De nombreux voyageurs évoquent un mal inattendu après leur retour d’un voyage en Thaïlande, incapables d’oublier leur expérience.
Ce « Thailand Blues », un mal du retour, est aujourd’hui largement évoqué par les voyageurs.
Il s’explique notamment par une baisse de dopamine lorsque l’on passe d’un mode de vie dynamique, insouciant et convivial à une routine plus monotone.
Mais pourquoi parle-t-on autant du « Thailand Blues » ?
Pourquoi ce phénomène semble-t-il toucher particulièrement les voyageurs ayant séjourné en Thaïlande, et pas ceux revenant d’autres destinations comme les États-Unis ou Singapour ?
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Un phénomène largement évoqué par les voyageurs

Touristes en Thaïlande. Photo : Thai PBS World
De nombreux témoignages circulent en ligne, notamment sur les forums et les réseaux sociaux.
Les récits se multiplient, accompagnés de commentaires similaires : les auteurs ne sont pas seuls à ressentir ce manque profond du « Pays du Sourire ».
Selon l’intelligence artificielle de Google, bien que le « Thailand Blues » ne soit pas un terme médical officiel, il est largement reconnu parmi les voyageurs :
« Ce sentiment est un phénomène largement discuté parmi les voyageurs étrangers, en particulier sur les forums en ligne et les réseaux sociaux, où de nombreuses personnes partagent leurs expériences personnelles de nostalgie du pays.
Bien qu’il ne s’agisse pas d’un diagnostic psychologique formel, ce sentiment est suffisamment courant pour avoir été largement reconnu et nommé par la communauté des voyageurs. »
Certains témoignages sont particulièrement marquants.
Sur Reddit, un internaute titrait : « Visiter la Thaïlande a ruiné ma vie ».
Il y expliquait ne plus parvenir à retrouver sa vie d’avant après son séjour.
Un autre message débutait ainsi :
« J’ai récemment passé un mois en Thaïlande, principalement à Bangkok. »
Et se poursuivait :
« Je suis rentré chez moi aux États-Unis depuis six semaines, mais je n’arrête pas de penser à la Thaïlande et à quel point je m’y suis amusé.
Depuis mon retour, j’ai regardé une centaine de vidéos YouTube pour me remémorer ces lieux (en Thaïlande). …
Je me suis fait plein de connaissances là-bas, et elles me manquent terriblement.
Je suis sûr qu’elles me manquent plus que je ne leur manque.
La nourriture y était si fraîche et savoureuse qu’en comparaison, tout ici aux États-Unis a un goût de **** ; surtout le poulet. »
Le témoignage se conclut ainsi :
« Je n’arrête pas de regarder les photos que j’ai prises, encore et encore.
J’ai l’impression d’être obsédé. C’est une torture. »
Les commentaires répondent souvent par : « Bienvenue au club ».
Un phénomène amplifié par les réseaux sociaux

De nombreux témoignages sur TikTok évoquent le « Thailand Blues », ce mal du retour après un voyage en Thaïlande.
Sur TikTok, de nombreuses vidéos témoignent de cet attachement profond à la Thaïlande.
Un Américain expliquait qu’il ne trouvait plus de nourriture satisfaisante dans son pays, alors qu’à Bangkok, même à 3 heures du matin, cela ne posait aucun problème.
Certaines vidéos montrent des voyageurs en larmes.
Une Anglaise demandait :
« Dites-moi quoi faire (pour oublier la Thaïlande). »
La réponse la plus fréquente dans les commentaires était : réserver un billet pour y retourner.
Une créatrice de contenu polonaise, @louisesolotravels, a expliqué :
« Je suis partie trois mois et je pensais que ce n’était qu’un voyage de vacances comme les autres.
Ce n’était pas le cas. Cela m’a changée à jamais.
Comment revenir à une vie normale après avoir visité la Thaïlande ?
Si vous le savez, dites-le-moi. »
Dans une autre vidéo, une jeune femme fond en larmes dans un pick-up « Song Taew » :
« Je ne veux pas partir. Je veux rester plus longtemps. Ce sont de vraies larmes. »
Pourquoi la Thaïlande marque autant les voyageurs

Une voyageuse devant un 7-Eleven en Thaïlande. Photo : Thai PBS World
Plusieurs facteurs expliquent cet attachement :
- la qualité et le prix de la nourriture
- l’hospitalité
- les paysages
- le mode de vie « sabai sabai » (détendu et insouciant)
Le coût de la vie joue également un rôle majeur.
Même des voyageurs modestes venant de pays riches peuvent vivre confortablement en Thaïlande, profiter d’une bonne cuisine, rencontrer des gens et découvrir de nouveaux lieux.
Le créateur allemand Tim Thorer, via sa chaîne « Tim Travel Taste », confirme ce ressenti :
« Attendez-vous à être dévasté après votre voyage en Thaïlande.
Vous n’êtes pas heureux. Vous vous sentez brisé, mais vous n’êtes pas seul dans cette situation. »
Il a ajouté :
« La Thaïlande ne donne pas l’impression d’être en vacances, mais plutôt au paradis.
On a l’impression d’être dans la meilleure version de chez soi. »
Un “danger” inattendu… pour le cœur

Gâteau en forme de cœur brisé posé sur une table.
Parmi les éléments les plus récents évoqués par les voyageurs, la sécurité revient souvent.
Certains contenus répondent même à un documentaire de la BBC évoquant un « côté sombre » du pays.
Voir : Colère mondiale : la BBC critiquée pour son reportage choc sur la Thaïlande
De nombreux voyageurs affirment au contraire se sentir en sécurité, y compris la nuit dans des rues peu éclairées.
Mais pour certains, le véritable « danger » est ailleurs.
Un utilisateur TikTok racontait avoir d’abord ri des avertissements évoquant un pays « dangereux pour le cœur », avant de changer d’avis après son séjour :
« Je me sens triste. C’est tout simplement terrible.
Je pense à la Thaïlande tous les jours. Je pense à y retourner tous les jours.
C’est le véritable côté sombre de la Thaïlande. »
Entre perception et réalité

Des voyageurs et des locaux mangent dans un restaurant de la rue Yaowarat, le quartier chinois de Bangkok. Photo : Sayompoo Setabhrahmana
Certaines vidéos montrent des scènes surprenantes pour les Occidentaux, comme des enfants se déplaçant seuls en toute sécurité.
Une mère expliquait qu’elle ne laisserait jamais sa fille faire cela dans son pays.
Les réactions étaient partagées, certains soulignant que le danger existe partout.
Les expatriés de longue date rappellent toutefois que vivre en Thaïlande et y voyager sont deux expériences très différentes.
Mais un point fait presque l’unanimité chez les voyageurs :
Le lieu le plus triste de Thaïlande, selon de nombreux voyageurs, reste le hall des départs de l’aéroport de Suvarnabhumi.
Voir aussi :
« Merci Thaïlande » : la tendance virale lancée par des touristes étrangers
Voyage en Thaïlande : une arnaque piège 1 touriste sur 10 avant l’arrivée
La Thaïlande craint jusqu’à 25 % de touristes en moins à cause de la guerre
Source : Thai PBS World
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6 commentaires
Comment, moi, je suis arrivé en Thaïlande fin 2008 et m’y suis définitivement installé en 2011 ?
En 2000, comme beaucoup de cinéphiles à cette époque, je suis allé voir le film « The Beach ».
À la fin du film, j’ai laissé se dérouler tout le générique pour découvrir où, sur la planète, se trouvait cette plage, si c’était un montage cinématographique ou si elle existait vraiment…
Et voilà Maya Bay, Phi Phi Ley, district de Phi Phi Don… Krabi, Thailand !
Et je me suis dit : « Un jour, j’irai là-bas…
Et à l’heure de ma pension, 8 ans plus tard, c’était fait, j’étais vacciné « Thaïlande » et depuis 15 ans, je fais des rappels de vaccin tous les ans !!!
30 voyages en Thaïlande dans ma vie, j’ai 54 ans, le pays merveilleux à jamais, dès la retraite ou avant je me barre du goulag français pour le paradis.
Amazing Thailand !
Combien de tous ces « malades » ont réellement côtoyé la population locale, ont fait l’effort de découvrir réellement le pays ?
Finalement, ce qui leur manque vraiment, c’est de ne plus être en vacances dans un pays magnifique et de buller sur la plage en sirotant un petit cocktail face à une mer aux eaux cristallines.
Quand on lit l’article sur la pollution, est-ce bien encourageant de venir s’installer dans ce pays ?
Enfin le pays a changé, mais ailleurs aussi, comme la France et l’outre-Quiévrain.
Attention à ne pas confondre sa petite bulle touristique dérealisée et consommable avec la réalité du pays…
Les Thaïs se fichent autant des touristes (hormis de leur porte-monnaie) que nous nous fichons de ceux qui visitent la France et qui s’extasient devant la Tour Eiffel ou les châteaux de la Loire…
Le quotidien reste le quotidien, ici comme ailleurs, et les étrangers qui s’installent en Thaïlande, à moins qu’ils se ruinent en alcool et en débauche, finissent par s’en apercevoir assez vite…