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L’économie de la Thaïlande mise à mal par l’afflux de marchandises chinoises

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L'économie de la Thaïlande mise à mal par l'afflux de marchandises chinoises

L’afflux massif de produits chinois a considérablement affecté la croissance de l’industrie manufacturière de la Thaïlande.

C’est ce qu’a déclaré Sethaput Suthiwartnarueput, le gouverneur de la Banque de Thaïlande (BoT), le mardi 3 décembre, lors de la conférence « Thaïlande Prochain mouvement 2025 : résilience pour un monde incertain », organisé par le magazine Money and Banking.

Il a ajouté que cela avait aussi limité l’expansion des prêts dans le secteur bancaire.

« Les pays d’Asie du Sud-Est, y compris la Thaïlande, ont enregistré une augmentation constante des importations chinoises depuis 2014, avec une hausse notable à partir de 2020 en raison de l’intensification de la fragmentation géopolitique et économique. »

Entre 2020 et 2023, le Viêt Nam est devenu le plus grand importateur de produits chinois en Asie du Sud-Est, suivi par la Thaïlande, dont les importations s’élèveront à 71,1 milliards de dollars en 2023.

L’Indonésie, la Malaisie et les Philippines suivent en termes de volume d’importation.

Voir : Le déficit commercial de la Thaïlande avec la Chine atteint un niveau record

Selon M. Sethaput, bien que la consommation intérieure ait continué à augmenter, la croissance de l’industrie manufacturière s’est ralentie, entraînant une baisse de la corrélation entre ces deux secteurs économiques.

De 2012 à 2020, le rapport entre la consommation intérieure et la croissance de l’industrie manufacturière a été en moyenne de 0,79 %, puis a chuté à seulement 0,05 % entre 2021 et le troisième trimestre de 2024.

De 2012 à 2020, les taux de croissance moyens de l’industrie manufacturière et de la consommation intérieure étaient respectivement de 1,6 % et de 1,8 %.

Toutefois, entre 2021 et le troisième trimestre 2024, la croissance de l’industrie manufacturière est tombée à 0,6 %, tandis que celle de la consommation intérieure a augmenté pour atteindre 2,1 %.

M. Sethaput a déclaré que la fragmentation géoéconomique a eu un impact négatif sur la croissance des prêts dans le secteur bancaire thaïlandais, en particulier pour les prêts automobiles.

Au troisième trimestre 2024, la croissance des nouveaux prêts automobiles s’est contractée de 7,6 % en glissement annuel, tandis que les prêts pour les voitures d’occasion ont chuté de 14,6 %.

L'économie de la Thaïlande mise à mal par l'afflux de marchandises chinoises

40ᵉ Exposition internationale de l’automobile de Thaïlande à Nonthaburi en décembre 2023. Photo : The Nation Thailand

« La fragmentation géoéconomique devrait persister, entraînant des incertitudes accrues à l’échelle mondiale.

Les facteurs clés contribuant à cette incertitude comprennent les changements dans les politiques américaines sous la nouvelle administration, tels que les politiques tarifaires qui sont susceptibles d’avoir un impact sur le commerce mondial et les chaînes d’approvisionnement.

En outre, les réductions d’impôts et les politiques d’immigration des États-Unis, y compris les expulsions, pourraient contribuer à accroître l’incertitude et influencer les taux d’inflation.

Ces facteurs devraient avoir un impact sur les politiques monétaires de la Réserve fédérale américaine et d’autres banques centrales dans le monde. »

Sethaput a ajouté que les banques centrales du monde entier ont modifié leurs approches en matière de politique monétaire à la suite de la pandémie, en fonction du rythme de la reprise économique.

Il a déclaré que la Banque de Thaïlande continuerait à suivre une approche dépendant des perspectives plutôt qu’un cadre purement dépendant des données, alignant ses politiques sur les circonstances économiques de la Thaïlande.

Le régulateur se concentre sur le renforcement de la résilience économique du pays et sur la mise en place de solides tampons pour faire face aux situations inattendues.

Toutefois, la politique monétaire ne peut à elle seule servir d’outil pour accroître la résilience économique, a-t-il déclaré.

La banque centrale a introduit plusieurs mesures pour renforcer les réserves dans différents secteurs, a déclaré M. Sethaput.

En ce qui concerne le niveau élevé d’endettement des ménages thaïlandais, le régulateur prévoit d’introduire un nouveau plan de restructuration de la dette le 11 décembre, en s’appuyant sur ses programmes existants d’aide à l’endettement.

Au cours des neuf premiers mois de cette année, les institutions financières ont fourni une aide financière à 6,1 millions de comptes, pour un montant total de 2,1 trillions de bahts, selon la Banque de Thaïlande.

Voir aussi :

Chemin de fer Chine-Thaïlande : une nouvelle ère de connectivité

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Source : Bangkok Post

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3 commentaires

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HANSSON 4 décembre, 2024 - 10 h 52 min

Il est vrai que la politique monétaire ne peut à elle seule servir d’outil pour accroître la résilience économique, cependant, un bath qui se négocie à l’international autour de 33 baths / 1 dollar et 36 baths /1 euro n’apporte rien de bon à la politique économique au niveau des industries manufacturières et des biens de consommation, y compris alimentaires, qui exportent leurs produits vers le monde entier.

Le secteur du tourisme international souffre aussi dans le même sens, tenant compte du fait que les touristes disposent de moins de liquidités en baths à dépenser par rapport au change de leur budget vacances…

Entre un bath à 35,45 / 36 baths pour 1 euro changé auprès des agences bancaires thaïlandaises et un bath qui serait échangé à 38,50 ou 39 baths / 1 euro, cela fait une différence entre 7 et 10.000 baths de moins dans la poche d’un touriste qui a un budget vacances entre 2.000 et 3 000 euros !

C’est une fameuse différence en se basant sur le coût de la vie courante des thaïlandais et du manque à gagner des commerçants de détail qui vivent du tourisme…

Mais la Banque centrale ne bouge pas, mis à part un réajustement très timide de 0,25% de son taux directeur en octobre dernier, qui n’a servi à rien du tout, sauf à consolider les valeurs capitalisées en devises et en or des grands consortiums financiers thaïlandais, mais n’aide en rien la population dont 80 % des personnes en âge de produire et de consommer ne sortent pas d’un endettement endémique de longue durée…

La politique monétaire de la Thaïlande n’est pas entre de bonnes mains et n’est pas gérée en faveur d’une amélioration notable du bien-être et du bien-vivre des travailleurs de ce pays…

Ce sont pourtant eux qui font tourner la machine, mais pour le moment, ça manque assurément d’huile dans les rouages !

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Echo 5 décembre, 2024 - 9 h 52 min

Bonjour Hansson,

Je suis de plus en plus circonspect sur l’écart grandissant entre le coût élevé de ce qu’on peut acheter directement dans les commerces thaïlandais et les prix incroyablement bas, voire dérisoires, de ce qui est disponible sur les sites de vente en ligne.

Et ce sont les mêmes produits, absolument identiques.

En fait, plus grand-chose n’est fabriqué en Thaïlande.

Un exemple est particulièrement révélateur : les pneumatiques routiers. Un pays grand producteur de latex comme la Thaïlande commence à perdre son marché intérieur qui se retrouve battu en brèche par la concurrence chinoise qui propose des pneus « Michelin, « Pirelli », « Dunlop »… à des tarifs souvent à peine supérieurs aux fabrications thaïes.

J’ignore encore si cette production chinoise est bien légale et si elle se fait sous licence ou pas.

Mais, je vois bien le piège qui va se refermer sur les fabricants thaïs.

J’observe une évolution semblable dans l’ameublement.

Un meuble « made in Thailand » que j’avais acheté il y a 30 ans est toujours en vente à ce jour, mais désormais importé de Chine.

Et dans le vaste domaine de l’outillage, c’est le règne sans partage du « made in China » depuis que les sud-coréens ont baissé les bras et que le Japon se limite à des produits hyper-spécialisés.

Au niveau monétaire, la Thaïlande est, encore et toujours, cernée par des réalités peu prises en compte par ses différentes castes d’élite, et cela, du fait de sa structure sociologique, profondément inégalitaire, qui permet à ces élites de n’agir que pour elles-mêmes.

En bref, des taux d’intérêts élevés et une monnaie forte pour les affaires et les séjours à l’étranger sont la base d’une prospérité essentiellement prédatrice au détriment du planteur de riz qui trouvera toujours le baht trop cher pour bien exporter son riz.

Pour appréhender un minimum sur quoi bute ce pays, il suffit de revenir à cette peste de Voltaire : « un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne. »

La Thaïlande qui se rêve en Suisse asiatique ne serait-elle qu’une sorte de Liban aux mains de deux élites dont une est chinoise et en voie de tout rafler ?

Il y a une quinzaine d’années, à Phuket tout près de chez-moi au pied du wat Koh-Sire, des Chinois ont construit un énorme bâtiment assez prétentieux sans que personne n’ait pu me dire à quoi il allait servir.

Ce n’est que 3 ou 4 ans plus tard que nous avons appris qu’il s’agissait d’un endroit où les touristes chinois pouvaient échanger directement leurs yuans contre des bahts ou des coupons pour des prestations touristiques de toutes natures.

Il s’agissait donc de la première étape d’un système d’échange « zéro dollar ».

Autrement dit un contournement pur et simple de la souveraineté thaïlandaise par du piratage bancaire.

Cette opération avait eu lieu ouvertement avec un investissement immobilier conséquent et personne ne s’y était opposé.

C’est le scandale sur internet qui a fait cesser ces abus.

Il y a donc eu collusion entre Thaïs et Chinois pour se partager le pot de miel.

Je reste convaincu que cet événement n’était que le début de ce qui va entraîner la Thaïlande dans une spirale de déconfitures économiques.
(Voir « capitalisme compradore »).

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HANSSON 6 décembre, 2024 - 9 h 22 min

Bonjour, Echo…

Votre analyse rejoint à 100%, et en d’autres termes, plus techniques, mon commentaire et mon sentiment sur l’hégémonie de plus en plus grandissante et sournoise de la domination économique que la République populaire de Chine met en place dans tout le sud-est asiatique et qui va conduire à terme à une vassalisation des pays concernés, dont la Thaïlande.

Je doute que la machine chinoise, aidée par un régime politique qui ne permet pas au peuple de faire valoir des choix tant politiques, financiers qu’économiques, s’arrête en si bon chemin, tant son avenir de prospérité, après avoir pu compter sur ses capacités et ressources intérieures, doit, pour continuer sa marche en avant, après une décennie de ralentissement et de doutes, se tourner vers un développement économique extra-territorial, avec une capacité de production à prix concurrentiels, basé sur une main d’œuvre asservie et soumise par la force d’une répression de l’opposition politique constante, de plus d’un milliard de mains et de cerveaux.

Tous les atouts pour écraser économiquement la concurrence asiatique des pays voisins sont donc entre les mains de la Chine qui, comme vous le dites peut également compter sur les profits et la main mise du E-commerce pour tisser sa toile d’araignée à travers le monde…

Combien d’acheteurs de vêtements, chaussures, meubles, d’électro-ménagers, TV, voitures électriques, matériel électronique (y compris les I-Phone qui, à part le Siège social, n’ont plus rien d’américain !) et autres biens de consommations, d’imitations de marques européennes ou américaines « up to date » sur le Web, se rendent compte que leurs achats à prix très attractifs et sans aucune concurrence, vont directement alimenter les caisses de l’État « communiste » (!) chinois et de son oligarchie multi-milliardaire ?

Le bulldozer avance… progressant à son rythme et assurant anticipativement ses arrières avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, dont la politique ultra-protectionniste qu’il est occupé à mettre en place avec les nominations prévues des membres de son cabinet ministériel dont il va s’entourer pour asseoir son programme ultra-conservateur, qui, je le crains, va le conduire droit dans le mur de l’inflation mondiale et à un isolement économico-financier qui ne profitera qu’aux pays du Brics+, toujours de plus en plus nombreux à y adhérer…

Et l’Europe, là-dedans ???

Avec la gestion chaotique et impliquée militairement dans une guerre à ses frontières extérieures, un Président français qui s’accroche au pouvoir comme par le passé, certains dictateurs africains, une Von der Leyen prête à solder l’économie européenne au profit des pays du Mercœur, et la montée populiste des partis politiques extrêmes, qu’ils soient de gauche ou de droite (leur seule préoccupation étant en priorité, de renverser les « démocraties » moribondes), je suis très pessimiste sur la capacité de la future Europe politique et économique qui se dessine, à trouver la voie de son salut…

Le bulldozer européen est en marche aussi… mais en marche arrière !!!

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