Le cannabis devrait bientôt être réservé aux seuls patients munis d’un certificat médical en Thaïlande, selon le ministère de la Santé.
Le ministre de la Santé publique, Somsak Thepsutin, a déclaré que les consommateurs de cannabis en Thaïlande devront présenter un certificat médical afin de garantir que la plante est utilisée à des fins médicales uniquement.
Cette annonce est le dernier rebondissement d’un long et confus processus visant à réglementer la consommation de cannabis depuis sa dépénalisation il y a près de trois ans.
L’ancien gouvernement avait eu le projet de re-criminaliser la plante, mais n’a pas pu arriver à ses fins.
Voir : Thaïlande : politique et profits bloquent la recriminalisation du cannabis
Le mercredi 21 mai, lors d’une conférence de presse à Bangkok, M. Somsak, ministre du parti au pouvoir (Pheu Thai), a déclaré :
« Je vais améliorer la réglementation sur la consommation de cannabis en Thaïlande.
Par exemple, les fumeurs de cannabis pourraient devoir présenter un certificat médical.
Les consommateurs de cannabis étrangers et thaïlandais devront avoir un certificat médical.
Nous ordonnerons aux organismes gouvernementaux de continuer à appliquer la loi et de ne laisser aucun problème se développer. »
Le principal changement obligerait les consommateurs de cannabis à posséder un certificat médical, accompagné d’une ordonnance délivrée par un professionnel de santé agréé, qu’il s’agisse d’un praticien de médecine traditionnelle thaïlandaise ou d’un médecin généraliste.
M. Somsak a déclaré qu’il souhaitait que la réglementation soit publiée par le ministère de la Santé publique dans un délai de 40 jours.
Le Dr Somlerk Jeungsmarn, directeur général du Département de médecine traditionnelle et alternative thaïlandaise, a déclaré lors de la conférence de presse que la réglementation devrait préciser clairement que l’usage du cannabis est réservé à des fins médicales.
« À l’avenir, il faudra peut-être des certificats médicaux pour prouver que les consommateurs souffrent de maladies telles que des convulsions, des maux de tête, des douleurs ou de l’insomnie.
Son usage pourrait être soumis à des restrictions, telles qu’une dose autorisée pour un mois.
Si la durée d’utilisation dépasse un mois, cela ne sera pas considéré comme un usage médical et des poursuites seront engagées.
Quant aux sanctions, j’examinerai la possibilité d’une peine d’emprisonnement », a-t-il déclaré.
Mais cela pose des problèmes, car une personne peut souffrir d’insomnie, ou autres problèmes de santé pendant plus d’un mois.
Somsak a ajouté que l’adoption de lois telles que le projet de loi sur le cannabis pouvait prendre jusqu’à deux ans, et qu’il exerçait donc son pouvoir pour publier des réglementations visant à renforcer la notification existante du ministère sur les plantes contrôlées.
Une politique phare du parti Bhumjaithai

Anutin Charnvirakul dans une ferme de cannabis à l’époque où il était ministre de la Santé, il est aujourd’hui ministre de l’Intérieur.
La dépénalisation du cannabis est une politique phare du parti Bhumjaithai, qui voit dans cette plante un potentiel économique lucratif.
Lorsque le leader du Bhumjaithai, Anutin Charnvirakul, était ministre de la Santé publique dans le gouvernement du général Prayut Chan-o-cha, il a publié un règlement ministériel retirant le cannabis de la liste nationale des stupéfiants.
Mais peu d’autres réglementations existaient pour régir l’usage du cannabis, ce qui a donné lieu à une situation de libre consommation, avec une explosion de l’usage récréatif et l’apparition de magasins vendant du cannabis partout dans le pays.
Le Bhumjaithai a proposé une loi pour combler les lacunes, mais le mandat du gouvernement Prayut a pris fin avant qu’elle puisse être débattue.
En septembre dernier, le gouvernement Pheu Thai a proposé un nouveau projet de loi visant à réglementer l’industrie du cannabis et à limiter l’usage de la marijuana à des fins principalement sanitaires et médicales.
C’était la dernière tentative en date pour freiner la consommation récréative après plusieurs revirements politiques.
Le projet de loi n’a pas encore été présenté à la Chambre des représentants.
Selon le projet de loi, le cannabis ou ses extraits seraient autorisés à des fins médicales et de recherche par les agences gouvernementales, en plus de leur utilisation dans les produits à base de plantes, les aliments et les cosmétiques.
Le projet de loi a été publié par le ministère de la Santé publique quelques jours seulement après l’entrée en fonction du nouveau gouvernement de la Première ministre Paetongtarn Shinawatra.
Le projet de loi semble adopter une position plus souple que les précédentes initiatives du gouvernement visant à réglementer l’industrie.
Il ne contient plus de clause interdisant explicitement l’usage récréatif, qui avait été proposée dans un projet précédent du gouvernement de l’ancien Premier ministre Srettha Thavisin.
L’opposition du Bhumjaithai, le deuxième parti de la coalition, a contraint le Pheu Thai à revenir sur sa promesse et à maintenir la légalité de la plante.
Le projet de loi prévoit un durcissement des règles d’octroi de licences pour la culture, la vente, l’exportation et l’importation de cannabis.
Les cultivateurs, fournisseurs et entreprises connexes actuels devront obtenir ou demander de nouvelles licences ou autorisations, sous peine de lourdes peines de prison ou d’amendes.
Voir aussi :
Voyages gratuits en Thaïlande : le piège des trafiquants de cannabis
Une star de Netflix revient d’un voyage en Thaïlande avec 40 kilos de cannabis
La Thaïlande veut réglementer le cannabis tout en le gardant légal
De nombreux touristes arrêtés avec du cannabis après leurs voyages en Thaïlande
Source : Bangkok Post
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2 commentaires
Super, cette nouvelle initiative du ministre de la Santé publique, Somsak Thepsutin !
Si l’intention peut sembler louable afin de remettre sur les rails une loi de libéralisation de l’usage du cannabis sans cesse remaniée depuis 2022, afin de pallier aux nombreuses failles apparues dans la loi de Monsieur Anutin, ministre de la Santé de l’époque, son successeur et présent ministre de la Santé évoque lui-même les écueils et des délais auxquels il s’attend pour mettre sur pied et rendre opérationnelle cette obligation de délivrance d’un certificat médical pour la délivrance de cannabis à usage médical..
Entre autres mesures envisagées, citons :
La limitation du nombre de doses (1 dose par patient et par mois !), la durée totale de consommation thérapeutique également limitée à un mois, la possession d’un certificat médical (en plus de l’ordonnance d’un médecin) autant pour les touristes étrangers que pour les thaïlandais, la mise sur pied de sanctions allant jusqu’à des peines d’emprisonnement pour les personnes (y compris les malades de longue durée ?) qui ne respecteraient pas ces procédures et ces limites d’utilisation dans le temps et les quantités autorisées…
Le ministre de la Santé désire également mettre ces mesures en pratique dans les 40 jours, tout en reconnaissant qu’une nouvelle loi remaniée en profondeur par son parti, le Pheu thai peut prendre jusqu’à 2 ans pour être adoptée et actée dans la Gazette Royale…
Quand tout va bien et baigne dans l’huile !!!
Bref, tout en reconnaissant qu’il est nécessaire d’encadrer la consommation de ce qui reste une drogue au même titre que le tabac, il me semble que l’on est de nouveau parti pour un emplâtre temporaire sur une jambe de bois, qui ne va pas faciliter la tâche des forces de l’ordre pour le contrôle de l’usage récréatif, autorisé par la loi de 2022, remaniée et remise en cause plusieurs fois en 2023 et 2024 et à nouveau ciblée avec ces nouvelles directives qui devraient donc entrer en vigueur dans le courant du mois de juillet…
Bref, on est reparti pour un nouveau flou artistique, de nouvelles difficultés pour le contrôle d’application de ces mesures et les modalités d’une répression de la consommation à titre récréatif qui sera de nouveau « hors la loi », ce qui ramènera sur le devant de la scène un trafic illicite d’une drogue redevenue partiellement pour la « xème » fois interdite et la résurgence de réseaux de dealers qui referont leur apparition dans les quartiers chauds et les lieux de divertissements et de vie nocturne du pays.
Quand on connait les difficultés qu’ont les autorités et les forces de police pour contrôler les trafics de drogue dans leur ensemble, je doute qu’elles soient capables, faute de temps et de moyens, de faire respecter cette obligation combinée de certificat médical et d’ordonnance, surtout pour les touristes étrangers, consommateurs temporaires qui iront se fournir de manière clandestine dans certaines officines officielles qui contournent les divers changements de la loi depuis 2022, pour garantir la pérennité de leur business « légal ».
Ça promet encore une belle foire à la floche nationale !!!
Des cliniques spécialisées vont bientôt recevoir les clients étrangers à la chaîne.