La prochaine révolution numérique est porteuse de grandes promesses pour la Thaïlande et ses habitants, mais aussi de grands périls.
Le concept de « métavers », défini au sens large comme l’utilisation de technologies avancées pour créer une réalité virtuelle sans limites, n’est pas nouveau, mais il a récemment attiré l’attention du monde entier.
La course à la suprématie technologique
Après l’annonce ambitieuse de Facebook de changer son nom en « Meta » et de créer son propre « Métavers », des entreprises de technologie et de divertissement du monde entier ont pris le train en marche.
Bien que le métavers n’en soit encore qu’à ses débuts, il va se développer du jour au lendemain grâce à la course à la suprématie technologique.
Cela soulève donc une question simple mais intrigante : Les États-nations sont-ils prêts pour cette prochaine révolution numérique ?
Il va sans dire que les pays dotés de prouesses technologiques ont l’avantage du premier arrivé.
Séoul, la capitale de la Corée du Sud, a pris les devants et annoncé un plan quinquennal pour se transformer en « Metaverse Seoul ».
Grâce à la plateforme Metaverse, les utilisateurs pourront déposer virtuellement des plaintes administratives, assister à des événements culturels et visiter des sites touristiques, y compris des remodelages de monuments détruits.
Le succès de Séoul renforcera les réserves déjà impressionnantes de soft power de la Corée du Sud.
Pendant ce temps, en Chine, des géants de la technologie tels que Tencent et Alibaba avancent dans la mise en place de leurs « objets de collection numériques » – un équivalent des jetons non fongibles (NFT) – pour ouvrir la voie à un métavers à part entière.
Le gouvernement chinois a adopté une position prudente à l’égard des métavers.
Néanmoins, en tant que fournisseur de services de télécommunications dans de nombreux pays, la Chine a le potentiel pour commander des applications métavers mondiales et modifier le paysage géopolitique.
La Thaïlande enthousiaste

La vague des métavers est accueillie avec enthousiasme par les secteurs public et privé en Thaïlande.
Après tout, la Thaïlande est l’un des pionniers de l’Asie du Sud-Est en matière de commerce électronique et de technologie 5G.
En outre, le metaverse est compatible avec l’initiative Thaïlande 4.0, qui vise à transformer le pays en une économie fondée sur la valeur et tirée par la technologie, l’innovation et la créativité.
Des développements substantiels du métavers sont déjà visibles en Thaïlande.
Par exemple, « Metaverse Thailand », un projet géré par la société fintech A-PLUS de Singapour, a lancé une plateforme d’achat de terrains (version bêta) permettant aux utilisateurs d’acheter et de développer des biens immobiliers virtuels.
Dans le domaine de la vente au détail, Siam Piwat, qui est surtout connu pour gérer les centres commerciaux emblématiques de Bangkok, a dévoilé sa « stratégie du monde parallèle » et établi un partenariat avec une société de conseil en actifs numériques, XSpring Digital, afin d’améliorer les expériences d’achat en ligne.
Au niveau national, la reconnaissance du métavers par la Thaïlande est soulignée par la création récente d’un terme thaïlandais pour « métavers » – le mot se traduit littéralement par « univers nouvellement construit » – par la Royal Society, une agence gouvernementale chargée de surveiller l’utilisation de la langue officielle du pays.
Malgré ces signes prometteurs, la Thaïlande a encore un long chemin à parcourir.
Les dangers du Metaverse
Les organisations publiques et privées du pays restent très vulnérables aux cyberattaques.
Plusieurs cas très médiatisés ont eu lieu au cours des deux dernières années, allant de la fuite des données de 106 millions de visiteurs internationaux à des attaques contre des hôpitaux publics, des banques, Bangkok Airways et AXA Insurance.
Voir : Fraude massive sur les comptes bancaires en ligne en Thaïlande
Conscient de l’expansion de la cybermenace, le gouvernement thaïlandais a consacré de l’énergie et des ressources au renforcement de sa posture de cyberdéfense.
La loi sur la cybersécurité de 2019, confère au gouvernement l’autorité de traiter les menaces de sécurité et le centre anti-fake news ont été mis en place.
Si ces réglementations ont aidé le gouvernement à traquer les cybercriminels, elles ont également alimenté l’autoritarisme numérique.
Dans un contexte d’intolérance et de contestation politique croissantes, ainsi que de résistance de la jeunesse, la surveillance en ligne rigide du gouvernement thaïlandais est largement perçue comme une tentative secrète de réduire l’opposition au silence.
Le cyberespace thaïlandais est devenu un nouveau domaine de contestation politique et, dans le métavers où les gens interagiront très probablement à l’aide d’avatars et de voix modifiées, la diffusion de désinformation, d’extrémisme idéologique et de contenu malveillant risque de proliférer.
Toutes les parties – l’État, les factions de l’opposition, les réformistes et les groupes extrémistes – tireront parti de la nouvelle plate-forme pour leurs propres intérêts, ce qui pourrait sérieusement perturber l’ordre social.
Anticipant ce défi, le gouvernement thaïlandais conservateur renforcera ses efforts de surveillance en ligne, ce qui, à son tour, provoquera les jeunes férus de technologie qui privilégient la vie privée et la liberté d’expression.
Par conséquent, cela pourrait pousser la Thaïlande vers un avenir de plus en plus orwellien dominé par la surveillance de masse.
Au-delà de la cybersécurité, il existe déjà de grandes disparités dans l’accès à l’internet et aux infrastructures numériques entre Bangkok et le reste du pays.
Et, avec la nouvelle fusion commerciale entre deux des trois grands opérateurs de télécommunications thaïlandais, True du groupe Charoen Pokphand (CP) et DTAC du groupe norvégien Telenor, le public s’inquiète de plus en plus des monopoles nuisibles.
Le métavers pourrait exacerber ces problèmes et laisser de nombreuses personnes encore plus à la traîne.
Le métavers offre de nombreuses possibilités nouvelles et passionnantes.
Cependant, à l’heure actuelle, l’État thaïlandais ne semble pas équipé pour faire face à ses sombres perturbations.
Pour mieux se préparer à l’inévitable avenir du métavers, il est impératif que la Thaïlande s’attaque aux problèmes structurels persistants, tels que l’inégalité technologique et les lacunes de la cyberlégislation.
Ce ne sera pas une tâche facile.
Voir aussi :
L’Autorité du Tourisme de Thaïlande veut créer une entreprise numérique
Source : The Diplomat
Liens utiles pour préparer votre voyage en Thaïlande
Souscrire une assurance voyage
Réserver bus, train et bateau en Thaïlande
Gérer son argent en voyage avec Wise
Voyage sur mesure avec Evaneos
Vous pouvez nous suivre sur :
Twitter, LinkedIn, Facebook, Google News
3 commentaires
L’avarice thaï va se jeter sur le metavers qui les dispensera d’être humains puisque le farang payera toujours, mais aura maison et terrain virtuel en contre partie, c est-à-dire, du vent.
Avant de créer un univers « metavers », virtuel et potentiellement inexistant biologiquement parlant, peut-être que les dirigeants qui vont mettre en œuvre ce monde parallèle devraient réfléchir à la manière de mieux faire fonctionner le monde qui existe réellement pour diminuer ou mieux supprimer les inégalités, les injustices, les conflits, trafics de toute sorte et la criminalité internationale…
Mais tout ça, n’a aucune importance, puisque la valeur intellectuelle de la personne humaine et les valeurs sociales globales de l’humanité n’existeront plus, remplacée par les règles d’un chaos virtuel mondial…
Bienvenue à tous dans le néant !
Mouais quand on voit déjà tout les disfonctionnements administratifs et autres, sans parler des employés ayant déjà du mal à travailler sur un simple pc je ne les vois pas se mettre à fond dans le metavers…
Encore des annonces spectaculaires et dénué de sens.