Quel impact le changement climatique va-t-il avoir sur la Thaïlande, son économie, son agriculture, sa population et son tourisme ?
Article écrit par le professeur Mingsarn Kaosa-ard, président de la Fondation de l’Institut des politiques publiques :
La hausse des températures met en péril l’économie, le tourisme et la résistance aux catastrophes de la Thaïlande.
Mais, la voie à suivre pour atteindre des objectifs ambitieux en matière de climat reste floue.
La Thaïlande émet moins de 1 % des gaz à effet de serre de la planète, mais elle figure parmi les dix pays les plus gravement touchés par le changement climatique.
C’est une raison importante pour laquelle les Thaïlandais devraient se préoccuper des questions climatiques mondiales.
Une étude réalisée en 2021 par l’institut Swiss Re prévoit que le PIB de la Thaïlande pourrait diminuer de 43,6 % d’ici à 2048 en raison d’une augmentation des températures pouvant atteindre 3,2 °C.
Le changement climatique devrait avoir de lourdes conséquences sur le tourisme thaïlandais, en déplaçant les tendances vers les activités nocturnes et en ayant des effets différents selon les endroits.
Le tourisme sur la côte Andaman, très prisée, bénéficiera de saisons des pluies plus courtes, ce qui permettra de prolonger les périodes d’activité touristique.
Toutefois, les pénuries d’eau dans cette région pourraient s’aggraver.

Femme sur une rizière aride dans la province de Suphanburi en Thaïlande. Photo : Vietnam+
En revanche, le tourisme dans le golfe de Thaïlande sera confronté à une augmentation des précipitations et à une prolongation des saisons des pluies pouvant aller jusqu’à deux semaines.
Cela pourrait avoir des répercussions, notamment sur l’érosion côtière causée par les tempêtes.
Dans le nord de la Thaïlande, le nombre de jours frais devrait diminuer de cinq à dix jours par an au cours des 20 prochaines années et de plus de 20 jours en 50 ans, ce qui aura un impact sur la région.
Le temps frais étant un attrait majeur pour les touristes nationaux.
Les parcs nationaux et les forêts réservées à feuilles caduques ou mixtes seront exposés à un risque accru d’incendies de forêt en raison des conditions plus chaudes et plus sèches.
La région est du pays connaîtra un temps plus chaud.
Bangkok et sa banlieue font partie des dix provinces les plus exposées au risque d’inondation en raison de l’augmentation des précipitations dans le bassin du fleuve Chao Phraya pendant la saison des pluies.
À cela, s’ajoutent les constructions qui entravent l’écoulement des eaux.
Voir : Les inondations à Phuket seraient dues aux nouvelles constructions
L’ancien Premier ministre, Prayut Chan-o-cha, lors de la conférence des Nations unies sur le climat qui s’est tenue à Glasgow en 2021, avait annoncé :
« La Thaïlande vise à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et des émissions nettes de gaz à effet de serre nulles d’ici 2065. »
Avec la coopération et le soutien de la communauté internationale, le pays espère intensifier ses efforts et parvenir à des émissions nettes nulles d’ici à 2050.

Feux de forêts à Chiang Mai. Photo : Thai PBS World
Les experts notent toutefois que les projets de la Thaïlande en matière de lutte contre le réchauffement climatique restent vagues.
Il n’existe pas d’incitations généralisées, tant financières que motivationnelles, pour que les producteurs et les consommateurs s’adaptent.
Selon l’Institut thaïlandais de recherche sur le développement (TDRI), les experts considèrent que les politiques de l’État sont les facteurs les plus critiques, mais aussi les plus incertains pour les perspectives environnementales de la Thaïlande.
Ces facteurs critiques comprennent des questions de clarté, de continuité et d’établissement de normes.
Une mise en œuvre efficace et sérieuse, ainsi que l’intégration et la collaboration entre les différents secteurs, et le développement et la promotion des technologies et infrastructures environnementales sont essentiels pour le développement durable et l’atténuation des impacts.
L’impact du changement climatique est très incertain et varie selon les régions.
Les groupes à faibles revenus peuvent être confrontés à des défis plus importants, car ils sont moins en mesure de quitter les zones à haut risque que les personnes à revenus plus élevés.
La gestion centralisée et l’utilisation de normes uniformes dans divers écosystèmes peuvent compliquer et réduire l’efficacité de la gestion du changement climatique.
Une approche flexible est préférable car elle permet d’atténuer les risques de manière plus efficace.
Pour l’adaptation future au climat, il est essentiel de décentraliser le pouvoir des gouvernements locaux pour qu’ils s’engagent dans la gestion du climat.
La lutte contre le réchauffement de la planète ne peut reposer uniquement sur les politiques de l’État.
Les changements de comportement des consommateurs sont essentiels pour orienter les mécanismes du marché vers le respect de l’environnement.
Lorsque les mécanismes du marché sont efficaces, ils incitent les producteurs à réagir.
Les changements de comportement des consommateurs en matière d’utilisation de l’énergie, d’élimination des déchets et de déchets ménagers sont des mesures que chacun peut prendre aujourd’hui pour contribuer à atténuer le réchauffement de la planète.
Voir aussi :
Comment le changement climatique va affecter la Thaïlande ?
Comment la Thaïlande lutte contre le réchauffement climatique ?
La Thaïlande va-t-elle déplacer Bangkok à cause du changement climatique ?
Turbulence sur le vol de Singapore Airlines : est-ce dû au changement climatique ?
Source : The Nation Thailand
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1 commentaire
C’est du n’importe quoi !
Les pays les plus concernés dans la réduction d’émission de gaz à effet de serre sont les États-Unis (11 %), EU (7 %) et l’Inde (7 %) !
Ne perdez pas de vue la priorité du bien-être du peuple sans pour autant oublier l’importance à réduire ce mal du siècle.