La Thaïlande a rappelé son ambassadeur auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), suite à une protestation de l’Inde le vendredi 1ᵉʳ mars.
L’Inde, exprimant sa profonde déception, a protesté contre les propos tenus par Pimchanok Vonkorpon Pitfield, ambassadeur thaïlandais auprès de l’OMC, lors d’une réunion de consultation qui s’est tenue mardi à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis.
Pimchanok a accusé New Delhi d’exploiter son programme d’achat de riz au prix minimum de soutien (MSP) pour le système de distribution publique, non pas pour le bien-être de ses citoyens, mais pour prendre l’avantage sur le marché de l’exportation.
En réponse à la protestation de l’Inde, la Thaïlande a pris la décision de rappeler son ambassadeur auprès de l’OMC.
Cette décision a été communiquée par des représentants du gouvernement vendredi, signalant un développement important dans les relations diplomatiques entre les deux pays.
Ce rappel intervient dans le cadre de la 13ᵉ conférence ministérielle (CM), qui en est à son cinquième jour de négociations.
La déclaration officielle souligne que Pimchanok a reçu l’ordre de retourner en Thaïlande et qu’elle devrait notamment assumer le rôle de secrétaire d’État aux affaires étrangères thaïlandais dans ce contexte.
Cette décision témoigne du sérieux avec lequel la Thaïlande aborde les retombées diplomatiques résultant des remarques controversées faites par son ambassadeur.
Le représentant du gouvernement indien a souligné que les faits avancés par Pimchanok étaient inexacts et a précisé que le gouvernement n’achetait qu’environ 40 % de la production de paddy pour respecter ses engagements en matière de sécurité alimentaire.
La prééminence de l’Inde dans les exportations mondiales de riz était évidente en 2022, où elle représentait un volume substantiel de 22,24 millions de tonnes, soit 40,63 % des exportations mondiales de riz.
Cependant, en 2023, l’Inde a imposé des restrictions sur l’exportation de brisures et de riz blanc non basmati.
Cette décision a été influencée par les préoccupations entourant les incertitudes de la production de riz, tant au niveau national que dans d’autres nations productrices de riz, attribuées à des facteurs géopolitiques, à El Nino et à des conditions climatiques extrêmes.
Les interdictions d’exportation visaient à stabiliser les prix intérieurs et à assurer une grande disponibilité sur le marché local.
En prenant ces mesures, l’Inde a maintenu sa position de premier pays exportateur de riz au monde de 2018 à 2022, dépassant des acteurs majeurs comme la Thaïlande et le Vietnam.
Malgré les interdictions frappant le riz blanc brisé et non basmati, l’Inde a continué d’exporter du riz basmati et du riz non basmati étuvé.
La Thaïlande est membre du groupe de Cairns, une coalition de 19 nations prônant la libre circulation des produits agricoles sans restrictions, ce qui ajoute une couche supplémentaire aux complexités diplomatiques découlant des commentaires de Pimchanok.
Cette situation souligne la dynamique complexe du commerce agricole mondial et les efforts des nations pour équilibrer leurs priorités nationales et leurs engagements commerciaux internationaux.
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Source : The Nation Thailand
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