Un tribunal thaïlandais a acquitté l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra de l’accusation d’insulte à la royauté.
De retour en Thaïlande depuis 2023 après 15 ans d’exil, l’ancien Premier ministre reste confronté à une série de procédures qui menacent encore son avenir politique et celui de sa famille.
Voir : La Thaïlande en plein chaos politique : la fin de la dynastie Shinawatra ?
La justice écarte l’accusation de lèse-majesté faute de preuves

Le leader des chemises rouges, Thaksin Shinawatra, en chemise jaune à la Cour pénale de Bangkok, le lundi 19 août 2024. Photo : Thai PBS World.
La Cour pénale a estimé que l’accusation, qui découlait d’une interview accordée par Thaksin à un média étranger en 2015, ne disposait pas de preuves suffisantes pour le condamner pour lèse-majesté, une infraction prévue par l’article 112 de la loi thaïlandaise.
L’article 112 du Code pénal thaïlandais punit de 3 à 15 ans de prison toute offense ou critique jugée diffamatoire envers le roi, la reine, l’héritier ou le régent.
Le vendredi 22 août, l’avocat de Thaksin, Winyat Chartmontri, a déclaré aux journalistes que le tribunal avait estimé que l’accusation n’avait pas pu prouver que la vidéo utilisée comme preuve n’avait pas été montée.
Il a ajouté que le tribunal avait également estimé que les propos de Thaksin ne faisaient pas spécifiquement référence au monarque et avait donné le bénéfice du doute à l’accusé.
Thaksin, qui assistait en personne à l’audience, a souri après l’annonce du verdict, a déclaré son avocat.
Il a remercié le tribunal et son équipe juridique, et aurait déclaré :
« À partir de maintenant, je peux contribuer pleinement au bien de la nation. »
Winyat a confirmé que Thaksin était désormais considéré comme innocent et que son équipe juridique allait entamer la procédure visant à lever l’interdiction de voyager qui lui avait été imposée.
À l’issue du verdict, une petite foule de partisans des « chemises rouges » s’est rassemblée devant le tribunal pour acclamer Thaksin.
Ce dernier n’a pas baissé sa vitre pour des raisons de sécurité.
D’autres défis juridiques attendent la famille Shinawatra

La Première ministre thaïlandaise, Paetongtarn Shinawatra et son père, Thaksin Shinawatra. Photo : Thai PBS World
Bien que Thaksin ait survécu à l’affaire de vendredi, il ne s’agit là que d’un des nombreux défis juridiques auxquels sont confrontés l’ancien dirigeant et sa famille.
La Cour constitutionnelle thaïlandaise décidera si sa fille, la Première ministre suspendue Paetongtarn Shinawatra, doit être démise de ses fonctions à la suite d’un appel téléphonique divulgué avec l’ancien dirigeant cambodgien Hun Sen.
Voir : Une trahison de Hun Sen sème la zizanie en Thaïlande : la coalition éclate
Thaksin fait également face à un procès distinct suite à des allégations selon lesquelles il aurait évité à tort la prison pour des raisons de santé.
Thaksin a passé plus de 15 ans à l’étranger pour éviter des accusations judiciaires qu’il avait précédemment qualifiées de « motivées par des raisons politiques ».
Cependant, il est revenu en août 2023 après avoir conclu un accord controversé avec ses anciens ennemis au sein de l’establishment militaire, un arrangement qui semble désormais de plus en plus fragile.
Voir aussi :
Thaksin affirme vouloir s’attaquer aux centres d’appels au Cambodge
Sud Thaïlande : reçu par des bombes, Thaksin s’excuse pour le massacre de Tak Bai
Thaïlande : l’affaire de lèse-majesté de Thaksin Shinawatra renvoyée à 2025
Source : Thai PBS World
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1 commentaire
Dans le menu judiciaire 3 services servi à la famille Shinawatra au cours de ces mois d’août et septembre, l’entrée est à présent digérée et Taksin s’en fort renforcé dans le clan de ses partisans…
Par contre, ses détracteurs devront se concentrer sur les 2 prochaines échéances qui se pointent à l’horizon des prochaines semaines, à savoir le plat principal et particulièrement indigeste de la destitution ou la réhabilitation de sa fille, Première Ministre actuellement suspendue, et en dessert, un second procès visant Taksin pour avoir profité d’un « programme pénitentiaire » à son retour d’exil particulièrement doux, lui épargnant un séjour de plusieurs années dans une cellule de la prison centrale de Bangkok, pour lui faire bénéficier d’une « incarcération » dans une chambre privée de l’Hôpital militaire de Bangkok, aménagée comme une suite d’hôtel et d’une « détention/assignation » dans sa luxueuse résidence privée dans le centre de Bangkok !!!
Si ces deux sentences ont le même écho favorable pour la famille Shinawatra, ce sera une grande victoire sur leurs adversaires politiques et un retour inespéré voici à peine 2 ans, du patriarche aux affaires de la Nation en toute quiétude, libre de ses déplacements et de ses activités politiques et professionnelles.
Si par contre la P.M suspendue est reconnue coupable et destituée, cela conduira la Thaïlande à sombrer dans une nouvelle crise majeure qui écartera probablement définitivement le clan Shinawatra de la scène politique et conduira au minimum à un remaniement ministériel complet de l’actuel gouvernement conduit par le parti Pheu Thai, successeur du « Thai Rak » fondé par Taksin Shinawatra en 1998, et dans le cas d’un échec de cette démarche, à l’organisation de nouvelles élections législatives pour la fin de cette année 2025…
Ça promet encore une bonne et belle lessive au sein du Parlement thaïlandais dans les prochains mois !!!
Décidément, cette année 2025 aura été exceptionnellement négative à plus d’un titre, loin des espérances économiques et sociales de la population et de l’optimisme affiché par les édiles du Royaume fin 2024, promettant une année 2025 stable, de plein essor économique, touristique et financier…
On sera loin du compte quand l’heure du bilan sonnera à la porte de 2026 !