La Thaïlande marquera la fin de la « guerre contre la drogue » de 2023 en incinérant 340 tonnes de stupéfiants à partir du 26 décembre.
Le convoi de drogues saisies a été transporté du ministère de la Santé publique à Nonthaburi jusqu’à la zone industrielle de Bang Pu à Samut Prakan après une cérémonie d’envoi par les ministres de la Santé publique et de la justice le 25 décembre.
Les 340 tonnes de stupéfiants seront détruites en deux étapes : 110 tonnes seront incinérées pendant huit jours à partir de ce mardi 26 décembre et 230 tonnes seront brûlées entre le 19 janvier et le mois de février.
S’inscrivant dans le cadre de la campagne gouvernementale « Zéro drogue », l’incinération constituera la plus grande quantité de stupéfiants jamais détruite en Thaïlande.
Voir : La Thaïlande déclare la guerre aux trafiquants de drogue
Plus de 156 tonnes de pilules de méthamphétamine, de crystal meth (ice), d’héroïne et d’autres drogues illicites seront brûlées.
L’incinérateur atteindra des températures de 1 800 degrés Celsius afin d’assurer la destruction complète des stupéfiants tout en minimisant la pollution de l’environnement.
Les autorités indiquent que 9 millions de bahts (236 344 euros) ont été budgétisés pour l’opération.
Des cérémonies d’incinération des stupéfiants seront ensuite organisées chaque mois tout au long de l’année 2024 afin de s’assurer que les stupéfiants saisis ne réintègrent pas le marché ou ne se retrouvent pas en possession d’autres personnes.
Les substances saisies lors d’opérations de police et dont il est prouvé qu’il s’agit de stupéfiants pourront alors être rapidement détruites sans avoir à attendre la conclusion des affaires.
Les autorités s’attendent à détruire environ 100 à 150 tonnes de stupéfiants confisqués par mois.
Les gangs criminels des zones frontalières anarchiques du Triangle d’or, au Myanmar et au Laos, inondent la Thaïlande de stupéfiants destinés au marché national et international.
Selon les experts, les stupéfiants saisis par les autorités ne représentent qu’une petite partie du commerce illicite.
Voir aussi :
13 trafiquants tués lors d’une opération antidrogue en Thaïlande
Saisie record de drogue en Thaïlande
La Thaïlande veut protéger les enfants des drogues douces légales (cannabis, kratom)
Source : The Nation Thailand
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1 commentaire
340 tonnes de drogues saisies en Thaïlande en 2023, dont 156 tonnes de méthamphétamines (YaBaa en Thaïlande) sur les 340 tonnes, les 184 tonnes restantes étant en majorité de la cocaïne et de l’opium, à des degrés de pureté allant de 50 à 100 %.
C’est mieux que rien, et il est normal que le ministère de l’Intérieur, de la Santé Publique et de la Justice profitent de cette occasion pour en faire une publicité maximale dans les médias tous azimuts.
Mais la lutte est inégale et les moyens mis en œuvre, malgré les efforts du gouvernement actuel et l’augmentation de la lutte contre les trafiquants, n’ont pas empêché une augmentation entre 17 et 20 % de la production mondiale des principales drogues que sont l’Opium (héroïne), la Cocaïne et les Amphétamines, dont il faut le rappeler, le triangle d’Or (Thaïlande-Myanmar-Laos) est producteur à lui seul de près de 90 % de la production mondiale de la petite pilule rose, production estimée à 7.800 tonnes annuellement et cette production de drogues chimiques augmente entre 10 et 20 % chaque année…
Par rapport aux 156 tonnes de « Met » saisies, cela représente 2% de la production…
En pratique, cela signifie qu’on supprime à un consommateur 2 de ses pilules dans un sachet de 100.
En ce qui concerne la cocaïne et l’opium / héroïne, la production est estimée globalement à 3.300 tonnes pour la coke et 7.930 tonnes pour l’Opium.
La Thaïlande saisi donc à elle seule 184 tonnes de cette production, soit 1,6 % du total mondial. Les rapports 2023 de l’OMS et de l’ONU font, comme les années précédentes, un constat toujours aussi alarmant, les producteurs clandestins de ces 3 produits les plus consommés et de leurs dérivés, répondant aux augmentations des saisies par une production de plus en plus importante.
Celle-ci se chiffre entre 10 et 20% chaque année, l’augmentation de la production dépasse donc de loin l’augmentation des saisies et il est d’ailleurs remarquable de constater que, depuis la libéralisation de certaines drogues « douces » dont le cannabis en Thaïlande notamment, cette nouvelle politique libérale a entraîné depuis 2020 au niveau mondial des taux de maladies psychiatriques et de suicides chez les usagers de cannabis, en constante augmentation.
La réalité quotidienne des accros aux drogues et de l’addiction chez de plus en plus de jeunes entre 15 et 35 ans, est, elle aussi en constante augmentation, autant chez les adolescent(e)s et les femmes que chez les hommes.
La situation mondiale globale ne s’améliore donc pas et la lutte entamée par les autorités thaïlandaises, pour en revenir plus précisément à cet article, ressemble au combat de David contre Goliath… reste à deviner de quel côté se trouve David !
Malheureusement, les déductions selon les dernières statistiques ne vont pas dans le sens d’une diminution de la population mondiale de personnes dépendantes aux drogues, ni d’une diminution des quantités de drogues disponibles sur le marché des trafiquants internationaux ; ce sont là, les 2 seuls vrais critères à prendre en compte pour juger de l’évolution de cette guerre entre police et trafiquants, les saisies n’étant que l’aboutissement de certaines enquêtes couronnées d’un succès tout relatif des forces de l’ordre qui luttent sans pouvoir crier victoire, contre ces réseaux destructeurs de la condition humaine.