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La Thaïlande a une nouvelle Première ministre qui va gouverner avec l’aide de son papa

2 commentaires 5 minutes à lire
La Thaïlande a une nouvelle Première ministre qui va gouverner avec l'aide de son papa

Le vendredi 16 août, la Thaïlande a élu Paetongtarn Shinawatra, la fille de Thaksin Shinawatra, 31ᵉ Première ministre de Thaïlande.

Elle a été élue par la Chambre des représentants avec 319 voix pour, 145 voix contre et 27 abstentions.

Mais, de nombreux analystes pensent que c’est son père, Thaksin Shinawatra, qui dirigera le pays par son intermédiaire.

Sorawong Thienthong, secrétaire général du parti Pheu Thai, a désigné Mme Paetongtarn comme unique candidate au poste de Premier ministre lorsque le président du Parlement, Wan Muhamad Noor Matha, a ouvert la séance à 10 heures.

La motion a été soutenue par 291 députés.

Mme Paetongtarn n’était pas présente à la réunion.

Les députés du gouvernement et de l’opposition se sont levés pour débattre de la nomination avant que le vote ne commence à 11 h 11 et ne soit officiellement annoncé à 12 h 34.

Au total, 489 des 493 députés élus étaient présents dans l’hémicycle ce vendredi.

Mme Paetongtarn avait besoin d’une majorité simple de 248 voix.

Seuls les votes des députés, et non des sénateurs, étaient nécessaires pour élire le Premier ministre.

Âgée de 37 ans, la fille de l’ancien Premier ministre et patriarche du Pheu Thai, Thaksin Shinawatra, devient le plus jeune Premier ministre de l’histoire du pays.

Elle succède à Srettha Thavisin, qui a été démis de ses fonctions mercredi par la Cour constitutionnelle pour violation de l’éthique.

Voir : Nouvelle crise politique en Thaïlande après la destitution du Premier ministre

Paetongtarn Shinawatra : la nouvelle marionnette de son papa ?

Marionnette thaïlandaise. Photo : Etsy.

Selon les déclarations d’analystes interrogés par le journal SCMP :

« La nomination d’une novice politiquement inexpérimentée, comme nouveau Premier ministre, signifiera qu’elle restera sous la tutelle et dans l’ombre de son père, l’ancien dirigeant Thaksin Shinawatra qui dominera l’élaboration des politiques. »

Paetongtarn remplace Srettha Thavisin qui était, lui aussi, accusé d’être sous les ordres de Thaksin.

Guerre des polices en Thaïlande : l'ombre de Thaksin Shinawatra

L’ancien Premier ministre Srettha Thavisin verse de l’eau sur les mains en signe de respect à Thaksin Shinawatra, ancien Premier ministre et ancien policier, lors du Nouvel An thaïlandais, le Songkran 2024.

Nombre des décisions de Srettha, comme le limogeage d’un policier qui luttait contre la corruption ou la nomination au gouvernement de Pichit Chuenban, un avocat qui avait été mis en prison pour avoir tenté de corrompre des fonctionnaires pour le compte de Thaksin, ont très certainement été dictées par Thaksin.

D’après le journal Khaosod English :

« De nombreux Thaïlandais verront le Premier ministre Paetongtarn Shinawatra essentiellement comme un Premier ministre de facto, un Thaksin Shinawatra déguisé, et son administration comme celle d’une autre administration Thaksin. […]

Moins d’un jour avant d’être élue 31ᵉ Premier ministre thaïlandais, Paetongtarn elle-même a admis lors d’une conférence de presse que Thaksin l’avait toujours conseillée. »

La dynastie des Shinawatra

La Thaïlande s'apprête à libérer l'ex-Premier ministre, Thaksin Shinawatra, de prison

Thaksin Shinawatra salue les supporteurs venus l’accueillir à l’occasion de son retour, à l’aéroport de Don Mueang, le 22 août 2023. Photo : Pattarapong Chatpattarasill

Mme Paetongtarn est le troisième membre de la famille Shinawatra à occuper ce poste, après Thaksin et sa tante Yingluck.

Le beau-frère de Thaksin, Somchai Wongsawat, a également occupé brièvement ce poste en 2008.

Autant Somchai que Yingluck ont été accusés d’être les marionnettes de Thaksin.

Thaksin et sa jeune sœur Yingluck se sont tous deux exilés après les coups d’État militaires contre leur gouvernement.

Thaksin est rentré en Thaïlande en août de l’année dernière et a été condamné à huit ans de prison, pour abus de pouvoir et conflit d’intérêt alors qu’il était au pouvoir de 2001 à 2006.

Sa peine a ensuite été réduite à un an à la suite d’une grâce royale.

Voir : Le roi de Thaïlande réduit la peine d’emprisonnement de Thaksin Shinawatra

Il n’a pas passé une seule nuit derrière les barreaux et a bénéficié d’une libération conditionnelle après avoir passé six mois à l’hôpital général de la police.

Voir : Le traitement VIP de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra choque les Thaïlandais

Jeudi, les partis de la coalition gouvernementale ont décidé de soutenir Paetongtarn en tant que candidat au poste de Premier ministre.

Les principales figures de la coalition s’étaient réunies à la résidence de Thaksin mercredi soir et avaient décidé de choisir Chaikasem Nitisiri, 75 ans, ancien ministre de la Justice et procureur général.

Mais certains députés du Pheu Thai et d’autres membres de la coalition ont par la suite émis des réserves quant à son aptitude, notamment à la lumière de ses commentaires en faveur de l’amendement de la loi sur la lèse-majesté.

La Cour constitutionnelle a démis M. Srettha de ses fonctions de Premier ministre mercredi, après l’avoir reconnu coupable d’avoir violé les normes éthiques en nommant Pichit Chuenban au poste de ministre du Cabinet du Premier ministre.

Ce dernier a été accusé d’avoir tenté de corrompre des fonctionnaires de la Cour suprême et a été envoyé derrière les barreaux pendant six mois pour outrage à la Cour.

Voir aussi :

Guerre des polices en Thaïlande : l’ombre de Thaksin Shinawatra ?

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Thaïlande : politique et profits bloquent la recriminalisation du cannabis


Source : Bangkok Post

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2 commentaires

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Louis VIGNAC 17 août, 2024 - 7 h 28 min

J’aurais dû faire un pari, je m’en veux de ne pas l’avoir fait et pourtant j’en étais plus que sûr, maintenant je vais attendre combien de temps, elle va rester en fonction jusqu’à ce qu’ils vont lui trouver des malversations et ils vont lui coller une étiquette sur le dos, corruptions.

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HANSSON 17 août, 2024 - 8 h 45 min

La mission de « Ung Ing » ne sera pas de tout repos, prise en tenaille entre les partis de la coalition et son parti Pheu Thai qui l’ont portée à son poste de PM, et la droite conservatrice avec qui elle partage certains postes ministériels et qui, jusqu’à présent et depuis les élections, continue de soutenir du bout des lèvres une coalition contre nature regroupant les familles pro »Shinawatra » et celles des Royalistes conservateurs, proches de l’Armée, très prompte à saper par la force, le processus démocratique des élections quand la politique appliquée ne leur convient plus.

Inexpérimentée en politique, son expérience professionnelle étant la gestion hôtelière du groupe d’hôtels de luxe appartenant à son père, il est clair pour tous, depuis les membres du gouvernement, ses futurs ministres jusqu’au simple citoyen vendeur de street-food que « Ung Ing » Shinawatra sera la porte-parole officielle d’un père omniprésent dans l’orientation politique du nouveau-né gouvernemental, et notamment lors du choix des différents ténors de la coalition aux postes clés ministériels.

Tous les faits et gestes, décisions, discours et déclarations de la fille cadette de Thaksin seront analysés, disséqués, critiqués tant par l’opposition récemment décapitée de sa hiérarchie et de son patronyme « Move Forward », mais toujours bien présente dans l’hémicycle parlementaire, que par les partis de droite, conservateurs et royalistes, farouchement opposés par le passé au clan Shinawatra et contraints, pour rester du bon côté de la barrière dans la course au pouvoir depuis les élections de 2023, à des concessions majeures dans la conduite du pays, suite à leur effondrement électoral, après 8 ans d’une domination militaire omniprésente, dont 4 ans de dictature, entre 2014 et 2018.

Les véritables « Conseils des Ministres », réunions essentielles à la conduite du pays, et décisions qui en ressortiront ne se feront pas dans les salles de réunions de la Maison du Gouvernement, mais en grande partie dans les salons feutrés de la luxueuse résidence de Taksin Shinawatra à Bangkok et en toute discrétion, le patriarche de la famille étant interdit « officiellement » de toute ingérence dans la politique de son pays, cela étant une condition à son retour dans le pays et à l’octroi de la Grâce Royale lui permettant d’échapper à toutes les poursuites judiciaires et condamnations encourues depuis sa destitution en qualité de chef de gouvernement.

La saga Shinawatra, digne des meilleurs scenarii de la série américaine « Dallas », va donc continuer à travers cette nouvelle « saison » qui certainement vaudra les saisons et épisodes précédents et qui verra probablement évoluer les perspectives de retour de la tante de « Ung Ing » et sœur de Thaksin, Yingluck Shinawatra, elle aussi sous le coup d’une condamnation politico-judiciaire et actuellement exilée pour échapper à sa condamnation.

Mais tout ceci, évidemment n’existera pas officiellement ! Un air de « déjà-vu », du côté des autorités thaïlandaises, abonnées aux compromis cousus de fil blanc et d’une naïveté parfois déconcertante pour des personnes censées diriger un pays et être en charge de son avenir et de celui de son peuple, ce qui semble être une priorité secondaire par rapport à leurs propres intérêts, dictés par la nécessité de posséder les rênes du pouvoir…

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