Avec un score de 20, la Thaïlande est au bas du classement mondial des pays en matière de parentalité réalisé par le World Bank Group.
La Thaïlande est actuellement confrontée à une « crise de la structure de la population », alors qu’elle se transforme en une société super-âgée et que les taux de natalité diminuent.
Voir : La Thaïlande face à un effondrement de la natalité et au vieillissement de la société
Le plan de développement démographique de la Thaïlande

Une infirmière prend soin d’une femme et de son bébé nouveau-né dans un hôpital en Thaïlande. Photo : CTN News.
La promotion de politiques favorables à la famille est un élément clé du plan de développement démographique (2022-2037), qui vise à favoriser le développement national à long terme.
Ce plan met l’accent sur le concept de « bonne naissance, bonne vie et bon vieillissement », avec un accent particulier sur les bonnes naissances en encourageant les familles de qualité et en créant des systèmes qui soutiennent l’accouchement et l’éducation des enfants.
La 16ᵉ Assemblée nationale de la santé a défini des stratégies clés pour promouvoir un développement démographique de qualité, en mettant l’accent sur la création d’un environnement propice à la naissance et à l’éducation des enfants.
Ces stratégies couvrent quatre dimensions :
- Le temps ;
- Les ressources financières ;
- Les systèmes de soutien à l’éducation des enfants ;
- Les cadres juridiques.
Le gouvernement a mis en œuvre plusieurs politiques visant à encourager la natalité, telles que :
- L’octroi d’une subvention de 600 bahts (16,44 euros)/mois par enfant âgé de 0 à 6 ans dans les ménages à faible revenu ;
- L’augmentation du congé de maternité à un maximum de 98 jours ;
- L’offre d’allocations de naissance par l’intermédiaire du Fonds de Sécurité sociale ;
- L’octroi d’exonérations fiscales pour les dépenses liées à la mise en place de structures de garde d’enfants.
Le secteur privé a également joué un rôle en introduisant des politiques favorables à la famille sur le lieu de travail.
Notamment un congé de maternité de six mois, des horaires de travail flexibles pour les parents et une aide financière pour les dépenses familiales.
À la 20ᵉ place d’un classement sur la parentalité

Photo du rapport « Women, Business, and the Law 2024 » (Les femmes, les affaires et la loi en 2024).
Un dialogue sur les initiatives favorables à la famille, organisé par le Bureau du Conseil national de développement économique et social (NESDC), la Fondation thaïlandaise pour la promotion de la santé (ThaiHealth) et d’autres partenaires, a récemment eu lieu.
Lors de cette rencontre, le secrétaire général adjoint du NESDC, Worawan Plikhamin, a souligné le mauvais classement international de la Thaïlande dans le rapport « Les femmes, les affaires et la loi en 2024 » du World Bank Group.
La Thaïlande n’a obtenu que 20 points sur 100 dans la catégorie « parentalité » en raison de lacunes réglementaires qui ne soutiennent pas la parentalité et d’un manque de systèmes adéquats pour alléger le fardeau des parents.
Natthaya Boonpakdee, directrice du bureau de soutien au bien-être des enfants, des jeunes et des familles pour la ThaiHealth, a fait remarquer :
« La conception de lieux de travail favorables à la famille doit tenir compte des défis auxquels les employés sont confrontés, en particulier l’endettement des ménages, qui affecte directement la stabilité familiale et la décision d’avoir des enfants. »
Selon l’enquête sur l’endettement des ménages réalisée en 2024 par l’Université de la Chambre de commerce thaïlandaise, les ménages thaïlandais ont une dette moyenne de 606 378 bahts (16 615 euros), soit une augmentation de 47 000 bahts (1287 euros) par rapport à 2023.
Voir : L’endettement des ménages en Thaïlande est une préoccupation majeure
Les principales causes sont l’insuffisance des revenus (14%), l’augmentation du coût de la vie (12%) et l’accroissement des charges financières familiales (11,2%).
Voir aussi :
Baisse du taux de natalité : la Thaïlande doit aider les célibataires à trouver l’amour
La Thaïlande va encourager l’insémination artificielle pour augmenter la natalité
Les Thaïlandais sont de plus en plus nombreux à ne pas vouloir se marier
Source : The Nation Thailand
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3 commentaires
Je ne vais pas m’attarder ici sur le problème de la natalité qui constitue un choix personnel des femmes thaïlandaises et des couples, qui ne désirent pas prendre en charge la conception et l’éducation d’un ou de plusieurs enfants, mais sur le problème de l’endettement qui en est l’une des causes de cette dénatalité.
En 2024, la dette moyenne d’un ménage thaïlandais (soit un couple avec ou sans enfant) est donc en hausse et s’élève à 606.378 baths, ce qui constitue une dette mensuelle moyenne de 50 531 bats, si le couple veut se débarrasser de cette dette sur un an, sans compter les intérêts de celle-ci, qui peuvent correspondre parfois à plus de 20 à 30 % du capital en cas de prêt privé auprès d’un prêteur sur gage ou d’un usurier…
Autant dire mission impossible pour la plupart des thaïlandais(e)s dont le salaire moyen peut s’évaluer à 20 000 baths mensuels, raison pour laquelle, la dette de la plupart des ménages s’étale sur 20 ou 30 ans quand tout va bien, et ne paie que les intérêts en remettant le paiement du capital à plus tard quand ils sont pris à la gorge par leur situation financière catastrophique !!!
Bref, c’est un gros problème d’économie interne que la Thailande s’est toujours montrée depuis plusieurs décennies, incapable de résoudre (notamment dans son incapacité à lutter contre les prêts illégaux usuriers) par la mise en place d’une législation plus restrictive des conditions de prêts aux particuliers par les banques et officines de prêts…
Sans une refonte complète de ce secteur économique, un grand nombre de thaïlandais vivront dans une pauvreté et une situation financière précaire toute leur vie.
Très vrai.
Beaucoup de Thaïs ont aussi des terrains hypothéqués à la Banque, sur lesquels ils ne paient que les intérêts du prêt, laissant à leurs enfants le soin de régler le problème.
Mais sur le niveau de vie en général, il faut prendre en compte l’école qui est loin d’être gratuite, la santé, payante si on veut bien se faire soigner, l’épargne pour la retraite (car avec 600 baths par mois, on ne va pas loin, même pour les Thaïs).
Je vais ajouter un point qu’on oublie souvent.
Nous, en Europe, nous construisons un patrimoine avec notamment l’immobilier.
En effet, une maison ou un appartement se déprécie rarement en France et se revend plutôt bien et rapidement.
Ce n’est pas le cas ici : que reste-t-il d’une maison construite dans un mooban après 20 ans (la durée minimum du prêt) ?
Est-ce vendable ? bof rapidement ? bof bof.
De ce fait, chaque génération repart de zéro et parfois moins s’il faut rembourser les prêts des parents à la banque.
On peut comprendre facilement que faire un enfant n’est pas une priorité.
C’est bien, comme vous le dites, un problème simplement financier.
J’avais vu une étude au début des années 2010 en France, où l’on disait qu’un enfant coûtait de la naissance à 20 ans dans les 180 000 € tout compris.
Avec l’inflation on a dépassé les 200 000 €
Il y avait aussi, par âge, le coût qui était totalement disproportionné par rapport aux jugements de divorce.
J’ai bien peur que les thaïlandais soit plus pragmatiques, meilleurs gestionnaires que nous, Français.
Éduquer un enfant est ruineux, deux une folie.