La Birmanie s’attaque enfin sérieusement aux centres d’appel frauduleux, détruit des bâtiments, mais provoque des dégâts en Thaïlande.
Le centre de fraude Shwe Kokko a été saisi le 19 novembre, entraînant l’arrestation de plus de 300 ressortissants chinois, tandis que les explosions du KK Park ont endommagé des habitations à la frontière thaïlandaise.
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Opération militaire majeure contre le complexe de Shwe Kokko

Employés du centre d’appel de Shwe Kokko arrêtés par les militaires birmans. Photo : The Nation Thailand.
Le 19 novembre 2025, des journalistes présents le long de la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie, dans la province de Tak, ont confirmé une opération militaire majeure.
L’armée birmane, la police de Myawaddy et la Force de garde-frontières karen (BGF) ont lancé une offensive de grande envergure pour reprendre le contrôle du complexe frauduleux de Shwe Kokko, dans la commune de Myawaddy, dans l’État karen.
Auparavant, ces centres étaient sous le contrôle et protégés par la BGF (Karen Border Guard Force), une force karen intégrée à la junte birmane.
Suite aux pressions de la Chine et à des menaces de la Thaïlande d’actions en justice contre les dirigeants de la BGF, ils semblent avoir décidé de se retourner contre leurs anciens associés, les mafias chinoises qui gèrent ces centres d’escroqueries.
Voir : La Thaïlande veut des mandats d’arrêts contre des alliés de la junte birmane
Le complexe de Shwe Kokko est situé en face de Ban Wang Pha, dans le district de Mae Ramat, et de Ban Wang Kaew et Mae Pa, dans le district de Mae Sot, province de Tak.
Les autorités ont arrêté 346 ressortissants étrangers, pour la plupart chinois, et les ont détenus dans un bâtiment sécurisé.

Matériel informatique trouvé dans le centre d’appel de Shwe Kokko. Photo The Nation Thailand
Les agents birmans ont également saisi une grande quantité de matériel utilisé pour des activités illégales, notamment des ordinateurs, des ordinateurs portables et des téléphones mobiles, qui seront examinés comme preuves en vue de poursuites.
La zone a été bouclée afin d’empêcher les ressortissants étrangers de s’enfuir.
La BGF impose un contrôle strict des déplacements

Le lieutenant-colonel Nay Maung Soe, commandant adjoint de la Brigade des gardes-frontières (BGF) à Myawaddy, dans l’État de Kayin, en Birmanie.
Les responsables de la BGF ont déclaré que Shwe Kokko était désormais sous contrôle strict :
- Les étrangers ne sont pas autorisés à quitter la zone.
- Seuls les citoyens birmans et les résidents locaux munis d’une carte d’identité délivrée par la BGF peuvent entrer ou sortir de la zone.
L’armée birmane, la BGF et la police de Myawaddy poursuivront leur répression contre les réseaux d’escroquerie dans la région.
Les explosions lors de la démolition du parc KK ont provoqué des ondes de choc en Thaïlande

Photo du parc KK en Birmanie, prise depuis la Thaïlande, avant sa démolition. Photo : Orfonline
Des informations indiquent que les forces birmanes, en collaboration avec la BGF, ont poursuivi la démolition du complexe frauduleux « KK Park », géré par des Chinois, dans la région d’Aeng Jemeang, à Myawaddy.
Le site se trouve juste en face de Ban Mae Ku Mai Tha Sung, village 9, sous-district de Mae Ku, district de Mae Sot, en Thaïlande.
Les explosions continues utilisées pour détruire le complexe ont causé des dégâts importants aux habitations thaïlandaises, des débris métalliques et des fragments de béton ayant été projetés au-dessus de la rivière Moei vers le côté thaïlandais.
Les explosions bruyantes et les secousses ont également causé une grave détresse psychologique parmi les habitants de la frontière thaïlandaise.
Cinq maisons thaïlandaises endommagées par les explosions
Dans la soirée du 18 novembre 2025, les forces birmanes ont fait exploser deux fois des explosifs dans des bâtiments administratifs à l’intérieur du KK Park.
Les ondes de choc ont secoué les communautés thaïlandaises voisines et endommagé au moins cinq maisons, notamment :
- Natthawat Wongwaew – dommages récurrents pour la 52ᵉ fois ; effondrement du plafond, chute des spots encastrés, fissures dans les murs et détachement de la porte coulissante en verre.
- Saichon Kampaeng – panneaux de plafond tombés et devant être remplacés.
- Chan Watha – grand trou dans le plafond.
- Nongkran Chaimon – porte d’entrée délogée.
- Phairoj Chimket – effondrement du plafond.
Les habitants signalent que les dégâts causés aux maisons par les explosions à la frontière sont de plus en plus fréquents.
- La Birmanie a repris le contrôle du centre d’escroquerie de Shwe Kokko et arrêté 346 ressortissants étrangers, majoritairement chinois.
- La BGF impose désormais un contrôle strict des entrées et sorties dans la zone, jusque-là protégée par ses propres forces.
- La démolition du complexe KK Park a provoqué des explosions qui ont endommagé au moins cinq maisons en Thaïlande, causant une forte détresse parmi les riverains.
Voir aussi :
Thaïlande : nouveau kidnapping de Chinois par les centres d’appel birmans
Cambodge : mort atroce d’un Thaïlandais torturé dans un centre d’appel
Le Cambodge provoquerait la Thaïlande pour protéger ses centres d’escrocs
Coup dur pour les cybercriminels au Cambodge et en Birmanie
Le FBI et huit pays avec la Thaïlande contre les centres d’appels cambodgiens
Source : The Nation Thailand
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1 commentaire
Comme le dit l’article : « ENFIN » !!!
Reste à savoir comment les forces militaires vont gérer cette nouvelle situation géopolitique dans les jours, semaines et mois à venir.
Quand à la méthode utilisée pour la destruction des bâtiments, on peut se poser des questions sur la capacité de l’Armée birmane et des milices armées à maitriser et contrôler des explosions programmées sur des cibles connues…
La destruction des bâtiments aurait pu se faire à l’aide d’outils de chantier, de bulldozers, de grues, de pelleteuses et non pas d’explosifs, afin d’épargner les dégâts collatéraux aux maisons thaïlandaises se trouvant à plusieurs centaines de mètres du lieu des explosions.
Les militaires birmans n’ont apparemment pas suffisamment de connaissances techniques et logistiques dans le domaine spécifique du minage de bâtiments quand à la quantité, au type d’explosifs à utiliser et à la manière de les placer dans les bâtiments à détruire, pour limiter l’impact de destruction à la zone exclusive visée, sans provoquer d’autres dégâts civils dans un rayon de plusieurs centaines de mètres !!!
Mais la lutte contre les centres birmans n’est pas terminée pour autant, et plusieurs autres sites, situés plus au nord, à proximité des frontières thaïlandaises et laotiennes et plus proches de la frontière sud de la Chine, sont toujours actifs, à moins que, pris de panique, les antennes mafieuses qui opèrent dans cette région, craignant une opération militaire similaire à leur encontre, ne décident de déserter en laissant (peut-être) leurs travailleurs forcés sur place et en vie !
Cette région est aussi celle de la production des drogues de synthèse (amphétamines « ya ba ») et de l’exploitation des terres rares qui rejettent dans les rivières qui continuent leur course dans les vallées thaïlandaises de la province de Chiang Rai, des quantités toxiques d’arsenic et de métaux lourds…
Problème qui est repassé dans la rubrique obscure et silencieuse de l’actualité, mais toujours existant et non résolu, malgré l’installation de barrages filtrants dont l’efficacité réelle à 100% peut être mise en doute à long terme sur la santé des populations vivant dans ces régions polluées, essentiellement des zones agricoles qui utilisent l’eau de ces rivières pour leurs cultures et leur alimentation !!!
Pour en revenir aux centres d’appels, je serais curieux de constater, dans les jours ou semaines à venir, l’impact psychologique (en supposant qu’il y ait une réaction quelconque, ce qui n’est pas garanti !) de cette opération sur l’attitude des autorités cambodgiennes et des cartels mafieux liés à la bonne centaine de centres installés au Cambodge, dont le démantèlement prévu dans l’accord de cessez-le-feu imposé par Donald Trump entre la Thaïlande et le Cambodge n’a toujours pas été suivi d’effet quel qu’il soit…
Tout ce qui tombe de ces bâtiments, ce sont les esclaves torturés qui se suicident en se jetant par une fenêtre des étages supérieurs !!!