Le tourisme thaïlandais ralentit au second semestre 2025, pénalisé par une reprise chinoise lente et la concurrence des destinations voisines.
L’Office du tourisme (TAT) abaisse ses prévisions à 35,5 millions de visiteurs, tandis que les géants du secteur, Erawan, Minor et Asset World, révisent leurs ambitions de croissance.
Menu
L’objectif d’arrivées de touristes étrangers revu à la baisse

Voyageurs dans l’Aéroport de Suvarnabhumi à Bangkok.
L’autorité du tourisme de Thaïlande (TAT) s’apprête à revoir à la baisse son objectif d’arrivées de touristes étrangers pour l’ensemble de l’année 2025, le fixant à 35,5 millions de visiteurs, soit le même chiffre qu’en 2024.
Toutefois, le secteur continue de bénéficier des mesures de relance du tourisme intérieur mises en place par le gouvernement dans le cadre du programme « Voyage en Thaïlande à moitié prix » pendant les périodes de basse saison.
Ce programme qui permet aux thaïlandais de ne payer que 50 % du prix des voyages et des hôtels a connu un lancement difficile.
Voir : Thaïlande : la subvention pour relancer le tourisme intérieur fait un flop
Le groupe Erawan revoit ses objectifs ambitieux à la baisse

Hôtel Grand Hyatt Erawan à Bangkok.
Apinya Ngamapichon, directeur général adjoint et directeur financier de The Erawan Group Public Company Limited (ERW), a annoncé à la Bourse de Thaïlande que la société avait revu à la baisse son objectif de croissance du chiffre d’affaires pour l’ensemble de l’année 2025.
Cet objectif est désormais ramené à 3-5 %, contre 6-8 % précédemment.
Le segment des hôtels cinq étoiles et économiques du groupe hôtelier devrait désormais connaître une croissance similaire à celle de l’année précédente, soit une baisse par rapport à l’objectif initial de 3 à 5 %.
Parallèlement, la division des hôtels économiques a revu à la baisse ses prévisions de croissance, qui passent de 23 % à 20 % par rapport à 2024.
Malgré ces difficultés, ERW poursuit sa stratégie de diversification.
Celle-ci couvre à la fois des établissements cinq étoiles et des hébergements économiques sous sa marque Hop Inn.
En parallèle, le groupe mise sur son expansion internationale afin d’atténuer la volatilité liée aux fluctuations du tourisme dans les différents pays.
Apinya a déclaré :
« Nous mettons en œuvre des stratégies de tarification proactives pour répondre aux demandes du marché, élargissons notre clientèle pour inclure des marchés en croissance tels que l’Europe, l’Inde et le Moyen-Orient, tout en maintenant un contrôle strict des coûts opérationnels ».
Le groupe poursuit ses projets de développement.
Notamment un projet d’hôtel de gamme moyenne près de la station BTS Phrom Phong à Bangkok dans le cadre d’un contrat de bail foncier à long terme, et la rénovation de l’ensemble de son portefeuille, des établissements cinq étoiles aux établissements économiques.
Minor International s’intéresse aux marchés européens et asiatiques

Piscine d’un hôtel minor à Bangkok
Chaiyapat Paitoon, directeur financier de Minor International Public Company Limited (MINT), s’est dit confiant dans la capacité de l’entreprise à assurer une croissance durable malgré un environnement commercial mondial difficile.
Les établissements européens et asiatiques de Minor Hotels sont bien positionnés pour la haute saison des troisième et quatrième trimestres 2025, avec des réservations anticipées déjà bien remplies.
En Europe, la demande en matière de voyages reste forte, les clients professionnels connaissant une croissance plus rapide que les voyageurs d’agrément.
Les données relatives aux réservations anticipées indiquent une croissance à un chiffre du chiffre d’affaires pour le second semestre 2025 par rapport à l’année précédente, environ les trois quarts de cette croissance étant dus à la hausse des tarifs moyens des chambres.
Le revenu par chambre disponible devrait s’accélérer au quatrième trimestre 2025 par rapport au troisième trimestre.
Les hôtels en Espagne et dans les pays du Benelux affichent de solides performances dans les segments loisirs et entreprises, tandis que les établissements italiens continuent de dépendre principalement de la demande des voyages d’affaires.
La destination Maldives affiche des réservations anticipées solides, soutenues par la demande d’expériences haut de gamme.
Au-delà des revenus liés aux chambres, les revenus liés à la restauration et aux autres services hôteliers contribuent à ces perspectives positives grâce aux offres d’expériences uniques de Minor Hotels.
En Thaïlande, l’achèvement de rénovations majeures dans les hôtels avant la haute saison devrait soutenir la hausse des tarifs moyens des chambres, même si le nombre de visiteurs étrangers ralentit.
Asset World dévoile un projet de tourisme culturel

Immeuble de la société immobilière thaïlandaise Asset World. Photo : Asset World
Wallapa Traisorat, PDG et directeur général d’Asset World Corp Public Company Limited (AWC), a annoncé la poursuite de l’expansion du portefeuille de la société au cours du second semestre.
Le point fort est le lancement prochain de « Lannatique Kalare », une nouvelle destination culturelle présentant l’art et la culture Lanna dans le centre de Chiang Mai, tout en conservant la structure financière la plus solide du secteur et une gestion rigoureuse des coûts.
La société bénéficie de la mesure de relance touristique « Voyage en Thaïlande à moitié prix » mise en place par le gouvernement, qui a stimulé la demande intérieure, en particulier pour les hôtels de Hua Hin et Pattaya.
Les partenariats stratégiques avec des alliés mondiaux disposant d’un réseau de plus de 710 millions de voyageurs de qualité à travers le monde ont permis d’augmenter les réservations directes à 70 %.
Cette progression contribue de manière significative à la croissance des réservations hôtelières d’AWC.
Elle est particulièrement marquée dans les grandes villes touristiques telles que Chiang Mai, Koh Samui, Krabi et Pattaya.
Les inquiétudes du secteur s’intensifient pour le second semestre

Locaux et touristes dans la rue Yaowarat, le quartier chinois de Bangkok.
Plusieurs facteurs continuent de peser sur les performances du secteur au second semestre 2025, notamment :
- Le rythme de la reprise du tourisme chinois
- Le conflit frontalier entre la Thaïlande et le Cambodge
- Les inquiétudes économiques dans divers pays liées aux politiques commerciales internationales qui pourraient réduire la demande de voyages
La volatilité des devises et les effets du changement climatique constituent également des défis permanents.
Les entreprises touristiques surveillent de près ces facteurs tout en adaptant leurs stratégies à l’évolution de la situation, en donnant la priorité à la stabilité financière et à la liquidité.
L’approche prudente du secteur reflète les incertitudes plus générales qui pèsent sur les habitudes de voyage à l’échelle mondiale, même si les initiatives nationales et les partenariats stratégiques offrent une certaine protection contre les vents contraires internationaux.
Voir aussi :
Thaïlande : chute du tourisme étranger avec une baisse de 7 % depuis janvier
Thaïlande : un baht trop fort et l’insécurité plombent le tourisme
Thaïlande : 200 000 vols intérieurs gratuits offerts aux touristes étrangers
Cannabis, motos, vols : Phuket sous pression pour sauver son tourisme
Source : The Nation Thailand
Liens utiles pour préparer votre voyage en Thaïlande
Souscrire une assurance voyage
Réserver bus, train et bateau en Thaïlande
Gérer son argent en voyage avec Wise
Voyage sur mesure avec Evaneos
Vous pouvez nous suivre sur :
Twitter, LinkedIn, Facebook, Google News
2 commentaires
Ce ne sont pas seulement les touristes qui vont moins venir, ce sont aussi les résidents long terme qui ne voudront plus rester plus de 180 jours, de crainte de se faire taxer 2 fois fiscalement parlant.
La chute du tourisme international en Thaïlande touche donc tous les échelons de l’offre, depuis le petit guesthouses du particulier jusqu’aux luxueux hôtels 5 étoiles et résidences privées dans des parcs résidentiels et villas de standing, nichées sur les collines de certaines îles, avec vue imprenable sur l’océan, louées à des tarifs dignes d’un 150 m² à Paris…
Plusieurs causes viennent s’additionner à cette constatation, causes connues et constatées depuis fin 2024 par les spécialistes et analystes du secteur :
Un bath fort défavorable au change pour le portefeuille des touristes étrangers, prix des locations, chambres d’hôtels, et résidences de tous niveaux qui, dans certains cas ont triplé de prix, avec le coût des services touristiques (taxis, navettes, bateaux, ferrys, voitures de location, agences d’excursions) qui a suivi le mouvement général à la hausse, augmentation du prix des restaurants, des bars, discothèques et autres offres de la vie nocturne, et dans le même temps, détérioration des infrastructures d’accueil, du service à la clientèle, manque de modernisation, d’entretien ou de renouvellement du parc hôtelier existant, problèmes récurrents et de plus en plus nombreux concernant la sécurité dans les villes et centres touristiques urbains, arnaques de certains services (taxis, tuk-tuk, visites guidées, embauche de personnel non qualifié en situation illégale), corruption de certains effectifs de police, vandalisme et heurts parfois très violents entre la population et certains groupes de touristes étrangers et bandes de jeunes délinquants…
Je pourrais encore trouver quelques exemples qui convergent tous vers la même constatation : la Thaïlande n’attire plus de la même manière qu’elle arrivait à le faire avant la crise Covid, dont elle ne s’est toujours pas remise, alors que ses voisins, Vietnam, Indonésie, Philippines, Japon voient un boum touristique s’opérer chez eux depuis le début de cette année 2025, résultat d’une politique d’ouverture au tourisme de masse pour certains, à une monnaie et un coût de vacances moins cher et à des investissements majeurs dans la qualité de l’accueil, des infrastructures, de la diversification de l’offre touristique et de la sécurité générale de la population et des touristes étrangers…
Voilà, quant aux solutions à apporter pour booster le secteur du tourisme thaïlandais, que les responsables politiques, économiques, financiers, de sécurité et sociaux du Royaume se concertent, établissent une liste de tout ce qui ne va pas et élaborent un plan global dans lequel chaque secteur concerné devra être partie prenante et se retrousser les manches…
Et au plus on attend, au plus on laisse la situation se détériorer, et au plus les résultats médiocres de 2025 risquent de se répéter de manière exponentielle dans les années qui suivent, si les acteurs responsables attendent chacun de leur côté, la bouche ouverte que la solution leur tombe dessus comme par miracle, en attendant que les autres bougent dans leur coin…