Une vaste opération de répression menée par la Thaïlande a contraint les réseaux d’escrocs chinois à abandonner leurs activités en Birmanie.
Grâce aux pressions de la Chine et à l’impact négatif sur le tourisme, la Thaïlande s’est attaquée sérieusement aux centres d’appel installés en Birmanie et les effets se font enfin sentir.
Mais, ce n’est qu’une victoire, la guerre est loin d’être gagnée, car les mafias chinoises risquent de se réorganiser en Birmanie et il reste à voir comment la Thaïlande va pouvoir s’attaquer aux autres centres d’appel au Cambodge qui seraient protégés par des membres importants du gouvernement.
Fin du travail forcé pour de nombreuses victimes

Des personnes libérées des centres d’appels birmans rejoignent la Thaïlande en février 2025. Photo : The Nation Thailand
Des milliers de victimes de la traite sont sur le point d’être libérées dans le cadre de ce que les autorités décrivent comme l’une des plus grandes opérations de sauvetage de la région.
Cet exode massif intervient après que la Thaïlande a mis en œuvre des mesures agressives le 5 février, coupant l’électricité, le carburant et les connexions Internet dans la zone frontalière.
Voir : La Thaïlande intensifie la lutte contre les gangs d’escrocs en Birmanie
Les propriétaires signalent que leurs locataires chinois, qui payaient bien, ont résilié leurs baux et ont rapidement retiré les équipements des locaux qui abritaient autrefois des centaines d’opérateurs.
« Nous avons la confirmation qu’environ 7 000 victimes internationales attendent d’être rapatriées », a déclaré le vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Phumtham Wechayachai.
« Nous sommes en train de coordonner avec les ambassades d’Afrique, d’Amérique latine, d’Europe et d’Asie l’organisation de vols d’évacuation directs. »
Après la libération, ces victimes seront séparées par nationalité, puis immédiatement transportées dans leur pays d’origine sur des vols affrétés sans avoir à rester en Thaïlande.
L’Armée bouddhiste démocratique karen (DKBA), qui contrôle la région et protégeait les criminels, a fixé au 28 février la date limite pour le départ des derniers exploitants chinois de Phaya Tong Su.
La DKBA, dont fait partie la brigade des gardes frontières Karens (BGF), a déjà libéré 321 victimes, dont 260 le 12 février, après un premier groupe de 61 le 6 février.
Voir : La Thaïlande reçoit 260 victimes libérées de l’enfer des centres d’appels birmans

L’intérieur d’un centre d’appel abandonné montre du mobilier de bureau, photographié le 12 février 2025.
L’impact est visible dans toute la ville frontalière, où plus de 200 entreprises gérées par des Chinois, y compris des restaurants, des salons de coiffure et des centres de jeux qui servaient de couverture aux opérations d’escroquerie, sont désormais vides.
Les propriétaires locaux, qui gagnaient auparavant entre 200 000 et 800 000 bahts (5 680 à 22 720 euros) par mois grâce aux locataires chinois, confirment que les opérations ont été délocalisées à environ 10 kilomètres de leur base d’origine.
La BGF se retourne contre les criminels chinois

Saw Chit Thu : Chef de la brigade des gardes frontières (BGF).
Dans un incroyable retournement de la situation, suite certainement à la préparation de mandats d’arrêt contre ses dirigeants dont le chef principal, Saw Chit Thu, la BGF va livrer les criminels chinois.
Voir : La Thaïlande veut des mandats d’arrêts contre des alliés de la junte birmane
Phumtham a annoncé qu’il avait reçu un rapport selon lequel la BGF avait décidé de réprimer les gangs chinois opérant dans le canton de Myawaddy, qui sont estimés à environ 10 000 personnes.
Le rapport indique que les commandants de la BGF se sont réunis le mercredi 12 février lors d’une session présidée par le leader Saw Chit Thu et ont décidé d’utiliser la Thaïlande comme passage pour extrader ces membres de gangs en Chine.
Sur une période de 20 jours, la BGF prévoyait d’envoyer 500 personnes par jour en Thaïlande via le 2ᵉ pont d’amitié thaïlandais-Birmanie dans le district de Mae Sot de Tak, en attendant l’approbation du gouvernement thaïlandais.
L’opération de répression commencerait à partir du jeudi 13 février, dans le but de démontrer l’engagement de BGF à s’attaquer aux gangs des centres d’appels, qui sont devenus un problème de sécurité international croissant.
Les autorités thaïlandaises ont déjà annoncé la capture des chefs de gangs responsables du kidnapping de l’acteur chinois, Wang Xing.
Les autorités chinoises ont exprimé leur gratitude pour l’efficacité de l’approche thaïlandaise et se préparent à rapatrier leurs citoyens victimes de trafics .
Ils vont aussi pouvoir juger et condamner les dangereux criminels chinois qui géraient ces centres d’appel et casinos.
Voir aussi :
Scandale en Thaïlande : 2 généraux liés aux centres d’appel birmans
Un Kényan torturé s’échappe d’un centre d’appel birman et rejoint la Thaïlande
Les complices des centres d’appels birmans prêts à coopérer avec la Thaïlande
Thaïlande : des peines durcies contre les complices des centres d’appel frauduleux
Un autre chinois enlevé en Thaïlande a été libéré de l’enfer des centres d’appels birmans
Horreur des centres d’appels au Cambodge : kidnapping, torture, viol
Source : Khaosod English, The Nation Thailand
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1 commentaire
Je cite : « Les propriétaires locaux, qui gagnaient auparavant entre 200 000 et 800 000 bahts (5 680 à 22 720 euros) par mois grâce aux locataires chinois, confirment que les opérations ont été délocalisées à environ 10 kilomètres de leur base d’origine. » fin de citation.
Si je comprends bien le sens de cette phrase, les responsables des gangs chinois ont déménagé tout leur matériel informatique et logistique d’une dizaine de kilomètres à l’intérieur du territoire birman ???
L’armée rebelle Karen (BGF) ,auparavant alliée des escrocs chinois gérants les centres d’appels ont donc orchestré leur départ depuis Phaya Tong Su, une agglomération proche de la frontière, en face de la province thaïlandaise de Kanchanaburi, près de la ville de Tak, là où ont été appréhendés les généraux thaïlandais corrompus qui participaient au trafic d’êtres humains qui alimentait en opérateurs, les centres d’appels internet des escrocs chinois…
Ok, mais pour aller où ? Quelques dizaines de kilomètres à l’intérieur des terres birmanes apparemment !!!
Le problème n’est donc pas disparu, mais déplacé pour se réorganiser dans une zone apparemment toujours contrôlée par les éléments militaires de la BGF, mais hors des coupures d’énergie effectuées par la Thaïlande ?
Comme le souligne l’article, il ne faut pas crier victoire !!!
Le point positif est que l’organisation mafieuse chinoise a dû se séparer de tous ses travailleurs forcés, kidnappés, torturés et prisonniers qui, eux vont retrouver la liberté et vont pouvoir rentrer chez eux…
Quand aux arrestations annoncées de meneurs chinois et membres de la mafia chinoise locale que l’Armée Karen veut expatrier vers la Chine, via la Thaïlande, il va falloir évaluer leur nombre et leur identité, et qu’adviendra-t-il notamment du coordinateur corrompu et commandant birman de la brigade des frontières, Saw Chit Thu ?
Toutes des questions qui trouveront probablement des réponses dans les prochains jours et prochaines semaines…
Le plus important dans l’immédiat est de rapatrier les 100% des personnes enrôlées de force dans ces centres d’escroqueries qui, aujourd’hui sont démantelées par leurs propriétaires pour être déménagées vers d’autres endroits probablement plus propices à la reprise de leur juteux business.
L’attitude des dirigeants Karen de la BGF reste particulièrement ambigu devant ce qui ressemble à une « retraite tactique et logistique » de l’organisation mafieuse locale chinoise…
La Thaïlande gagne une bataille, mais pas la guerre et l’Armée régulière birmane, dont les généraux détiennent le pouvoir politique dictatorial dans le reste du pays ne semble pas en mesure, ou ne désire pas intervenir dans cette soupe qui tourne au vinaigre…
La BGF reste maître du terrain !!!
Et qu’en est-il des installations de la mafia chinoise dans la région birmane au nord de la ville frontière de Mae Sai, dans le triangle d’or côté birman qui là aussi abritent des centres d’escroqueries, des casinos et la logistique du trafic des drogues de synthèse qui inonde l’Asie et le monde entier ?
La Birmanie est plus que jamais un territoire hors de contrôle du politiquement correct et un terrain de jeux fertile pour toutes les organisations criminelles asiatiques et la mafia chinoise en particulier…
Un pays transformé dans sa zone transfrontalière sino-thaïlandaise en un puzzle du crime organisé !