L’Autorité provinciale de l’électricité (PEA) de Thaïlande a coupé le courant de deux villes frontalières du Myanmar à la demande des autorités du pays.
Ces deux villes, situées de l’autre côté de la rivière Moei, jouissent de la sombre réputation d’avoir bénéficié d’importants investissements considérés comme illégaux de la part d’hommes d’affaires chinois .
Les villes de Shwe Kokko et Ban Le Le Ko, sont toutes deux situées dans un État Karen du Myanmar et sont sous le contrôle d’un groupe Karen allié aux gouvernement du Myanmar.
Pour rappel : la grande majorité des Karens sont les victimes de la dictature militaire et on beaucoup souffert de la construction du Gazoduc de Total dans les années 90, supporté par la France, et qui passe sur leur territoire.
Des groupes Karens combattent la junte, mais un petit groupe de Karens bouddhistes s’est allié à la junte en rejoignant la Force des gardes-frontières (BGF) subdivision des forces armées du Myanmar.
Shwe Kokko est située en face de Ban Wang Pha, Ban Le Le Ko en face de Mae Ku Mai Tha Sung juste de l’autre côté de la rivière Moei dans la province de Tak en Thaïlande.
Il se dit que les hommes d’affaires principalement chinois auraient investi à Shwe Kokko l’équivalent de 1,5 milliard de dollars dans des casinos ou complexes de divertissement et autres lotissements.
Ban Le Le Ko aurait profité des mêmes largesses dans des proportions similaires.
La demande du gouvernement du Myanmar de couper l’alimentation électrique de ces villes a été satisfaite par la PEA, qui a cessé de fournir de l’électricité à partir de minuit.
Cependant, les raisons de cette décision restent floues, car ces Karens du BGF sont les alliés de la junte.
De même, les raisons qui ont poussé le fournisseur d’électricité thaïlandais à prendre cette décision restent ambiguës.
La PEA qui gère le réseau électrique en Thaïlande n’avait en principe aucune raison d’obéir à une requête émanant d’une autorité étrangère.
Certains spéculent que cela pourrait être lié à un protocole d’accord signé par la Thaïlande, la Chine et le Myanmar.
Cet accord porte sur la répression conjointe des drogues, des criminels transfrontaliers, des jeux d’argent en ligne et des centres d’appels.
Le Bangkok Post a rapporté qu’un homme d’affaires thaïlandais impliqué dans ce commerce transfrontalier l’a informé que les habitants de Shwe Kokko auraient anticipé les coupures de courant en achetant des groupes électrogènes.
Le développement de ce genre d’entreprises n’a rien d’anecdotique et a de quoi inquiéter.
La semaine dernière, les autorités thaïlandaises ont appréhendé un homme d’affaires chinois à Pattaya.
Celui-ci serait accusé d’avoir blanchi plus de 2,5 milliards de bahts pour le compte d’un réseau de centres d’appels frauduleux basé cette fois au Cambodge.
L’arrestation, menée par le Bureau thaïlandais de l’immigration (TIMB), a été présentée comme la réponse à des cas de comportements criminels analogues qui ont récemment défrayé la chronique.
La presse avait rapporté que des entreprises mafieuses très bien organisées avaient porté préjudice à des citoyens thaïlandais.
La police et les autorités avaient alors communiqué sur leurs craintes de voir ce genre d’affaires ternir l’image de marque du pays.
Les détails de l’opération du TIMB ont été dévoilés lors d’une conférence de presse.
C’est ainsi que l’on a su que c’est l’ambassade de Chine elle-même qui a informé les autorités thaïlandaises de la présence sur son territoire d’un suspect de nationalité chinoise de 40 ans, nommé Xu Wei, recherché dans son propre pays.
Voir aussi :
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Source : The Thaiger
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