Un haut responsable thaïlandais a exhorté la population et les touristes étrangers à cesser de donner de l’argent aux mendiants.
Le phénomène de la mendicité s’amplifie dans les zones touristiques du royaume, en particulier dans les lieux très touristiques tels que Phuket, Bangkok, Chiang Mai et Pattaya.
Il y a des mendiants thaïlandais, mais aussi de plus en plus de mendiants étrangers venant de pays voisins, particulièrement du Cambodge, qui font partie de réseaux et qui utilisent des enfants pour attendrir les passants.
Voir : Thaïlande : la police démantèle un réseau de trafic d’enfants à Pattaya
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La mendicité est illégale en Thaïlande

Mendiante vendeuse de fleur avec un jeune enfant à Pattaya. Photo : TMN Cable TV Pattaya
Varawut Silpa-archa, ministre du Développement social et de la Sécurité humaine, a affirmé que la générosité bien intentionnée ne faisait qu’aggraver le problème.
« La mendicité existe depuis des années, mais il est important de comprendre qu’elle est illégale en vertu de la loi thaïlandaise. »
Dans une interview sans détours, M. Varawut a insisté sur le fait que le gouvernement et la police sévissaient contre la mendicité dans les rues et a averti que bon nombre des personnes avides d’argent aperçues sur les trottoirs faisaient partie de réseaux organisés.
« Lorsque des mendiants sont arrêtés, qu’ils soient thaïlandais ou étrangers, la loi est claire.
Les mendiants étrangers sont expulsés vers leur pays d’origine, pas seulement vers le Cambodge, mais aussi vers d’autres pays.
Les mendiants thaïlandais, en revanche, sont traités avec plus de délicatesse, car la question est plus sensible. »
Les ressortissants thaïlandais surpris en train de mendier sont orientés vers des centres de protection des sans-abri gérés par le ministère du Développement social et de la Protection sociale.
Ces structures proposent des formations, une aide sociale et une chance de se réinsérer dans la société.
Mais il y a un hic.
« Nous ne pouvons pas forcer quelqu’un à rester dans un centre de protection sans son consentement.
S’il refuse, nous sommes légalement tenus de le libérer. »
En d’autres termes, ils sont libres de retourner dans la rue.
Une enquête réalisée en 2023 par la Thai Health Promotion Foundation (ThaiHealth) a révélé que plus de 2 499 personnes vivaient sans domicile fixe dans tout le pays, la majorité d’entre elles dans des villes telles que Bangkok, Chon Buri et Chiang Mai.
Mais une étude universitaire plus large suggère que plus de 4 500 personnes sont sans domicile fixe en Thaïlande, d’après les registres du gouvernement et des ONG.
Des mendiants plus riches que les donateurs

Des fonctionnaires comptent l’argent saisi sur une mendiante thaïlandaise (1,3 million de bahts) arrêté pour mendicité lors d’une opération de répression à Bangkok en décembre 2024. Photo : Centre de protection des indigents de Bangkok
Le ministre a souligné que les dons publics ne font qu’encourager davantage de personnes à se tourner vers la mendicité.
« Dans de nombreux cas, les mendiants à qui les gens donnent de l’argent ont en réalité plus d’économies que les donateurs eux-mêmes.
Ne laissez pas votre bonne volonté encourager des activités illégales ou soutenir des réseaux de mendicité organisés, qu’ils impliquent des citoyens thaïlandais ou des étrangers. »
Voir : Thaïlande : une mendiante arrêtée à Bangkok possédait 1,3 million de bahts
Un problème social traité comme une nuisance publique

Mendiant dans une rue de Thaïlande. Photo : CTN News.
De nombreux travailleurs sociaux affirment que le gouvernement thaïlandais considère toujours le sans-abrisme comme un problème de nuisance publique plutôt que comme une question de droits humains.
Un changement de mentalité, passant du contrôle des mendiants au soutien des personnes vulnérables, est essentiel pour réaliser de réels progrès.
Comme le montrent les récentes déclarations de Varawut, les autorités continuent de se concentrer sur la réduction de la visibilité du sans-abrisme plutôt que sur sa résolution.
La répression de la mendicité sans proposer de véritables alternatives risque de pousser davantage de personnes vers la marginalisation.
Que faire face à des mendiants en Thaïlande ?

Mendiant en Thaïlande. Photo : The Nation Thailand
- Ne donnez pas d’argent directement : cela peut encourager des réseaux organisés ou l’exploitation d’enfants.
- Si vous souhaitez aider, privilégiez les dons à des ONG locales (ex. : Duang Prateep Foundation, Mirror Foundation).
- Gardez une attitude respectueuse : un simple « no » suffit.
- Vous pouvez aussi juste proposer d’acheter de la nourriture en restant vigilant et respectueux.
- En cas de doute ou de situation suspecte, appelez la ligne d’assistance sociale au 1300 ou contactez la police touristique.
- ???? Aider, oui — mais de manière responsable.
Voir aussi :
Thaïlande : la police de Pattaya s’attaque aux mendiants immigrés illégaux
La Thaïlande confrontée à une augmentation des mendiants étrangers
La Thaïlande face à une augmentation du nombre de mendiants étrangers
Begpacker : les routards mendiants de retour en Thaïlande et dans le reste de l’Asie
Source : The Thaiger
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