La Thaïlande va légaliser l’avortement jusqu’à 20 semaines, assouplissant ainsi l’accès des femmes enceintes à cette procédure médicale jusqu’alors limitée.
Une femme en Thaïlande qui n’a pas plus de 20 semaines de grossesse pourra demander un avortement légal, avec la consultation préalable d’un médecin, qui sera effectué par un professionnel de la santé, selon un décret du ministère de la Santé publique, qui a été publié dans la Gazette royale le 26 septembre et qui entrera en vigueur après 30 jours.
Le porte-parole adjoint du gouvernement, Traisuree Traisoranakul, a déclaré le mardi 27 septembre que l’édit a défini la procédure à laquelle une femme enceinte qui souhaite avorter doit se conformer.
Elle doit commencer par contacter un établissement médical, désigné par le ministère des Services de santé, notifier ses souhaits aux responsables et bénéficier d’une consultation et de conseils.
La notification de consultation peut se faire en personne, par écrit, par téléphone ou par d’autres voies électroniques, après quoi le personnel médical vérifiera sa grossesse, afin de déterminer si elle répond aux exigences, a précisé Mme Traisuree.
Si une femme enceinte de moins de 12 semaines insiste pour se faire avorter, le professionnel de santé pratiquera la procédure appropriée.
En revanche, si elle est enceinte de plus de 20 semaines, son médecin prendra des mesures pour s’assurer que la femme bénéficie d’une protection sociale appropriée pendant sa grossesse et pour élever son enfant.
Le décret précise que les femmes qui demandent un avortement doivent être traitées avec respect et bienveillance, sans être stigmatisées pour leur décision d’avorter ou pour le comportement qui a entraîné la grossesse.
Des informations médicales de base sur l’avortement doivent être fournies aux femmes de manière à ce qu’elles ne soient pas persuadées ou poussées à prendre des décisions contre leur gré.
Plus important encore, l’ensemble du processus doit rester strictement confidentiel, a-t-elle ajouté.
Voir aussi :
Le projet de loi historique sur l’avortement en Thaïlande a été adopté
Source : Thai PBS World
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1 commentaire
L’avortement légal porté à 20 semaines en Thaïlande est une bonne chose en regard d’un manque de méthodologie, de pédagogie et d’éducation sexuelle globale dans les écoles secondaires.
En effet, les cours d’éducation sexuelle ne sont pas systématiques à partir de 12 ans, et quand ils existent et sont donnés, ce sont des cours abordant uniquement le côté « biologique et physiologique » de la sexualité, sans aborder le côté moral et social ainsi que les notions de plaisir, de jouissance, d’orgasmes des rapports sexuels, ce qui engendre de nombreuses grossesses non désirées chez des jeunes filles entre 13 et 16-17 ans, après des rapports non-protégés.
Quelques associations éducatives ou l’initiative de professeurs apparaissent de plus en plus et surtout, des sites de discussions sur les réseaux sociaux restent la plus grosse part de documentation des jeunes adolescent(e)s thailandais(e)s… avec aussi le risque des dérives à travers les sites érotiques et pornographiques sur internet.
Dans les régions rurales, le manque d’instruction des parents n’aide pas à concevoir un dialogue franc et direct entre générations, d’autant plus qu’une part de diverses superstitions et de tabous dans le domaine du sexe persistent encore de nos jours dans les milieux peu scolarisés de la population des campagnes.
Il faut rappeler que la première loi sur l’avortement (qui l’autorisait jusqu’à 12 semaines) ne date que du début de l’année 2021, soit à peine depuis 20 mois, et qu’auparavant, jusque fin 2020, l’avortement était tout simplement interdit et donc clandestin, ce qui conduisait à des situations dramatiques avec des mutilations et des décès de jeunes adolescentes enceintes, condamnées à avorter sans l’aide d’une assistance médicale adéquate.
La Thaïlande avance dans le bon sens, mais devrait également penser à mieux organiser les informations médicales et l’éducation sexuelle dans les écoles et les régions rurales à partir de 11-12 ans, avec une plus grande facilité et autonomie d’accès aux méthodes contraceptives à partir de 14 ans.