Les autorités thaïlandaises mettent en garde contre la haine en ligne et condamnent les violences visant les travailleurs cambodgiens.
Le gouvernement thaïlandais a lancé un avertissement sévère aux jeunes et aux influenceurs des réseaux sociaux locaux contre toute incitation ou participation à des actes de violence à l’encontre des ressortissants cambodgiens en Thaïlande.
Les affrontements militaires à la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge ne doivent pas servir à justifier des actes xénophobes ou motivés par la haine, a déclaré le porte-parole adjoint du gouvernement, Anukul Pruksanusak.
Voir : Thaïlande – Cambodge : demande de cessez-le-feu et accusations croisées
Il a ajouté que de récents contenus publiés sur les réseaux sociaux montrant des jeunes Thaïlandais poursuivant ou agressant des travailleurs cambodgiens avaient dépassé les limites.
« Nous exhortons le public à rester calme, à faire preuve de discernement et à ne pas laisser ses émotions prendre le dessus sur la raison.
Les civils cambodgiens ne sont pas impliqués dans le conflit frontalier », a-t-il déclaré.
Voir : Conflit Thaïlande – Cambodge : les civils sacrifiés pour protéger les centres d’appels ?
Les autorités ont reçu pour instruction de surveiller les zones où se concentrent les travailleurs cambodgiens.
« La police prendra des mesures légales strictes à l’encontre de toute personne se livrant à des actes violents », a-t-il ajouté.
Le gouvernement a réaffirmé son attachement aux normes internationales et aux valeurs humanitaires.
« La Thaïlande respecte l’État de droit et ne soutient pas la violence, en particulier à l’encontre de civils non impliqués », a déclaré M. Anukul.
Dans le même temps, le Parti populaire (PP), parti d’opposition, a publié une directive exhortant ses membres à ne pas encourager les actes ou les propos discriminatoires à l’encontre des Cambodgiens.
« Les membres du parti ne doivent pas encourager, soutenir ou communiquer d’une manière qui incite à la haine raciale ou à la violence », a déclaré le secrétaire général du PP, Sarayut Jailak.
Malgré ces appels au calme, l’inquiétude ne cesse de croître parmi les travailleurs cambodgiens présents en Thaïlande.
Les travailleurs cambodgiens quittent la Thaïlande

Des Cambodgiens traversent à pied avec leurs effets personnels depuis la Thaïlande vers le Cambodge au poste frontière de Ban Laem, dans la province de Chanthaburi, le 14 juin 2025. Photo : Khaosod
Dans un contexte de tensions croissantes, des milliers de travailleurs migrants cambodgiens évacuent volontairement la Thaïlande.
Le samedi 26 juillet au matin, de longues files d’attente se sont formées aux postes frontières de Chanthaburi et d’Aranyaprathet.
Des ressortissants cambodgiens venant de différentes provinces, notamment de Bangkok et du centre de la Thaïlande, transportaient leurs bagages, leurs effets personnels et même leurs animaux de compagnie.
Beaucoup ont déclaré qu’ils partaient pour retrouver leur famille dans un contexte d’incertitude croissante.
Les employeurs ont exprimé leur inquiétude face à la pénurie de main-d’œuvre et à la hausse des coûts, car ils pourraient devoir remplacer ces travailleurs par de la main-d’œuvre thaïlandaise mieux rémunérée.
Au poste frontière d’Aranyaprathet, à Sa Kaeo, près de 1 000 travailleurs cambodgiens se sont rassemblés dans l’espoir que les autorités thaïlandaises les autorisent à passer, comme cela avait été le cas les jours précédents.
Cependant, les autorités ont informé que la frontière ne serait pas ouverte samedi pour un passage spécial, ce qui a déçu de nombreuses personnes.
Plus tard, le chef du district d’Aranyaprathet, Charin Phuchai, et le commissaire de police Phattarakorn Kaonuan ont contacté le consulat du Cambodge afin de transférer les migrants vers une zone d’attente temporaire située dans le marché municipal de Klong Luek.
Ils ont agi ainsi en raison de la surpopulation au poste-frontière et du manque d’installations adéquates.
Les départs sont motivés à la fois par les combats frontaliers et par des rumeurs alarmantes circulant en ligne, évoquant d’éventuelles violences ciblées de la part de groupes nationalistes thaïlandais.
Au poste de contrôle de l’immigration de Klong Luek, le colonel Methee Kamtem, commandant du 12e régiment de rangers, a ordonné le renforcement des mesures de sécurité afin d’assurer la sécurité des quelque 1 000 migrants cambodgiens en attente de rapatriement.
Le département des relations publiques a signalé samedi matin une congestion au poste de contrôle permanent de Klong Luek, en face de Poipet, au Cambodge.
Au total, 553 ressortissants cambodgiens munis d’un passeport et 524 munis d’un laissez-passer frontalier attendaient de rentrer chez eux.
Par ailleurs, 1 733 ressortissants thaïlandais munis d’un passeport et 168 munis d’un laissez-passer frontalier tentaient de rentrer en Thaïlande depuis le Cambodge, où ils étaient bloqués depuis la fermeture des frontières.
Cette nouvelle crise humanitaire souligne la fragilité des relations bilatérales entre les deux voisins, dans une région où la main-d’œuvre migrante reste à la fois indispensable et vulnérable.
Voir aussi :
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Source : Bangkok Post
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