appréhender les personnes coupables d’exploitation d’enfants sous la forme de mendicité forcée ou de vente de produits dans la ville.
Au cours de cette mission, une femme de 33 ans, également originaire du Cambodge, a été découverte vivant dans un minuscule appartement d’une seule pièce avec trois enfants.
Elle a avoué aux autorités qu’elle avait franchi illégalement la frontière thaïlandaise à la recherche d’un emploi.
Accusée d’exploitation d’enfants et d’entrée illégale sur le territoire thaïlandais, son cas est devenu le reflet d’un problème plus vaste qui s’est posé lors de cette opération de répression à Pattaya.
Les habitants de la station balnéaire pensent qu’il y a une opération organisée derrière ces mendiants, car ces groupes d’étrangers ont déjà été appréhendés à plusieurs reprises, mais ils reviennent toujours pour répéter les mêmes infractions.
De plus, des questions se posent sur l’origine et le statut des enfants, car certaines des femmes impliquées sont là depuis des années, mais semblent toujours avoir un nouveau-né avec elles.
Voir aussi :
Begpacker : les routards mendiants de retour en Thaïlande et dans le reste de l’Asie
Opération à Pattaya contre les travailleurs du sexe et les sans-abris
Pourquoi les touristes devraient éviter de porter un collier en or en Thaïlande ?
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Source : The Thaiger, The Pattaya News
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4 commentaires
En-dehors du problème des personnes isolées en situation illégale, sans possibilité de trouver un travail déclaré et acculés à mendier, il existe très probablement, comme le fait remarquer l’article, un problème d’exploitation d’êtres humains, adultes, mineurs d’âge, de jeunes enfants, y compris des bébés…
Et ce n’est pas en arrêtant, en poursuivant, condamnant ou expulsant ceux qui sont dans la rue que la police va résoudre le problème.
Il faut remonter la filière et arrêter les commanditaires et les organisateurs de ces trafics et aider les mendiants de rue en situation illégale à retourner dans leur pays ou, s’ils le désirent, régulariser leur situation pour qu’ils puissent trouver un travail légal et leur permettre de sortir de ce cercle vicieux de l’exploitation humaine.
Certains de ces mendiants sont le bout visible de ce trafic d’êtres humains et sont plus des victimes exploitées que de dangereux criminels…
Les criminels responsables sont eux invisibles et bien à l’abri…
Tout à fait, et la tendance actuelle peut laisser penser qu’il y a d’assez bonnes probabilités qu’il s’agisse d’un groupe criminel chinois, encore une fois, même si un groupe thaïlandais ou cambodgien n’est pas exclu.
Par contre, je pense que vous êtes trop optimiste de penser que le gouvernement thai va régulariser et aider des étrangers en difficulté.
Ils n’aident déjà pas correctement leurs propres citoyens en difficulté, comme on a vu récemment avec le cas d’une grand-mère aveugle vivant dans une cabane délabrée avec sa petite fille, et qui ne touchait qu’une vingtaine d’euros pas mois (si mes souvenirs sont bons) d’aides sociales de la part du gouvernement.
Entièrement raison, Bob…
Les lois sociales en Thaïlande n’ont jamais été une priorité pour quelques gouvernements que ce soit.
Par contre, la fiscalité des entreprises, les facilités économiques allouées aux grands groupes et consortiums éco-financiers du pays et l’enrichissement personnel de certains politiques, couplé avec une corruption généralisée depuis les forces de police jusqu’au sommet de la hiérarchie judiciaire en passant par les cadres hauts placés de l’Armée, constituent ensemble la colonne vertébrale d’une politique nationale qui se résume à une lutte (allant jusqu’à des émeutes proches de la guerre civile et l’instauration d’un pouvoir militaire) pour le pouvoir entre conservateurs de droite et ultra-monarchistes d’un côté et progressistes de l’autre, se déclarant de centre-gauche et « près du peuple »…
On a vu ce que cela a donné par le passé lorsque la famille Sinawathra était au pouvoir.
Les récentes élections tendent à présenter une nouvelle alliance pour un changement de pouvoir et une mise dans l’opposition de la nomenklatura fidèle à l’Armée et à la Royauté… mais pour combien de temps et surtout : est-ce que ce « changement » présenté comme radical par les nouveaux leaders politiques et leurs partis respectifs -8 au total réunis dans une coalition pour le moment théorique- (qui se disputent déjà sur la désignation du « chairman » du futur parlement) tiendra ses promesses électorales ?
Cela ressemble déjà, alors que la désignation du Premier ministre semble poser un problème d’éligibilité, à un panier de crabes prêts à s’entre-dévorer pour les postes-clés d’un gouvernement qui ne verra peut-être jamais le jour !!!
Manque de maturité évidente et comme d’habitude, on ne tire pas les leçons des erreurs du passé !
En effet. On verra ce qu’il va se passer, mais je pense que les mauvaises herbes en Thaïlande vont être difficiles à déraciner.
Espérons quand même que ça se réalise un jour, même si c’est à petits pas timides.