Hun Sen affirme que la Thaïlande lui doit gratitude et a fait des révélations très compromettantes sur la famille Shinawatra.
Le président du Sénat cambodgien, Samdech Hun Sen, a affirmé que la Thaïlande lui était redevable pour avoir autrefois accueilli des membres de la famille Shinawatra, dans le dernier épisode du conflit qui l’oppose à la Première ministre Paetongtarn Shinawatra.
S’exprimant le vendredi 27 juin lors d’une réunion du gouvernement local au Cambodge, l’ancien Premier ministre a déclaré :
« Vous devez comprendre que le Cambodge n’est pas stupide ; nous connaissons bien votre politique », semblant faire directement référence aux dirigeants thaïlandais.
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Hun Sen fait de graves accusations

L’ancien Premier ministre cambodgien Hun Sen pose pour une photo lors de sa rencontre avec l’ancien Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra à Bangkok en Thaïlande. Photo publiée le 21 février 2024 par Hun Sen sur son compte Facebook
Hun Sen a ajouté qu’il donnerait plus de détails dans les prochains jours, ajoutant :
« Même lorsque vous avez prévu de démettre Anutin Charnvirakul (le chef du parti Bhumjaithai) de ses fonctions de vice-Premier ministre et de ministre de l’Intérieur, vous m’en avez informé.
Si vous pouvez trahir vos propres citoyens, pourquoi n’oseriez-vous pas me trahir ?
Bien sûr que vous le feriez. »
Indiquant qu’il avait averti Mme Paetongtarn, la fille de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, des répercussions potentielles d’une action contre M. Anutin, Hun Sen a ensuite menacé de révéler les détails de ses discussions avec la famille Shinawatra.
Y compris des commentaires qui pourraient être interprétés comme un crime de lèse-majesté.
S’adressant à Thaksin, Hun Sen a déclaré :
« Prenez bien soin de votre fille.
Votre enfant est Premier ministre, mais moi aussi » (faisant référence à son fils Hun Manet).
Il a ajouté :
« Ne vous méprenez pas sur qui je suis.
Je n’ai aucune dette envers la Thaïlande ; c’est une question entre États.
C’est votre peuple qui a une dette de gratitude envers moi.
Je ne suis pas tenu par la gratitude.
Tout ce que je veux, c’est une relation d’égalité fondée sur le respect mutuel, sans empiètement ni ingérence. »
Lors de la session en direct, Hun Sen a également commenté l’état de santé de Thaksin, lorsqu’il lui a rendu visite à sa résidence de Chan Song La, dans le district de Pang Phlat à Bangkok.
Hun Sen a affirmé que Thaksin n’était pas réellement malade.
Il l’a accusé de simuler des symptômes tels que des frissons, des tremblements et d’autres signes exagérés, comme avoir froid dans un tracteur, dans une voiture, en mangeant ou en s’exprimant, le tout dans le but d’échapper à des poursuites judiciaires dans plusieurs affaires.
Hun Sen a raconté que lorsqu’il a rendu visite à Thaksin le 21 février 2024, celui-ci ne présentait aucun signe de maladie.
Cependant, lorsqu’ils ont pris des photos ensemble, Thaksin portait du matériel médical généralement utilisé par les patients, prétendument pour tromper le public et les responsables thaïlandais.
Hun Sen a déclaré qu’il n’avait aucune idée à l’époque que Thaksin simulait sa maladie.
Il a expliqué qu’il n’avait pas parlé plus tôt parce qu’à l’époque, il respectait encore Thaksin.
Mais aujourd’hui, il a décidé de révéler cette information parce que la fille de Thaksin, qui occupe le poste de Premier ministre, manque selon lui d’intégrité morale.
Pour rappel, Thaksin a passé sa période de détention, 6 mois, dans une chambre VIP de l’hôpital de la police de Bangkok.
Voir : Thaïlande : l’ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra a été libéré de prison
Mais de nombreuses personnes pensent qu’il n’était pas malade et a simulé ses problèmes de santé.
Thaksin, fait face à un procès imminent concernant la légitimité de son séjour à l’hôpital, donc ces révélations pourraient lui faire très mal.
Perte de patience et autres révélations à venir

Hun Sen, président du Sénat cambodgien et la Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra.
Hun Sen a déclaré avoir enregistré un échange privé avec Mme Paetongtarn, qu’il a divulgué après que le gouvernement thaïlandais eut critiqué les mouvements de troupes cambodgiennes à la frontière, les qualifiant de forme de retrait.
Voir : Une trahison de Hun Sen sème la zizanie en Thaïlande : la coalition éclate
Il a affirmé avoir « perdu patience » avec la Première ministre thaïlandaise en raison de ses insultes répétées, qualifiant ses commentaires au commandant de la deuxième région militaire de rebelles.
Il a également déclaré que le Cambodge était prêt à prendre des mesures militaires si nécessaire.
L’ancien Premier ministre a déclaré qu’il surveillerait la réponse du gouvernement thaïlandais et qu’il pourrait divulguer des informations sensibles sur des ministres thaïlandais pendant quatre à cinq heures.
Le Cambodge serait « victime » des centres d’appels

Premier plan : femme dans un centre d’appel, arrière-plan : drapeaux cambodgien et thaïlandais.
Hun Sen a également affirmé que l’augmentation mondiale des escroqueries par centres d’appels provenait de Thaïlande, exhortant les autorités internationales à mener une enquête approfondie.
Une réponse à l’appel de Paetongtarn lancé à la communauté internationale pour renforcer la lutte contre les centres d’appel au Cambodge
Voir : La Thaïlande veut mobiliser le monde contre les cybercriminels cambodgiens
Hun Sen a affirmé que le Cambodge n’était qu’une « victime » dans ce contexte et a souligné le rôle de la Thaïlande, un pays voisin doté d’un grand aéroport international, en tant que plaque tournante exploitée par les cybercriminels et les opérateurs du marché noir.
Il a appelé les pays, en particulier les États-Unis et la Chine, à collaborer pour examiner et traiter cette question.
« Le gouvernement cambodgien reste déterminé à poursuivre la coopération internationale dans la lutte contre toutes les formes de cybercriminalité transnationale », a-t-il ajouté.
Ces remarques interviennent alors que la Thaïlande s’attaque aux centres d’appel du Cambodge et accuse le pouvoir en place d’en tirer profil.
Voir : Centres d’appel frauduleux : la Thaïlande met en cause l’élite cambodgienne
Ces accusations, bien connues et documentées notamment par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), viennent d’être appuyées par l’organisation Amnesty International qui a publié un rapport accablant pour le Cambodge le jeudi 26 juin 2025.
Amnesty accuse le gouvernement cambodgien « d’ignorer délibérément » les abus commis par des gangs de cybercriminels qui ont trafiqué des personnes du monde entier, y compris des enfants, pour les réduire en esclavage dans des centres d’escroquerie brutaux.
L’organisation a déclaré avoir identifié 53 centres d’escroquerie et des dizaines d’autres sites suspects à travers le pays, y compris dans la capitale, Phnom Penh.
Par ailleurs, la Thaïlande a ordonné jeudi à tous les opérateurs de télécommunications locaux de cesser de fournir des services Internet haut débit et mobile au Cambodge, dans le cadre des efforts du gouvernement pour démanteler les centres d’appels et lutter contre la cybercriminalité.
La Première ministre a promis de démanteler les réseaux frauduleux basés au Cambodge, déclarant que « plus ils perdent, plus les Thaïlandais sont en sécurité ».
Les relations entre les deux pays étaient tendues après des échanges de tirs entre les troupes le 28 mai dans la zone frontalière contestée de Chong Bok, qui ont causé la mort d’un soldat cambodgien.
Les deux pays ont massé des troupes le long de la frontière et fermé ou réduit les heures d’ouverture de plusieurs postes-frontières terrestres qui constituent des liaisons commerciales vitales.
Voir : La Thaïlande et le Cambodge rouvrent 4 postes frontières temporairement
Le Cambodge a demandé à la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye d’aider à régler les différends territoriaux à Chong Bok et dans trois autres zones frontalières avec la Thaïlande.
Cela a provoqué la colère de Bangkok, qui a déclaré qu’elle ne reconnaissait pas la compétence de la Cour.
La Thaïlande mise sur la diplomatie après l’attaque de Hun Sen

Des agents gardent une barricade après avoir fermé le poste-frontière de Ban Khlong Luek dans le district d’Aranyaprathet, dans la province de Sa Kaeo, le samedi 7 juin 2025. Photo : Radio Sa Kaeo
Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a déclaré le vendredi 27 juin avoir été surpris par l’attaque publique sans précédent contre la Première ministre Paetongtarn Shinawatra et sa famille par l’ancien dirigeant influent du Cambodge.
Mais, il a souligné la nécessité de recourir à la diplomatie pour résoudre un différend bilatéral qui s’intensifie.
« Cela nous a surpris, et c’est assez extraordinaire en termes de normes diplomatiques », a déclaré Nikorndej Balankura, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, à Reuters.
« La Thaïlande a ouvert de nombreuses portes, et j’insiste pour que ces portes restent ouvertes même après ce qui s’est passé ce matin. »
Thaksin est resté inhabituellement silencieux ces deux dernières semaines et n’a pas répondu publiquement aux accusations de Hun Sen.
Mme Paetongtarn, 38 ans, est soumise à une pression énorme dans son pays depuis la fuite de l’enregistrement d’une conversation téléphonique entre elle et Hun Sen.
Voir : Crise politique en Thaïlande : entre risque de coup d’État et chaos frontalier
« Malgré les propos diffamatoires de Hun Sen, la Thaïlande s’efforce d’ouvrir un dialogue entre les deux ministres des Affaires étrangères », a déclaré M. Nikorndej.
« Nous recherchons le lieu où les deux parties pourront se rencontrer le plus rapidement possible.
Au nom du ministère des Affaires étrangères, nous sommes fermement en faveur d’une résolution pacifique par le dialogue.
Nous faisons tout notre possible pour convaincre le Cambodge de participer à des pourparlers bilatéraux », a-t-il ajouté.
Voir aussi :
Hun Sen aurait ordonné l’assassinat d’un franco-cambodgien en Thaïlande
La Thaïlande accuse Hun Sen d’avoir menacé sa sécurité nationale
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Source : Bangkok Post
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3 commentaires
Les pauvres types du peuple se foutent sur la gueule et se tuent, les biens placés corrompus trinquent ensemble et vident leur fiel.
Ce n’est guère mieux en FRANCE !
Quand deux familles de criminels se tapent dessus, c’est jouissif.
La famille Hun Sen perd beaucoup d’argents, la famille Shinawatra perd toute sa crédibilité.
Je vois bien Anutin devenir le nouveau Premier ministre d’ici peu !
Anutin ?
Celui qui disait que les farangs étaient crasseux (dirty farangs), non merci !