Le Premier ministre thaïlandais, Srettha Thavisin, souhaite que la police soit au service du grand public plutôt que des personnes influentes.
C’est ce qu’a déclaré le chef adjoint de la police nationale, le général Surachate Hakparn, après sa rencontre avec Srettha Thavisin à Phitsanulok Mansion, la résidence officielle du Premier ministre, le dimanche 10 septembre.
Ils ont discuté de l’affaire dans laquelle un inspecteur de la police routière a été abattu par l’homme de main d’un administrateur local lors d’une fête au domicile de l’administrateur dans la province de Nakhon Pathom le mercredi 6 septembre.
L’inspecteur a été abattu devant 25 autres officiers de police parce qu’il a refusé de se laisser corrompre.
Voir : La Thaïlande veut mettre les chefs mafieux sur liste noire
« Le Premier ministre a insisté sur la suppression des mafias et des personnes influentes dans les localités afin que les gens (ordinaires) aient confiance en leur propre sécurité.
La police ne doit pas soutenir ces personnes influentes…
Le Premier ministre a dit que la police devait être du côté du peuple », a déclaré le général Surachate.
Reste à savoir si ce ne sont que de belles paroles de politiciens ou si de véritables actions seront menés contre la corruption.
L’ancien gouvernement de Prayut Chan-o-cha avait fait les mêmes promesses, mais après quelques coups d’éclats contre des policiers corrompus qui avaient donné beaucoup d’espoir à la population, la corruption avait repris de plus belle.
Le parti du nouveau Premier ministre, le Pheu Thai, est contrôlé par l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, un ancien policier qui purge actuellement une peine de prison.
Voir : Le roi de Thaïlande réduit la peine d’emprisonnement de Thaksin Shinawatra
Thaksin est connu pour être très proche des policiers, dont beaucoup font partie de ses supporters, donc il est malheureusement probable que rien ne change.
Des policiers ont tenté de détruire des preuves après la fusillade

Praween Chankhlai, le Kamnan, à gauche, est interrogé par la police de la division de la répression du crime à Bangkok vendredi. Photo : police thaïlandaise
Le chef adjoint de la police nationale a déclaré que les policiers présents au dîner à Nakhon Pathom avaient menti lors de leur premier interrogatoire après la fusillade mortelle de mercredi.
« D’accord, ils peuvent mentir, mais nous avons des interrogatoires, des enquêtes et des informations claires », a déclaré le général Surachate.
Il a confirmé que les coupables feraient l’objet d’une action en justice si des preuves attestaient de leurs actes répréhensibles.
Parmi ces preuves figure un serveur de vidéosurveillance installé au domicile de l’administrateur local.
Il a été rapporté qu’un fonctionnaire des services correctionnels l’avait jeté dans l’eau pour tenter de dissimuler le crime, a déclaré Surachate.
Il s’est référé aux images de vidéosurveillance de la maison de Praween Chankhlai, un kamnan (chef de sous-district) de 35 ans à Nakhon Pathom.
Le serveur est déjà à sec et ses données seront complètement récupérées dans trois ou quatre jours, a déclaré Surachate.
« Certains officiers de police seront certainement tenus pour responsables dans cette affaire », a-t-il déclaré.
Selon lui, les policiers qui ont participé au dîner chez M. Praween se répartissent en trois groupes.
Le premier est celui des policiers qui ont fui la maison juste après la fusillade.
Le deuxième groupe comprenait les officiers qui ont détruit les preuves et emmené M. Praween loin de la scène de crime.
L’autre groupe a transporté d’urgence l’inspecteur blessé à l’hôpital.
En ce qui concerne l’interrogatoire des témoins et des suspects, Surachate a déclaré que tous avaient désigné M. Praween comme le commanditaire de la fusillade.
« Il y avait une demande de transfert de police.
Lorsqu’elle a été rejetée, il a ordonné la fusillade…
Il était si proche de la police locale depuis si longtemps qu’il était excessivement confiant.
Aujourd’hui, cela doit cesser », a déclaré le général Surachate.
M. Praween continue de nier toutes les accusations, mais il ne pourra pas y échapper, a déclaré le chef adjoint de la police nationale.
Les affaires impliquant des hauts fonctionnaires ou des policiers corrompus font régulièrement la une des médias en Thaïlande.
Voir :
Un Thaïlandais piégé entre un cartel de la drogue et un gang de policiers corrompus
Un policier thaïlandais qui a demandé de l’argent ou du sexe à une victime va être licencié
Le comportement honteux de policiers après une tentative de viol en Thaïlande
L’affaire « Joe Ferrari » met en lumière la corruption de la police en Thaïlande
La corruption de la police en Thaïlande est-elle la même qu’ailleurs ?
Que faire si la police thaïlandaise vous arrête et tente de vous racketter ?
Les conseils d’un avocat face à la police thaïlandaise
Source : Bangkok Post
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3 commentaires
La confiance du citoyen lambda vis-à-vis de la sécurité doit être gagné par les actes forts et rapides du nouveau gouvernement en place contre ce mal destructif du royaume reconnu depuis fort longtemps dans le monde entier…
Le Premier ministre thaïlandais, Srettha Thavisin, et le chef adjoint de la police nationale, le général Surachate Hakparn : nouveau duo d’incorruptibles ? nouveaux « Starky et Hutch » ou nouveaux « Laurel et Hardy » ?
L’avenir nous l’apprendra à travers cette dernière affaire criminelle qui met en lumière le sentiment d' »intouchabilité » que croient avoir certains hauts fonctionnaires de l’État, tant la corruption est installée depuis des décennies en toute impunité et avec la protection de certains éléments et personnalités de police à tous niveaux, la même police qui devrait lutter contre cette criminalité, mais qui, en réalité, collabore et se rend complice de leurs agissements frauduleux de corruption et d’abus de pouvoir…
Voilà l’image qu’ont aujourd’hui de nombreux membres des pouvoirs publics des districts, provinces, régions et jusqu’au pouvoir central, vis-à-vis d’une population dont une large majorité ne font plus confiance depuis de nombreuses années au pouvoir politique et aux forces de police…
Faut-il se réjouir qu’un certain pourcentage, impossible à chiffrer, s’érige en « zorro » pour combattre les éléments corrompus de leur propre institution, de leur propre corps institutionnel ?
Espérons que, comme par le passé, ce ne sera pas un feu de paille, car le travail est gigantesque, n’en doutons pas…
La corruption est installée depuis des dizaines d’années, elle ne disparaîtra pas d’un coup de cuillère à pot, tout au plus, elle s’amenuisera au fil des années avec de nouveaux éléments dignes de confiance, et la mise hors circuit des éléments corrompus, soit par des actions judiciaires, soit par licenciement, démission ou mise à la retraite anticipée. Cette lutte ne s’arrêtera jamais, la vigilance sera de mise en tout temps, sinon, on se retrouvera dans la situation actuelle, dont nous ne connaissons qu’une toute petite partie, à travers les faits divers des médias et il faut bien l’admettre, la bêtise et l’idiotie de certains corrupteurs.
« La police thaïlandaise doit servir le peuple, pas les puissants » !!!
La police thaïlandaise sert la police thaïlandaise… peu importe qui, que, quoi…