À l’heure où la sécurité alimentaire suscite de plus en plus d’inquiétudes dans le monde, le modèle d’économie de suffisance de la Thaïlande pourrait inspirer de nombreux pays.
La Thaïlande bénéficie d’une abondance et d’une diversité de produits agricoles.
La résilience de la Thaïlande en matière de sécurité alimentaire est due en grande partie aux projets de développement de Sa Majesté le Roi Bhumibol Adulyadej pour l’amélioration des moyens de subsistance du peuple thaïlandais, basés sur sa philosophie d’économie de suffisance.
Voir : L’économie d’autosuffisance en Thaïlande, un héritage fondamental
Cette philosophie met en avant les principes fondamentaux de la culture thaïlandaise fondés sur la modération, la prudence et l’auto-immunité.
Elle met l’accent sur la nécessité de vivre selon ses moyens et avec des ressources limitées, ce qui permet de réduire la dépendance à l’égard des externalités et la vulnérabilité à la volatilité du marché, tout en augmentant le contrôle sur les moyens de production et les résultats.
Le modèle Khok Nong Na, issu de la philosophie de l’économie de suffisance, maximise à la fois l’utilisation des terres et la rétention d’eau pour la production agricole.
Le concept prévoit la construction d’un petit déversoir sur une parcelle de terrain qui sert de réservoir pour prévenir les inondations pendant la saison des pluies et de source d’eau pendant la saison sèche.
Khok Nong Na est un amalgame de trois mots thaïlandais :
- Premièrement, une petite crête (khok) est construite en utilisant le sol creusé dans un marécage pour faire pousser des plantes et des fruits pour la nourriture et le revenu du ménage.
- Deuxièmement, un déversoir (nong) traverse la parcelle de terre avec une profondeur suffisante pour stocker l’eau à des fins agricoles tout en assurant l’humidité de la terre tout au long de l’année.
- Troisièmement, il y a la rizière (na) dans laquelle on cultive du riz biologique, sans pesticides, dans le but de restituer les nutriments essentiels au sol.
L’objectif global du modèle Khok Nong Na est de garantir la sécurité alimentaire et financière des plus petites unités de la société, assurant ainsi la résilience du système alimentaire du pays.
Des terres agricoles escarpées du nord aux terrains détrempés du sud, les meilleures pratiques agricoles bien adaptées aux caractéristiques topographiques du pays fournissent un flux constant de produits frais qui ont été tissés dans la riche tapisserie de la cuisine thaïlandaise.
S’appuyant sur l’héritage de son père, Sa Majesté le Roi Maha Vajiralongkorn Phra Vajiraklaochaoyuhua a guidé le peuple thaïlandais dans l’application du modèle Khok Nong Na afin que la résilience du système alimentaire reste l’une des plus grandes réussites de la Thaïlande dans les années à venir.
Wiwat Salyakamthorn, président de l’Association mondiale des sols et ancien vice-ministre de l’agriculture et des coopératives de Thaïlande.
Source : South China Morning Post
Liens utiles pour préparer votre voyage en Thaïlande
Souscrire une assurance voyage
Réserver bus, train et bateau en Thaïlande
Gérer son argent en voyage avec Wise
Voyage sur mesure avec Evaneos
Vous pouvez nous suivre sur :
Twitter, LinkedIn, Facebook, Google News
4 commentaires
Bonjour,
La sagesse des anciens contre les délires technocratiques du FMI.
L’autosuffisance sereine face aux aléas spéculatifs du marché global…
J’ai toujours pensé qu’il est préférable de vivre au plus près de ceux qui me nourrissent.
En Thaïlande, je suis tranquille, car je sais d’où vient mon riz ; je sais d’où viennent mes fruits et légumes préférés ; je sais d’où viennent ma viande et mon poisson.
Et c’est là l’essentiel puisque j’ai appris à me passer des produits occidentaux.
Je sais aussi, pour y avoir séjourné, que dans certains pays d’Afrique les productions locales sont tellement spécialisées et intensives qu’elle sont impropres à l’alimentation de leur population.
Le cacao ivoirien en est le parfait exemple.
Voilà un pays qui ne peut nourrir sa population qu’en important massivement de ses voisins alors que tout y est disponible pour des productions vivrières.
Le malheur étant que les prêts du FMI ne sont remboursables qu’en exportant massivement du…cacao.
Il faut bien constater que la Thaïlande n’est jamais tombée dans ce piège.
Vivre en harmonie avec la nature !
Le plan ci-dessus et les travaux annoncés sont tout le contraire, mais sont le reflet d’une nature totalement travaillé et domestiquée pour produire au maximum et le plus rationnellement possible et c’est très bien si on veut survivre.
Aucun exploitant de la terre ne vit en harmonie avec la nature, parce que la nature n’est pas bonne, elle ne connaît que la loi du plus adapté et est impitoyable avec les faibles et les rêveurs.
L’exploitant agricole, celui qui remplit vos assiettes de doux rêveurs, la nature, il combat, la modifie, la transforme et la conquiert pour en tirer des produits animaux ou végétaux.
Et c’est un très dur combat mené depuis la nuit des temps que ce soit à main nue avec des pauvres outils, avec la force animale ou avec des machines.
Quant au bio, il est actuellement complètement marginal en Thaïlande, certains veulent imposer le modèle bio à toute force, il ferait bien de regarder du côté du Sri Lanka où deux ans de bio imposé ont provoqué une crise alimentaire sans précédent.
Ensuite bio n’est pas sans pesticides, les bio utilisent des pesticides comme tous les agriculteurs, ils sont dits pesticides bio parce qu’issus de plantes ou de minéraux.
Ce n’est pas pour cela qu’ils ne sont pas toxiques.
Regardez le scandale de la roténone il y a 10 ans, insecticide bio impliqué dans un excès de maladies de Parkinson chez les agriculteurs, scandale bien étouffé en France, bravo le big business du bio.
Ce principe disparaît…
L’urbanisation est bien galopante, les unités d’habitation verticale n’ont aucun lopin de terre pour l’autosuffisance !
Il y a une grande différence entre ce qui est officiellement dit et la réalité du terrain.
Ce principe ne disparaît pas, nombreux sont ceux qui reviennent dans les campagnes, suite à l’arrêt de leur travail suite au Covid.