Le gouvernement thaïlandais a déposé une plainte auprès du Bureau d’enquête sur la cybercriminalité (CIB) contre Hun Sen.
Le président du Sénat cambodgien est accusé d’avoir menacé la sécurité nationale de la Thaïlande et inciter à la conflictualité après la diffusion d’un enregistrement d’une conversation privée entre lui et la Première ministre thaïlandaise, Paetongtarn Shinawatra, le 15 juin.
Voir : Une trahison de Hun Sen sème la zizanie en Thaïlande : la coalition éclate
Alors que des manifestants en Thaïlande appellent à la démission de Paetongtarn, Hun Sen a posté un message sur Facebook pour rappeler ses liens d’amitié avec la famille Shinawatra.
Somkid Chuekong, secrétaire général adjoint de la Première ministre, a déposé plainte le 20 juin au nom du gouvernement.
Il a déclaré qu’il pensait que Hun Sen avait tiré profit de la fuite de l’enregistrement audio sur les réseaux sociaux et que cette divulgation était motivée par des raisons politiques.
Il a également affirmé que la loi thaïlandaise pouvait potentiellement s’appliquer à Hun Sen.
Dans le même temps, le commissaire du CIB, le lieutenant-général Trairong Phiwpan, a expliqué que la loi thaïlandaise pouvait être appliquée à la fois aux ressortissants thaïlandais et aux étrangers, qu’ils résident en Thaïlande ou à l’étranger, si l’infraction présumée menace la sécurité nationale.
Il a cité l’exemple des escroqueries commises par des centres d’appels à l’étranger comme précédent.
Et le 19 juin, la Thaïlande a aussi accusé le Cambodge d’abriter potentiellement les plus grands réseaux de cybercriminalité au monde, soutenus par l’élite au pouvoir.
Voir : Centres d’appel frauduleux : la Thaïlande met en cause l’élite cambodgienne
Après avoir reçu la plainte, Trairong a déclaré que le CIB tentera de déterminer la source de la fuite.
Si celle-ci se trouve à l’étranger, le bureau consultera le bureau du procureur général et coordonnera avec l’ambassade du Cambodge pour signifier les documents officiels au suspect.
À ce stade, Trairong a déclaré qu’il ne souhaitait pas spéculer sur la possibilité que Hun Sen soit traduit en justice en Thaïlande.
Hun Sen remue le couteau dans la plaie

Hun Sen montre l’une des deux pièces nommées en l’honneur de Thaksin et Yingluck à la Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra et à son mari, Pitaka Suksawat, lors de sa visite privée à sa maison en avril 20225. Photo : compte Facebook de Samdech Hun Sen
Alors que de nombreux thaïlandais dénoncent les liens entre la famille de Hun Sen et la famille Shinawatra, le vendredi 20 juin, l’ancien Premier ministre cambodgien Hun Sen a posté un message surprenant sur son compte Facebook.
Il raconte qu’il a donné le nom de deux anciens Premiers ministres thaïlandais, Thaksin et Yingluck Shinawatra, à deux pièces de sa maison, en hommage à leurs visites dans son pays.
La Première ministre Paetongtarn Shinawatra et son mari les avaient visitées lors d’un dîner privé à son domicile, en marge de sa visite officielle au Cambodge en avril 2025, indique le message.
« Avant de partir, la Première ministre thaïlandaise a demandé à voir les chambres où son père et sa tante avaient séjourné », a-t-il déclaré.
« Ma maison avait conservé deux chambres pour eux.
L’une a été baptisée « chambre Thaksin » et l’autre « chambre Yingluck ».
Le mari de la Première ministre thaïlandaise a pris des photos et des vidéos des deux chambres », a-t-il ajouté.
Hun Sen a également appelé Mme Paetongtarn par son surnom, Ung Ing, dans son message.
Rupture des liens familiaux suite à la trahison d’Hun Sen

L’ancien Premier ministre cambodgien Hun Sen pose pour une photo lors de sa rencontre avec l’ancien Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra à Bangkok en Thaïlande. Photo publiée le 21 février 2024 par Hun Sen sur son compte Facebook
Hun Sen a confirmé que la conversation avait bien eu lieu le dimanche 15 juin, en présence du vice-gouverneur de Phnom Penh, Khleang Huot, qui servait d’interprète.
Mais il a nié avoir divulgué la conversation au public, affirmant qu’elle avait été publiée par un « fonctionnaire cambodgien » qui cherchait à le protéger, lui et son fils, le Premier ministre Hun Manet, après qu’ils aient été qualifiés de « non professionnels ».
Lors de la discussion, Paetongtarn a tenté de se mettre de son côté face aux militaires thaïlandais et s’est servie des liens d’amitié entre les deux familles, en l’appelant affectueusement « Oncle ».
Content de la conversation, Hun Sen a envoyé l’enregistrement à de nombreux responsables cambodgiens, se doutant bien qu’il allait être divulgué et provoquer un scandale en Thaïlande.
Sa trahison met la fille de son « grand ami Thaksin » dans une situation difficile.
Voir : Crise politique majeure en Thaïlande : démission, élections ou coup d’État ?
« Une relation de plus de 30 ans entre les deux familles a été détruite par la divulgation d’une conversation téléphonique par un fonctionnaire cambodgien », a-t-il écrit narquois.
Hun Sen s’est dit attristé par la fin de ces liens de longue date, a rapporté le Khmer Times dans un article intitulé « Le président du Sénat : 30 ans de liens familiaux avec Thaksin Shinawatra rompus à la suite d’une fuite téléphonique ».
Mme Paetongtarn a ensuite qualifié la divulgation de la conversation d’immorale.
Le manoir de Hun Sen se trouve dans la ville de Takmao, dans la province de Kandal, non loin de la capitale Phnom Penh.
Voir aussi :
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Source : Thai PBS World, Bangkok Post
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