Le conflit Israël-Iran, bien que centré au Moyen-Orient, pourrait avoir des répercussions économiques majeures sur la Thaïlande.
L’escalade du conflit israélo-iranien, marquée par des actions militaires récentes telles que l’opération « Lion ascendant » menée par Israël le 13 juin 2025 et les frappes de représailles de l’Iran, a des répercussions sur les marchés mondiaux et la géopolitique.
Bien que la Thaïlande soit géographiquement éloignée du Moyen-Orient, son économie ouverte et dépendante du commerce est vulnérable aux retombées de ce conflit.
Chocs des prix de l’énergie et pressions inflationnistes
L’économie thaïlandaise, fortement dépendante des importations de pétrole et de gaz, est particulièrement sensible aux perturbations des marchés mondiaux de l’énergie.
L’Iran, membre clé de l’OPEP, joue un rôle essentiel dans l’approvisionnement mondial en pétrole, et son contrôle du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du commerce mondial du pétrole, amplifie son influence.
Les récentes hostilités entre Israël et l’Iran ont déjà fait grimper les prix du pétrole, les contrats à terme sur le Brent ayant bondi en raison des craintes de perturbations de l’approvisionnement.
Pour la Thaïlande, qui importe plus de 80 % de ses besoins énergétiques, cela se traduit par une hausse des coûts du carburant et de l’électricité.
La hausse des prix de l’énergie risque d’alimenter l’inflation, augmentant le coût des transports, de la fabrication et des biens de consommation.
Le secteur industriel thaïlandais, notamment l’automobile et l’électronique, pourrait voir ses marges se réduire, tandis que les ménages pourraient subir une augmentation du coût de la vie, en particulier pour l’alimentation et les services publics.
Le gouvernement thaïlandais, déjà aux prises avec la reprise économique post-COVID, pourrait devoir mettre en place des subventions ou puiser dans ses réserves stratégiques de pétrole pour stabiliser les prix.
Toutefois, un conflit prolongé ou un blocus iranien du détroit pourrait exacerber ces pressions, ralentissant potentiellement la croissance du PIB thaïlandais, qui devrait atteindre 2,5 à 3 % en 2025.
Perturbations du commerce et du transport maritime
Le conflit entre Israël et l’Iran a des répercussions dans la mer Rouge, où les attaques des Houthis soutenus par l’Iran ont perturbé les routes maritimes essentielles au commerce entre l’Asie et l’Europe.
La Thaïlande, grand exportateur de riz, de caoutchouc et de produits électroniques, dépend de ces routes pour atteindre les marchés du Moyen-Orient et d’Europe.
L’augmentation des coûts de transport et les retards dus au détournement des routes autour des zones de conflit pourraient nuire à la compétitivité des exportations thaïlandaises.
Par exemple, les tarifs du fret conteneurisé ont déjà augmenté de 20 à 30 % sur certaines routes depuis l’intensification du conflit, ce qui a un impact sur les marges bénéficiaires des exportateurs thaïlandais.
À l’inverse, la Thaïlande pourrait bénéficier des changements dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Alors que les marchés du Moyen-Orient sont confrontés à l’instabilité, les produits agricoles thaïlandais tels que le riz et les conserves de fruits de mer pourraient voir leur demande augmenter sur d’autres marchés.
Le gouvernement devrait négocier de manière proactive des accords commerciaux avec les régions non touchées, telles que l’Asie du Sud-Est ou l’Amérique latine, afin de compenser les pertes.
Le tourisme thaïlandais face aux incertitudes géopolitiques
Le tourisme, qui représente près de 12 % du PIB thaïlandais, reste un sujet de préoccupation majeur.
Israël est depuis longtemps un contributeur clé du secteur touristique thaïlandais, avec des millions de visiteurs israéliens chaque année.
Cependant, le conflit en cours, combiné à la suspension des vols et aux difficultés économiques en Israël, soulignées par une baisse du PIB prévue en 2024, pourrait réduire considérablement le nombre de touristes israéliens.
Cet impact pourrait être encore aggravé si l’instabilité dans l’ensemble du Moyen-Orient décourage les voyageurs des régions voisines.
Toutefois, la réputation de la Thaïlande en tant que destination neutre et sûre pourrait attirer des touristes d’autres régions à la recherche d’alternatives aux zones touchées par les conflits.
Pour tirer parti de cette situation, l’Office national du tourisme thaïlandais doit intensifier ses campagnes de marketing en mettant l’accent sur la sécurité et l’accessibilité financière, en ciblant des marchés tels que la Chine, l’Inde et l’Europe.
Le renforcement des mesures de sécurité dans les centres touristiques tels que Bangkok, Phuket et Chiang Mai sera également essentiel pour maintenir la confiance.
Cette nécessité s’explique notamment par les incidents passés, comme l’attentat à la bombe de 2012 à Bangkok, attribué à l’Iran, qui visait des intérêts israéliens.
Voir aussi :
La tension monte entre la Thaïlande et le Cambodge : une guerre en vue ?
Une compagnie Thaïlandaise condamnée par les USA pour avoir commercé avec l’Iran
Source : Thailand Business News
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