La Thaïlande étudie la faisabilité de la construction d’un mur le long de sa frontière avec le Cambodge pour empêcher les passages illégaux.
Le porte-parole du gouvernement Jirayu Houngsub a présenté l’idée le lundi 3 mars.
Le mur ferait partie d’un effort multinational visant à démanteler le vaste réseau de centres d’escroquerie par téléphone situés juste à l’extérieur des frontières de la Thaïlande et dont les victimes venant du monde entier comprennent un grand nombre de Thaïlandais.
Voir : Horreur des centres d’appels au Cambodge : kidnapping, torture, viol
La répression contre ces organisations criminelles impliquées dans des fraudes financières massives, principalement dirigées par des gangsters chinois basés au Cambodge et en Birmanie, est en cours d’extension.
Voir : La Chine se joint à la Thaïlande dans la lutte contre les centres d’appels
Selon les Nations Unies, ces gangs criminels ont fait de la traite de centaines de milliers de personnes qui pensaient trouver un emploi légitime ces dernières années et les ont maintenues dans un état de quasi-esclavage.
Voir : Forcés au crime : témoignages de survivants de la traite des êtres humains en Thaïlande
M. Jirayu a déclaré que la construction éventuelle d’un mur était l’une des idées discutées lors de la réunion du gouvernement de lundi.
Les ministères des Affaires étrangères et de la Défense ont été chargés de tenir des discussions sur la question avec les autorités cambodgiennes, a-t-il déclaré.
« Si cela est fait, comment cela sera-t-il fait ?
Quels résultats sont probables, cela résoudra-t-il des problèmes ?
Tout cela doit être étudié », a déclaré M. Jirayu.
Il n’a donné aucune indication sur la longueur d’un tel mur.
La discussion du gouvernement fait suite à la visite de la Première ministre à la frontière, au poste de contrôle de Khlong Luek, dans le district d’Aranyaprathet, dans la province de Sa Kaeo, vendredi.

Le gouvernement cambodgien n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires sur la proposition de mur.
Voir : L’industrie de la cyber-escroquerie se développe au vu et au su de tous au Cambodge
La Thaïlande et le Cambodge partagent une frontière de 817 kilomètres.
Le ministère thaïlandais de la Défense a déjà proposé un mur le long d’un tronçon de 55 kilomètres de la frontière avec de nombreux passages naturels dans la région de Sa Kaeo-Poipet.
Il est actuellement protégé par des barbelés.
Des centres de fraude téléphonique opèrent depuis des années en Asie du Sud-Est, piégeant des victimes venant de pays aussi éloignés que l’Afrique de l’Ouest.
Ils font l’objet d’une surveillance accrue après le sauvetage en janvier de l’acteur chinois Wang Xing, qui avait été attiré en Thaïlande par la promesse d’un emploi, puis emmené de l’autre côté de la frontière dans un centre d’escroquerie en Birmanie.
Il a fallu l’enlèvement de cette célébrité et une forte réaction sur les réseaux sociaux chinois, qui a entrainé l’annulation de nombreux voyages en Thaïlande, pour que le gouvernement décide de s’attaquer sérieusement à ces centres d’escrocs.
Libération de victimes de centres d’appel

Des personnes libérées des centres d’appels birmans rejoignent la Thaïlande en février 2025. Photo : The Nation Thailand
Le week-end dernier, la police thaïlandaise a reçu 119 ressortissants thaïlandais des autorités cambodgiennes après qu’une descente dans la ville frontalière cambodgienne de Poipet a permis de secourir au moins 215 personnes retenues dans l’enceinte d’un centre d’appel d’escrocs.
À Myawaddy, en Birmanie, plus de 7 000 étrangers libérés des centres de travail clandestin fermés attendent de pouvoir passer dans le district de Mae Sot, dans la province thaïlandaise de Tak.
Voir : Thaïlande : 7 000 victimes libérées de l’enfer des centres d’appel birmans
La majorité des étrangers viennent de Chine, mais aussi de pays d’Afrique et d’ailleurs,
La Thaïlande travaille avec les ambassades étrangères pour faciliter leur rapatriement dans leur pays d’origine.
Des centaines de personnes restent dans l’incertitude dans des conditions sordides dans un camp de miliciens, et continuent de lutter pour rentrer chez elles, selon des rapports citant d’autres travailleurs libérés.
Le chef adjoint du Parti populaire, Rangsiman Rome, a déclaré la semaine dernière que la répression avait encore un long chemin à parcourir.
Il a estimé que 300 000 personnes avaient été impliquées dans des opérations de bandes d’escrocs rien qu’à Myawaddy, et que beaucoup d’autres étaient basées dans d’autres villes.
Voir aussi :
Scandale en Thaïlande : 2 généraux liés aux centres d’appel birmans
La Thaïlande reçoit 260 victimes libérées de l’enfer des centres d’appels birmans
Un Kényan torturé s’échappe d’un centre d’appel birman et rejoint la Thaïlande
Les complices des centres d’appels birmans prêts à coopérer avec la Thaïlande
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Thaïlande : des peines durcies contre les complices des centres d’appel frauduleux
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Source : Bangkok Post
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1 commentaire
La frontière entre la Thaïlande et le Cambodge fait 820 kilomètres de long, et à titre informatif, celle entre la Thaïlande et la Birmanie environ 1700 kilomètres, ce qui, additionné équivaut à quelques centaines de kilomètres près à la longueur de la frontière entre le Mexique et les États-Unis.
Bonne chance !!! on voit ce que cela donne sous Trump, qui réclame sans succès au Congrès 5,7 milliards de dollars et n’a pas ajouté un seul mètre de mur après les sections construites successivement depuis 2006 par Georges D. Bush, Obama et Clinton, sans parler du coût d’un tel mur : 2,4 milliards de dollars pour 1 000 kilomètres construits jusqu’en 2011, soit 86 milliards de baths…
On rêve les yeux grands ouverts là !!!