Le département d’État américain a ordonné la suspension des visas d’immigrant pour 75 pays, dont la Thaïlande, à compter du 21 janvier 2026.
- Date d’entrée en vigueur : Le 21 janvier 2026.
- Pays concernés : Une liste de 75 nations, dont la Thaïlande, la Russie, le Brésil, le Nigeria et plusieurs pays du Maghreb.
- Types de visas suspendus : Uniquement les visas d’immigrant (demandes de résidence permanente / Green Card).
- Types de visas maintenus : Les visas de non-immigrant (Tourisme, Affaires, Étudiants) ne sont pas affectés par ce gel.
- Motif officiel : Une réévaluation des critères de « charge publique » pour s’assurer que les futurs résidents ne dépendent pas des aides sociales américaines.
- Réaction de Bangkok : Le gouvernement thaïlandais juge cette inclusion « injustifiée » et demande une clarification diplomatique immédiate.
Cette mesure, qui concerne les visas d’immigrants, s’inscrit dans la politique migratoire stricte de Donald Trump et suscite déjà une vive demande de clarification de la part du gouvernement thaïlandais.
L’information a été rapportée le mercredi 14 janvier 2026 par Fox News, citant une note du département d’État américain.
La Somalie, la Russie, l’Iran, l’Afghanistan, le Brésil, le Nigeria et la Thaïlande font partie des pays concernés, selon le rapport.
Les représentants du département d’État n’ont pas immédiatement répondu à une demande de commentaires sur la note de service.
Selon Fox News, la note demande aux ambassades américaines de refuser les visas en vertu de la loi en vigueur pendant que le département réévalue ses procédures.
Cette suspension intervient dans le cadre de la répression massive de l’immigration menée par le président républicain Donald Trump depuis son entrée en fonction en janvier dernier.
En novembre, Trump avait promis de « suspendre définitivement » l’immigration en provenance de tous les « pays du tiers monde » à la suite d’une fusillade près de la Maison Blanche par un ressortissant afghan qui avait tué un membre de la Garde nationale.
La Somalie a également fait l’objet d’une surveillance accrue de la part des autorités américaines à la suite d’un scandale de fraude dans le Minnesota, où les procureurs ont découvert des abus dans les programmes d’aide sociale financés par les contribuables.
La plupart des personnes impliquées seraient des ressortissants somaliens ou des Américains d’origine somalienne.
En novembre, selon Fox News, un câble du département d’État envoyé à ses représentations à travers le monde demandait aux agents consulaires d’appliquer de nouvelles règles de contrôle strictes en vertu de la disposition dite « charge publique » de la loi sur l’immigration.
Cette directive demande aux agents consulaires de refuser les visas aux demandeurs jugés susceptibles de dépendre des prestations sociales, en tenant compte d’un large éventail de facteurs.
Notamment la santé, l’âge, la maîtrise de l’anglais, la situation financière et même le besoin potentiel de soins médicaux à long terme.
La Thaïlande demande aux États-Unis de clarifier la suspension des visas

Le ministre des Affaires étrangères thaïlandais Sihasak Phuangketkeow avec Mme Elizabeth J Konick, chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Bangkok le jeudi 15 janvier 2026. Photo : Ministère des Affaires étrangères du Royaume de Thaïlande
Le ministère des Affaires étrangères a officiellement demandé aux États-Unis de clarifier leur décision de suspendre le traitement des visas d’immigrant.
S’exprimant après avoir rencontré le chargé d’affaires de l’ambassade américaine pour discuter de cette annonce soudaine le jeudi 15 janvier, le ministre des Affaires étrangères Sihasak Phuangketkeow a déclaré :
« Le gouvernement demande une explication claire des raisons et de la portée de cette décision. »
Selon les explications fournies jusqu’à présent, la suspension ne s’applique qu’aux visas d’immigrant, destinés aux personnes qui souhaitent obtenir la résidence permanente et, à terme, la citoyenneté américaine.
M. Sihasak a souligné que cette mesure n’affectait pas les visas de non-immigrant, notamment ceux détenus par les étudiants, les hommes d’affaires ou les touristes thaïlandais.
Il a déclaré que les responsables américains avaient expliqué que cette suspension s’inscrivait dans le cadre de la politique « America First » du président Donald Trump.
Le gouvernement réévalue actuellement le coût financier lié à l’aide aux immigrants permanents, arguant que les ressources publiques doivent être prioritairement consacrées aux citoyens américains.
Cependant, M. Sihasak a remis en question l’inclusion de la Thaïlande dans la liste, affirmant que le nombre d’immigrants thaïlandais illégaux aux États-Unis est relativement faible par rapport à certains pays qui ne sont pas concernés par la suspension.
Il a également souligné la contribution des ressortissants thaïlandais à l’économie américaine, soulignant que de nombreux Thaïlandais vivent et travaillent légalement dans le pays, possèdent des entreprises et sont employés dans des secteurs professionnels tels que les soins de santé.
De grandes entreprises thaïlandaises ont également investi aux États-Unis, créant des emplois pour les travailleurs américains.
« Ils disent que nous devons aller de l’avant ensemble, mais cette mesure semble incompatible avec ce message », a-t-il déclaré.
« Le gouvernement américain doit clarifier sa politique et assurer la coordination entre ses agences. »
Voir aussi :
États-Unis–Thaïlande : pas de sanctions malgré le gel de l’accord de paix
Thaïlande : tension après un accord sur les terres rares avec les États-Unis
L’accord commercial Thaïlande–États-Unis comporte des risques majeurs
Source : Bangkok Post, Bangkok Post 2
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6 commentaires
Sur le principe d’une sélection plus stricte des visas « immigrants », il est compréhensible pour ma part ( que ce soit aux USA ou dans n’importe quel autre pays d’ailleurs) qu’une sélection basée sur le sérieux des demandes, incluant une intégration à 100% d’étrangers désirant s’établir, travailler et à terme devenir citoyen américain, est nécessaire pour se mettre à l’abri de dérives sociétales telles que celles que nous connaissons dans bon nombre de pays européens, France en tête, où bon nombre de citoyens africains, sud-américains, asiatiques ou d’autres contrées faisant partie de pays sous-développés ou en voie de développement, viennent gonfler les rangs des nationaux déjà en marge de la société et qui dépendent des aides sociales pour lesquelles une part de nos impôts est consacrée, aides sociales qui d’autre part, sont, elles, exonérées d’impôts !
Si je comprend bien la démarche de l’administration Trump, celle-ci a adopté une mesure temporaire visant à recadrer les conditions d’analyse et d’octroi des visas « immigrants » pour une application plus stricte des conditions et règlements à réunir pour obtenir ces visas.
Sans entrer dans une analyse de ces conditions qui ne sont pas développées dans l’article, je suppose que des garanties financières, d’emploi, de stabilité sociale et de profil politique en accord avec les principes fondamentaux du peuple américain, de ses droits et devoirs, seront dorénavant exigées par les candidats à cette intégration à la citoyenneté américaine…
Il n’en va pas autrement d’ailleurs en ce qui nous concerne en Thaïlande, où, d’une autre manière, avec d’autres exigences légales, mais tout aussi exigeantes, il nous est très difficile, en qualité d’étranger, d’obtenir la nationalité thaïlandaise.
Nos visas de longue durée, et notamment nos visas « retraite », même lorsque nous sommes domiciliés officiellement auprès de notre district de résidence depuis de longues années, marié à une épouse thaïlandaise, et tout cela parfois depuis plusieurs décennies, ne changent rien à la catégorie de notre visa « NON-immigrant ».
Ayez la curiosité d’aller sur le site du ministère des Affaires étrangères thailandais pour consulter les conditions d’une demande de citoyenneté thailandaise, et vous vous rendrez compte du parcours du combattant qui vous attend, ne fut-ce que l’examen de connaissance de la langue, verbale et écrite !!!
Bien évidemment, ce n’est pas avec un seul article de presse que l’on peut avoir une idée globale de la manière dont Trump veut modifier et durcir l’obtention de ce visa dont le but final est l’obtention de la citoyenneté américaine, et je suis très rarement d’accord avec sa politique d’ailleurs, mais au vu et su de ce que nous apprend cet article, cela n’empêchera aucunement les thailandais de se rendre aux États-Unis pour un séjour touristique, ou comme étudiant, ni même de faire une demande de visa « immigrant » quand cette situation de blocage temporaire des demandes pour le temps d’une mise à jour sera levée !
J’espère que Mme Konick parle le thaïlandais…
Je crois plutôt que c’est le ministre des Affaires étrangères thaïlandais Sihasak Phuangketkeow qui a dû se mettre à l’anglais !!!
Peut-être que je me trompe, mais la politique thaïlandaise concernant la résidence permanente et la naturalisation en Thaïlande n’est-elle pas extrêmement stricte ?
Du coup je trouve ça bizarre de demander des explications quand un autre pays décide de faire la même chose.
D’accord avec vous, Bob…
Je me demande même si ce n’est pas moins difficile aux USA qu’en Thailande !
Je ne crois pas effectivement que les autorités thaïlandaises peuvent se permettre de protester auprès des États-Unis quand on consulte les conditions de naturalisation et d’acquisition de la nationalité thaïlandaise pour un étranger…
Ce n’est même plus le parcours du combattant,,c’est quasiment une guerre de tranchées de plusieurs années !!!
En la matière, les politiques thaïlandais s’offusquent de la paille dans l’œil de leur allié américain et ignorent la poutre qui les aveugle dans leurs propres yeux !
Tout à fait, M. Hansson.
C’est bien ce que je pensais, on n’entend presque jamais parler de Farang ayant obtenu la résidence permanente ou la naturalisation thaïe…
Je pense que la réaction du gouvernement thaïlandais est plus un sursaut d’ego (il ne faut pas perdre la face bien entendu) du fait d’avoir été mentionné par Trump dans la catégorie « pays du tiers monde », qu’une réaction cherchant à être logique.