Pour justifier sa demande de prêt de 500 milliards de bahts, le Premier ministre, a déclaré que l’économie thaïlandaise était en crise.
Mais, les partisans et les opposants au projet de portefeuille numérique du gouvernement ne s’accordent pas sur la question de savoir si le pays traverse effectivement une crise économique justifiant cette mesure de relance.
Voir : L’aide financière de 10 000 bahts attaquée de toutes parts en Thaïlande
Des interprétations divergentes
Face à ces différentes interprétations, il serait prudent d’évaluer la situation actuelle en se basant sur les sept évaluations de la Banque mondiale pour définir une crise économique.
La politique controversée du gouvernement consistant à distribuer 10 000 bahts par le biais d’un portefeuille numérique aux citoyens âgés de 16 ans et plus doit pour l’instant retourner à la table de dessin après que le Conseil d’État a jeté de l’eau froide sur le projet proposé.
Le lundi 8 janvier, le conseil a déclaré que le gouvernement avait le pouvoir de promulguer le projet de loi sur l’emprunt pour le plan de relance.
Voir : La Thaïlande autorise l’emprunt pour financer le plan d’aide de 13 milliards d’euros
Mais le conseiller juridique de l’État a estimé que le gouvernement devait prouver l’urgence et les efforts continus pour résoudre la « crise » nationale, comme le stipule l’article 53 de la loi sur la discipline monétaire et fiscale, pour pouvoir poursuivre sa ligne de conduite actuelle.
Par conséquent, il incombe aux agences concernées d’examiner si ce régime remplit ou non ces conditions.
Le 12ᵉ comité sur la théorie économique a conseillé au gouvernement de consulter les agences compétentes et de s’appuyer sur les données économiques pour confirmation.
La question clé qui se pose à propos de la politique du portefeuille numérique est de savoir si l’économie du pays est en crise ou non.
Du point de vue du gouvernement et des économistes qui le soutiennent, il est évident que l’économie est en crise.
Voir : L’économie de la Thaïlande est en crise et a besoin de mesures de relance
Cependant, le camp opposé, ou les agences qui surveillent la situation économique, affirment que l’économie thaïlandaise continue de se développer et ne peut donc pas être considérée comme étant en crise.
Sur la scène internationale, lorsqu’un pays est confronté à une crise économique, il n’y a généralement pas de débat sur la question de savoir s’il s’agit d’une crise ou non.
Par exemple, la Crise économique asiatique de 1997, appelée « Tom Yum Kung » en Thaïlande (nom de la fameuse Soupe à la citronnelle et aux crevettes) et la crise du Covid-19 ont été universellement reconnus et ont nécessité l’intervention du gouvernement sous la forme d’accords de prêt pour y remédier.
7 évaluations de la Banque mondiale pour définir une crise économique

Banque Mondiale. Photo : Land Portal
Le Dr Montri Soktiyanurak, directeur du programme de sciences de gestion pour les cadres supérieurs à l’Institut national d’administration du développement (NIDA), a affirmé que l’économie thaïlandaise se remettait de la pandémie de Covid-19.
L’économie se développe progressivement.
Les économistes du Conseil national de développement économique et social et de la Banque de Thaïlande affirment qu’il ne s’agit pas d’une crise.
Cependant, le gouvernement considère que la lenteur de l’expansion économique et l’importance de la dette publique sont les signes d’une crise.
La définition d’une « crise économique » est légale en vertu de la Constitution et des lois de discipline financière.
Le gouvernement ne peut recourir à la législation sur les prêts ou à des réglementations financières supplémentaires qu’en cas de crise urgente, inévitable et nécessitant une résolution immédiate.
Si les avis divergent sur ce qui constitue une crise économique, la Banque mondiale, une organisation qui suit l’évolution de la situation économique mondiale, a défini des critères pour déterminer si une économie peut être confrontée à des problèmes.
Ces 7 critères sont les suivants :
- Crise des institutions financières
Des banques s’effondrent continuellement, comme en Thaïlande en 1997, entraînant une crise financière qui affecte divers secteurs de l’économie. - Faibles réserves internationales
Réserves internationales inférieures à la norme de la Banque mondiale, qui est de 4,5 fois la valeur mensuelle des importations.
La Thaïlande se classe actuellement au 11ᵉ rang mondial en termes de réserves, ce qui est un signe de stabilité. - Forte inflation
Niveaux d’inflation supérieurs à 40 % par mois ou une augmentation de plus de 5 fois en un an.
L’inflation actuelle en Thaïlande est de 1,5 %, ce qui est considéré comme normal. - Dévaluation monétaire
Une dévaluation sévère et soudaine de la monnaie, comme celle qu’a connue la Thaïlande avant 1997.
La volatilité de la monnaie thaïlandaise est relativement faible, de l’ordre de 6 à 7 %. - Une dette publique élevée
Elle représente actuellement 62 % du produit intérieur brut (PIB), ce qui est inférieur au plafond de 70 % fixé. - Déficit budgétaire chronique
Le déficit de la Thaïlande se situe dans la limite de 20 % prescrite par la Banque mondiale, avec des déficits occasionnels atteignant 30 %. - Contractions économiques consécutives
Deux trimestres consécutifs de croissance négative, ce que la Thaïlande a réussi à éviter.
M. Montri a souligné que pour déterminer si une économie est en crise ou non, il est nécessaire d’adhérer à des critères standardisés tels que ceux fournis par la Banque mondiale.
Cette approche permet de juger sans équivoque si l’économie thaïlandaise est en crise, sans qu’il y ait de conflits internes.
Voir aussi :
La tension monte entre la banque de Thaïlande et le Premier ministre
Source : The Nation Thailand
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4 commentaires
En résumé, si on se réfère aux critères de la banque mondiale, la Thaïlande se porte bien mieux économiquement que beaucoup de pays occidentaux, européens et américains…
En effet, ceux-ci ont des déficits budgétaires dépassant parfois le produit intérieur brut (la Belgique et la France sont dans le cas) et dans la décennie d’avant-covid, on a assisté aux États-Unis et en Europe à des crises et des faillites bancaires en cascade, ce à quoi la Thaïlande a échappé depuis le début de ce 21ᵉ siècle.
Donc, pour moi, la Thaïlande est loin d’avoir l’image d’un pays en crise et au bord de la faillite économique…
Alors à quoi va donc servir cette « prime économique » de 10.000 baths à chaque adulte de plus de 18 ans, qui me fait penser aux « chèques-repas » ou à la prime salariale de fin d’année chez nous…
Cela va donner à certains thaïlandais la possibilité de s’offrir des extras en achats utiles à leur vie quotidienne pendant quelques semaines.
Et cela va nécessairement et tout naturellement augmenter les dépenses des ménages et grossir artificiellement les statistiques économiques du pouvoir d’achat des thaïlandais…
Mais telle une soupe au lait, cette hausse subite va vite retomber et après quelques semaines ou mois d’euphorie au niveau des statistiques officielles, les thaïlandais reviendront à leurs contraintes d’achats, limités à leur budget et leurs revenus normaux.
Pour avoir une hausse du pouvoir d’achat des thaïlandais sur le long terme, et donc augmenter les dépenses domestiques, il faut agir en profondeur sur le pouvoir d’achat de la population avec une inflation la plus faible possible, une valeur monétaire favorable aux exportations, un rendement de la production intérieure en augmentation constante, une politique fiscale épargnant les revenus du travail et un rapport revenus / coût de la vie permettant aux thaïlandais de dépenser davantage et d’emprunter moins…
Mais ce n’est pas en offrant 10.000 baths x1 fois au cours de cette année que les thaïlandais vont, comme par magie, changer leurs habitudes et dépenser plus tout au long de cette année…
Ils ne pourront de toute manière pas dépenser l’argent qu’ils ne gagnent pas !!!
Et l’Etat, quand il aura fini de distribuer cette manne tant attendue par les gagne menus thaïlandais, et que l’effet « hausseur » des dépenses des ménages sera passé, va se retrouver avec une dette d’un prêt de 500 milliards de baths (entre 13 et 14 milliards d’euros) qu’il devra rembourser sans que la hausse du niveau économique des dépenses intérieures ne perdure….
Personnellement (et je ne suis pas un économiste spécialisé et mon raisonnement peut sembler basique pour certains), mais je crains que là, la Thaïlande sera (peut-être) en situation économique bien plus critique qu’actuellement et que la « relance » des dépenses des ménages n’aura été qu’un pétard mouillé d’un prix exorbitant sur le moyen terme pour l’État, et donc pour le peuple qui au final payera, d’une manière ou d’une autre les 10.000 baths que l’on va leur offrir dans quelques mois !
Oui, c’est un autre coup fumant de la famille Shinawatra, comme le coup d’acheter du riz plus cher aux riziculteurs, qui a fait gagner les élection à la sœur de Thaksin mais fait perdre à la Thaïlande sa place de 1ᵉʳ exportateur mondial de riz et a mis en difficulté de nombreux agriculteurs, car le riz n’a pas été payé avant que les militaires ne prennent le pouvoir.
Malheureusement, autant les thaïs que les occidentaux, tombent toujours naïvement dans le piège de ses promesses électorales.
Comme le coup des guerres pour « la démocratie » ou des dirigeants, marionnettes de Washington « pro démocratie ».
Alors que les USA ne sont pas une démocratie, car ce sont ceux qui contrôlent les médias et les politiciens qui dirigent vraiment ce pays.
Enfin, quand on se fait avoir une fois, ce n’est pas grave, mais quand on se fait avoir des dizaines de fois, il y a de quoi s’inquiéter et malheureusement, c’est le cas d’une grande partie de l’humanité.
De tous ces biens pensants, qui s’informent encore via les médias grand public radio ou télé et qui n’ont pas encore compris qu’en faisant cela, ils sont victimes d’une programmation quotidienne qui va grandement les influencer dans le mauvais sens.
Le seul moyen de s’informer intelligemment, c’est d’éteindre sa télé, sa radio et de s’informer par écrit, et toujours regarder plusieurs sources.
Aaaah, Maurice !! Toi… tu lis « R.I » !!!
RI entre autres, car ils ont de nombreux articles qui permettent de voir l’information sur un autre angle, mais il ne faut pas se concentrer sur un seul média, il y a de nombreux spécialistes de géopolitique à suivre sur X (Twitter), et même Elon Musk partage des informations intéressantes dans ce réseau social qui prône aujourd’hui la liberté d’expression et gène énormément ce que Michel Colon, autre personne intéressante à suivre, appel les médias menteurs.
Mais, le propos n’est pas là, comme de nombreuses personnes, j’ai pu constater l’effet nocif d’écouter les informations à la télé ou à la radio, par cet acte, qu’on le veuille ou non, on subit une programmation quotidienne qui va puissamment nous influencer.
Ce qui est clairement ton cas…
Et le seul moyen pour y échapper, pour retrouver sa liberté de penser, c’est d’éteindre sa télé ou sa radio, écouter de la musique, regarder les films sur le net est beaucoup plus sain.
La lecture est le meilleur moyen de s’informer, en plus de suivre des documentaires vidéos comme ceux du Canard Réfractaire à suivre aussi sur X.
On lit les titres, choisit les informations qui nous intéressent, et pouvons approfondir via d’autres sources ensuite.
Cela permet aussi d’échapper à toutes les informations stressantes ou inutiles, sans compter les nombreuses fakes news diffusées à longueur de temps dans les médias officiels.
Une fake news diffusée dans les médias sera accepté par la population comme une vérité, mais sur X (Twitter) sera immédiatement dénoncé comme fausse info avec des preuves et l’intervention de nombreux spécialistes, c’est pour cela qu’ils veulent interdire X !
C’est pour cela aussi que Yahoo actualité a dû supprimer les commentaires, qui dénonçaient les nombreuses fakes news officielles et qui étaient souvent, pour certains, plus intéressants que l’article originel.