11 personnes, dont des enfants, ont été tuées le jeudi 24 juillet lors d’attaques menées près de la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge.
Bangkok accuse Phnom Penh d’avoir ciblé des zones civiles.
La Thaïlande appelle la communauté internationale à condamner l’attaque cambodgienne contre des cibles civiles, qui a fait au moins 11 morts.
Les autorités thaïlandaises ont communiqué des bilans légèrement divergents : 12 morts selon le ministre de la Santé, 11 selon le Premier ministre par intérim.
Alors que les forces thaïlandaises et cambodgiennes échangeaient des tirs le long de la frontière le jeudi 24 juillet, le porte-parole du gouvernement Jirayu Houngsub a insisté sur le fait que c’était le Cambodge qui avait tiré le premier.
Il a qualifié le pays voisin « d’inhumain » et de « belliqueux ».
L’armée a déclaré que les affrontements avaient commencé après que les troupes cambodgiennes auraient ouvert le feu sur des positions thaïlandaises près de l’ancien temple Ta Muean Thom, dans le district de Phanom Dong Rak, dans la province de Surin, situé le long de la frontière.
Le Cambodge assure que ce sont les troupes thaïlandaises qui ont ouvert le feu.
Les affrontements se sont ensuite étendus à six autres zones le long de la frontière thaïlando-cambodgienne dans la province.
Le ministre de la Santé publique, Somsak Thepsutin, a déclaré qu’au moins 12 citoyens thaïlandais, dont 11 civils et un soldat, avaient été tués dans les affrontements, tandis qu’une trentaine d’autres avaient été blessés.
Cependant, le Premier ministre par intérim, Phumtham Wechayachai, a déclaré que les attaques avaient fait 11 morts, dont 10 civils et un soldat, et 28 blessés, dont 24 civils et quatre militaires.
Selon des sources militaires, les troupes cambodgiennes ont déployé des systèmes de lance-roquettes multiples le long de la frontière.
Elles affirment que les lance-roquettes sont dirigés vers des zones peuplées, ce qui pourrait aggraver l’impact humanitaire du conflit.
Le ministre de la Santé a ajouté que les forces cambodgiennes ont lancé une attaque qui a touché l’hôpital Phanom Dong Rak dans la province de Surin et que parmi les personnes décédées lors de l’attaque se trouvaient des enfants.
« S’en prendre à des enfants est un acte honteux et tout à fait impardonnable », a-t-il déclaré.
En réponse au bombardement de maisons thaïlandaises par l’artillerie cambodgienne, les forces armées thaïlandaises ont lancé une opération aérienne ciblée, avec le déploiement de chasseurs F-16 pour frapper deux centres de commandement cambodgiens afin de disperser les forces ennemies.
Le conflit frontalier s’est intensifié tout au long de la journée de jeudi, les forces cambodgiennes tirant des salves d’artillerie sur environ 10 endroits dans quatre provinces thaïlandaises :
Si Sa Ket, Buri Ram, Ubon Ratchathani et Surin.
Les autorités thaïlandaises évaluent actuellement l’ampleur des dégâts et les services d’urgence ont été mobilisés pour venir en aide aux communautés touchées.
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Réaction officielle

Une roquette BM21 tirée depuis le Cambodge a frappé une supérette située dans une station-service PTT à Ban Phue, dans le district de Kantharalak, à Si Sa Ket, provoquant un incendie qui a fait huit morts et 13 blessés jeudi. L’attaque a eu lieu alors qu’un véhicule scolaire s’était arrêté pour acheter des collations. Le site se trouve à environ 20 km de la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge. Photo : commissariat de police de Kantharalak
M. Jirayu a déclaré que le ministère des Affaires étrangères allait déposer une protestation officielle auprès des organisations internationales en réponse aux actions hostiles du Cambodge.
Il a insisté sur le fait que les forces cambodgiennes avaient déclenché le conflit et a dénoncé leur utilisation continue d’armes lourdes contre des cibles civiles.
« Nous appelons la communauté internationale à condamner les actions du Cambodge.
Le Cambodge s’est montré comme une nation animée par une soif de guerre, au mépris total des droits de l’homme et des principes humanitaires de toute nature », a-t-il déclaré.
L’armée royale thaïlandaise a également condamné fermement les actions du Cambodge, en particulier son recours à la force contre des civils sur le territoire thaïlandais, affirmant que ces frappes constituaient une violation grave des principes humanitaires internationaux.
Dans sa déclaration, l’armée a réaffirmé son engagement à défendre la souveraineté nationale et à protéger les citoyens thaïlandais contre tout acte d’agression.
La Première ministre suspendue Paetongtarn Shinawatra s’est également exprimée sur sa page Facebook pour condamner les attaques cambodgiennes.
« Je condamne le Cambodge pour le recours à la violence et les actes d’agression le long de la frontière thaïlandaise, au cours desquels la partie cambodgienne a utilisé des armes et tiré sur le territoire thaïlandais, touchant à la fois des fonctionnaires et des civils innocents.
De tels actes constituent une violation flagrante des normes juridiques internationales, en particulier des droits fondamentaux de l’homme et des principes éthiques », a-t-elle déclaré dans son message.
Riposte de l’armée thaïlandaise suite aux attaques

Avion F-16 thaïlandais. Photo : Thai PBS World
En réponse à l’agression cambodgienne, les Forces armées royales thaïlandaises (RTAF) ont déployé des avions de combat F-16 pour soutenir les opérations terrestres le long de la frontière thaïlando-cambodgienne.
Selon des sources militaires, six avions ont mené des frappes de précision contre des positions d’artillerie cambodgiennes qui bombardaient des zones civiles thaïlandaises.
L’opération visait plus particulièrement deux installations militaires cambodgiennes clés :
Le quartier général du 8e régiment de soutien et le 9e régiment de soutien, qui servaient de centres de commandement pour coordonner les attaques contre des villages thaïlandais.
L’opération aérienne, qui a duré 20 minutes, s’est déroulée sans incident.
Les six avions F-16 sont tous rentrés à leur base.
Vers 11 h 40, les forces terrestres thaïlandaises ont bloqué une route d’accès clé menant à Phu Makuea, dans la province de Si Sa Ket, afin d’empêcher de nouvelles incursions.
À 16 h 40, la RTAF a ordonné une nouvelle frappe aérienne, déployant quatre avions de combat F-16 pour frapper des positions militaires cambodgiennes près du temple contesté de Ta Muean Thom, dans le district de Phanom Dong Rak, dans la province de Surin.
Selon les sources, les avions ont réussi à atteindre leurs cibles dans le secteur sud du temple et tous les appareils sont rentrés à leur base sans encombre après leur mission.
Cet incident marque une escalade significative des tensions entre la Thaïlande et le Cambodge, qui se sont intensifiées à la suite d’affrontements précédents et d’accusations de pose de mines terrestres et d’attaques contre des cibles civiles.
Le Cambodge accuse la Thaïlande d’avoir détruit un temple lors de la riposte

Moins et civils cambodgiens fuyant les bombardements thaïlandais
D’après le journal Khmer Times, un groupe de moines bouddhistes et de civils locaux ont entrepris un voyage de nuit pour chercher refuge dans la province de Siem Reap après que leur pagode ait été frappée par des avions militaires thaïlandais.
La nouvelle a été confirmée par un officier supérieur de l’armée de la région.
L’incident se serait produit tôt le matin du 24 juillet, lorsque trois bombes auraient été larguées par des avions de combat thaïlandais sur la pagode Prasat Ta Moan Senchey, dans la province d’Oddar Meanchey, détruisant complètement le site sacré.
L’attaque a intensifié les craintes parmi les communautés frontalières et provoqué une vague d’évacuations d’urgence.
Des moines et des villageois, certains encore en robe et ne portant que des biens de première nécessité, voyageaient toute la nuit à la recherche d’un refuge.
Plusieurs personnes ont été vues arrivant à Siem Reap tôt jeudi, visiblement secouées et épuisées.
Réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU

Siège de l’ONU à New York. Photo : Jorbasa Fotografie
Le Conseil de sécurité des Nations unies tiendra une réunion d’urgence ce vendredi pour examiner les affrontements meurtriers à la frontière entre les deux pays, ont confirmé des sources diplomatiques à l’Agence France-Presse (AFP).
La réunion, prévue à 15 heures (19 heures GMT), se tiendra à huis clos au siège de l’ONU à New York.
Elle a été convoquée à la demande urgente du Premier ministre cambodgien Hun Manet, qui a appelé mercredi la communauté internationale à intervenir à la suite d’une série d’affrontements militaires de plus en plus violents entre les deux pays voisins d’Asie du Sud-Est.
Les combats continuent le long des lignes de front

Mme Maly Socheata, porte-parole du ministère de la Défense cambodgien
D’après le journal Khmer Time, à 6 heures du matin le 25 juillet 2025, soit le deuxième jour, les troupes cambodgiennes et thaïlandaises continuent de s’affronter et de se bombarder mutuellement le long de la ligne de front.
Les bombardements se sont poursuivis dans certaines zones à 2 heures, 3 heures du matin à Preah Vihear-Phnom Khaing et à 5 heures du matin dans la région de Takrabei.
L’armée cambodgienne a continué à contrôler tous les champs de bataille et a établi une position solide au temple Ta Moan Thom, au temple Ta Krabey et dans la région de Mom Tei après « avoir repoussé l’ennemi envahisseur » de ces endroits.
Les rapports des troupes cambodgiennes au front ont confirmé que sur les champs de bataille des provinces d’Oddar Meanchey et de Preah Vihear, les deux armées ont continué à s’affronter à coups d’artillerie lourde.
Selon Mme Maly Socheata, porte-parole du ministère de la Défense cambodgien, le 24 juillet 2025, l’armée thaïlandaise a lancé des attaques contre huit sites, utilisant des armes lourdes et des avions de combat F-16.
Les huit sites sont les suivants :
1. Temple Ta Moan Thom, 2. Temple Ta Krabey, 3. Phnom Trat, 4. Veal Intri, 5. Tathav, 6. Phnom Khak, 7. An Ses O Phka Sweten et 8. Mom Bei.
Le conflit armé entre le Cambodge et la Thaïlande a éclaté le matin du 24 juillet 2025 au temple Ta Moan Thom, dans la province d’Oddar Meanchey, avant de s’étendre à d’autres champs de bataille le long de la frontière entre les deux pays.
D’après le Cambodge, les combats ont éclaté après que la Thaïlande a ouvert le feu sur le temple Ta Moan Thom.
Une escalade organisée ?

Hun Sen, président du Sénat cambodgien. Photo : The Nation Thailand
Peu avant cette terrible escalade, le Cambodge aurait commencé à poser des mines terrestres dans les zones frontalières à l’intérieur des zones reconnues par les deux pays comme faisant partie du territoire thaïlandais, dans la province d’Ubon Ratchathani.
Le mercredi 16 juillet, trois soldats thaïlandais ont été blessés et l’un d’eux a perdu son pied à cause d’une mine nouvellement posée sur le territoire thaïlandais au col de Chong Bok.
Voir : Le Cambodge aurait posé des mines en Thaïlande : 3 soldats blessés
Le mercredi 23 juillet, cinq soldats thaïlandais ont été blessés quand l’un d’entre eux, qui a perdu sa jambe, a marché sur une mine près du poste frontière de Chong An Ma.
Voir : Aggravation du conflit Thaïlande–Cambodge : 5 soldats thaïlandais blessés par une mine
Les responsables cambodgiens ont nié toutes responsabilités et certains ont même accusé la Thaïlande d’avoir elle-même posé ces mines qui ont blessé ses propres soldats.
Voir aussi :
Conflit Thaïlande – Cambodge : une diversion pour les centres d’appels ?
La Thaïlande veut mobiliser le monde contre les cybercriminels cambodgiens
Thaïlande et ASEAN face à la pieuvre criminelle du Cambodge
Centres d’appel au Cambodge : l’étau se resserre sur la famille de Hun Sen
La Thaïlande accuse Hun Sen d’avoir menacé sa sécurité nationale
Conflit Thaïlande-Cambodge : la Chine propose son aide
Tensions Thaïlande-Cambodge : la France entre en scène
Conflit Thaïlande – Cambodge : Hun Sen fait des révélations choquantes
Hun Sen aurait ordonné l’assassinat d’un franco-cambodgien en Thaïlande
Source : Bangkok Post, Khmer Times, Thai PBS World
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3 commentaires
Deux pays qui ont de l’argent à gaspiller.
Bon, au moins une chose est claire : la Thaïlande est en conflit armé ouvert avec le Cambodge…
Pour le moment, cela se focalise sur quelques dizaines de kms2 autour des zones frontalières contestées par les 2 pays… et chacun se renvoie la balle notamment en ce qui concerne « qui a commencé » et les cibles visées intégrant des civils parmi les victimes de ce conflit qui n’en est qu’à son 2ᵉ jour !!!
On se croirait en Ukraine, avec une médiatisation du « c’est pas moi qui ait commencé, c’est l’autre… »
Si ce n’était pas si dramatique, on se croirait dans une cour de récréation avec des gamins d’école primaire qui se disputent pour un sac de billes !
C’est pas moi, M’sieur, c’est lui qui a commencé !
Mon Dieu ! et c’est ce genre de personnes qui dirigent un pays et a pris la responsabilité de garantir la sécurité de sa population… On est bien mal engagé…
J’en viens à me demander, en prenant une distanciation mondiale, et à me poser la question : où, dans quel État sur cette planète, un chef d’État pense en premier lieu à s’occuper des affaires INTERIEURES de son pays et à œuvrer pour la prospérité et le bonheur de sa population ?
Le Bhoutan peut-être ou les îles indépendantes de la Micronésie-Pacifique ???
Oui, comme toujours, ce sont les gens du bas qui dégustent les prunes et les dirigeants qui se goinfrent… et trinquent ensemble.