Les répercussions du conflit de 2026 entre les États-Unis, Israël et l’Iran se font sentir bien au-delà des frontières du Moyen-Orient.
Si la géopolitique ne fait pas toujours la une en Thaïlande, la réalité économique, elle, s’invite brutalement dans le portefeuille des ménages.
Entre projets de vie reportés et ajustements budgétaires, les Thaïlandais tentent de s’adapter à une hausse du coût de la vie.
Le coût des transports : des trajets quotidiens de plus en plus chers
Pour Arthit Kannikar, graphiste à Khlong Toey, chaque journée commence désormais par une équation financière.
« Je dépense 200 bahts rien que pour me rendre au travail », confie-t-il.
Entre son domicile et son bureau, ses trajets à moto pèsent lourd sur son salaire.
Même constat pour ses retours hebdomadaires dans sa province natale de Nakhon Nayok : les tarifs des bus et minibus ont bondi de 20 à 50 bahts selon les trajets.
Cette hausse du carburant ne touche pas que les banlieusards.
Boonthida Kohkaew, représentante commerciale de 35 ans, voit son budget essence exploser.
Sans option de télétravail, son trajet de 24 kilomètres lui coûte désormais 1 400 bahts par plein, soit presque le double de l’année précédente.
Une décision difficile s’impose : pour la première fois de sa vie, elle ne rentrera pas voir sa famille à Phrae pour Songkran, le Nouvel An thaïlandais.
Du studio d’art au café : quand la passion se heurte à la réalité des prix
Depuis la pandémie, M. Arthit et sa femme ont diversifié leurs sources de revenus en ajoutant un café à leur studio d’art établi de longue date, un espace qu’ils gèrent depuis plus de dix ans.
Ce qui a commencé comme un projet passionné est devenu une partie importante de leur vie, mais il est aujourd’hui mis à rude épreuve par une forte hausse des prix.
« Le coût des fournitures artistiques ne cesse d’augmenter, mais nous ne pouvons pas augmenter les frais d’inscription à nos cours », explique-t-il.
« Les parents ne considèrent pas l’art comme essentiel.
Pourtant, nous nous sommes lancés dans cette aventure parce que nous aimons ça.
Nous voulons transmettre cette passion. »
Au café, la situation est tout aussi tendue.
Un ingrédient symbolise à lui seul cette crise : le citron.
Autrefois acheté 30 bahts le kilo, il s’échange aujourd’hui à 120 bahts.
Pour tenir le coup, le couple saisit toutes les opportunités qui se présentent, s’installant sur des festivals, explorant de nouveaux marchés, étirant leur temps et leur énergie au maximum.
« C’est épuisant, mais s’arrêter n’est pas encore une option. »
Si la situation empire, Arthit l’admet : il devra peut-être vendre des biens immobiliers ou se replier vers les vergers familiaux pour survivre.
Famille et projets de vie : le sacrifice de la classe moyenne
L’impact financier de la guerre ne se limite pas aux chiffres ; il redessine les choix du quotidien.
Boonthida, qui espérait fonder une famille, a dû prendre une décision radicale : « Un bébé devra simplement attendre ».
Pour compenser les factures d’énergie, elle a remplacé son « shopping thérapie » en ligne par le visionnage de séries télévisées, moins coûteux.
Les repas au restaurant ont disparu, remplacés par la cuisine familiale.
Même l’alternative des véhicules électriques ne semble plus crédible à ses yeux, pointant du doigt les coûts cachés et une durée de vie trop courte pour être rentable à long terme.
Petites entreprises : « C’est pire que pendant le Covid »
Dans un restaurant de poulet et de nouilles appelé « Jae Dang », situé à côté du centre commercial Central Ladprao et des stations de métros BTS et MRT, le déclin ne se mesure pas en pourcentages, mais en sièges vides.
Son copropriétaire, un officier militaire à la retraite, dresse un constat amer :
« Nous n’avons pas augmenté les prix, mais les clients sont moins nombreux.
Pendant ce temps, les coûts continuent de grimper en flèche. »
Le restaurant, ouvert depuis plus de cinq ans, était censé être une activité stable pour ses années de retraite.
Aujourd’hui, son avenir semble incertain.
Il n’a jamais adhéré au programme de subventions gouvernementales « Kon La Krueng » et ne sait toujours pas si cela ferait une différence.
« Si ça devient trop lourd, je fermerai », a-t-il simplement déclaré.
« J’irai plutôt m’occuper de mes petits-enfants et j’espère que mes employés pourront trouver de nouvelles opportunités ailleurs », a déclaré le propriétaire, qui a quatre enfants et sept petits-enfants.
Un avenir suspendu entre résilience et épuisement
En l’absence de perspective de reprise financière mondiale, les habitudes de consommation en Thaïlande se figent.
La fatigue accumulée depuis la pandémie, couplée à ce nouveau choc géopolitique, laisse peu de marge de manœuvre.
Si la situation reste gérable pour certains, c’est au prix d’une tranquillité d’esprit qui semble désormais appartenir au passé.
Source : Bangkok Post
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1 commentaire
Comme partout ailleurs, la Thaïlande ne fait pas exception à la règle générale de la dépendance énergétique aux énergies fossiles du Moyen Orient !
Il est temps de mettre en œuvre une politique d’autosuffisance énergétique qui est en sommeil dans les vœux de certains économistes thaïlandais qui préconisent et suggèrent aux hommes politiques le passage à l’énergie nucléaire pour ne plus dépendre qu’au minimum des énergies issues du pétrole et du gaz, surtout dans le contexte actuel et futur de l’explosion des ventes de véhicules électriques ou hybrides…
Alors que dans le contexte de certains pays occidentaux et sous la pression de certains lobbies et/ou groupes écologistes au pouvoir, on prévoit de supprimer des centrales nucléaires en suggérant de les remplacer par des énergies alternatives aléatoires comme l’éolien ou le solaire dans des pays où l’ensoleillement annuel ne dépasse pas 30% par 24 h !!!
Elles peuvent certes venir aider à cette indépendance énergétique, mais absolument pas remplacer le nucléaire, étant donné le niveau de performances et de technologie actuelle de ces 2 sources qui dépendent des caprices de la météo planétaire !