Un garde forestier a été tué par un tigre dans la réserve naturelle de Huai Kha Khaeng, dans le centre de la Thaïlande.
Les autorités qualifient cette attaque d’exceptionnelle : il s’agit seulement du deuxième cas connu impliquant un tigre sauvage et un être humain en 28 ans.
Une vaste opération est en cours pour retrouver l’animal.
Un garde forestier retrouvé mort après une attaque présumée de tigre

Le garde forestier Sakarin Wichacharn encadre une sortie pédagogique avec des élèves dans la réserve naturelle de Huai Kha Khaeng, en Thaïlande. Il a été mortellement attaqué par un tigre dans son logement le 5 août. Photo d’archives.
Le drame s’est produit tôt dans la matinée du 5 août dans la réserve naturelle de Huai Kha Khaeng, qui s’étend sur les provinces d’Uthai Thani, de Kanchanaburi et de Tak.
Sakarin Wichacharn, 48 ans, ne s’étant pas présenté à une réunion prévue avant une activité organisée avec des jeunes, ses collègues sont partis à sa recherche vers 6 h 45.
Ils ont découvert son téléphone portable, ses effets personnels, sa moustiquaire ainsi que ce qui semblait être un morceau de son cuir chevelu.
Des traces de traînée, laissant penser qu’un animal sauvage avait emporté une proie, les ont ensuite conduits jusqu’au corps du garde forestier, retrouvé dans un ruisseau à environ 200 mètres de cet endroit.
Le corps présentait des traces indiquant qu’il avait été partiellement dévoré par un animal sauvage, tandis que des empreintes fraîches de tigre ont été relevées à proximité.
La police du commissariat de Lan Sak a été chargée de l’enquête.
La deuxième attaque connue d’un tigre sur un humain en 28 ans

La zone où les secours ont retrouvé une partie des restes du garde forestier Sakarin Wichacharn après l’attaque présumée d’un tigre dans la réserve naturelle de Huai Kha Khaeng. Photo : Département des parcs nationaux, de la faune et de la conservation des plantes (DNP)
Selon Atthapol Charoenchansa, directeur général du Département des parcs nationaux, de la faune et de la conservation des plantes (DNP), un tel incident est extrêmement rare.
Le seul précédent cité par le responsable remonte au 13 janvier 1998, dans le parc national de Khao Yai.
Une tigresse avait alors blessé un employé du parc au bras droit, avant de prendre la fuite après qu’un collègue eut tiré un coup de semonce.
Selon les premières constatations des autorités, le tigre aurait attaqué Sakarin Wichacharn pendant son sommeil avant de traîner son corps sur environ 200 mètres depuis son logement.
Un comportement jugé très inhabituel par les spécialistes

Le logement de Sakarin Wichacharn dans la réserve naturelle de Huai Kha Khaeng, où le garde forestier dormait lorsqu’il aurait été attaqué par un tigre dans la nuit du 5 août. Photo : DNP
Le DNP souligne que cette attaque ne correspond pas au comportement habituel des tigres sauvages, qui évitent généralement les humains.
Les autorités écartent par ailleurs l’hypothèse d’un animal affamé, estimant que les proies restent abondantes dans le complexe forestier de Huai Kha Khaeng.
Selon Atthapol Charoenchansa, le garde forestier, immobile au moment de l’attaque, a pu être perçu comme une proie vulnérable.
Il n’exclut pas que le tigre ait observé la victime pendant un certain temps avant de passer à l’attaque.
Le Thailand Tiger Project, qui regroupe des chercheurs et des agents de terrain du DNP, indique également qu’aucun élément ne permet de penser que le tigre ait délibérément pris un être humain pour proie.
Les observations menées depuis plusieurs années montrent que les tigres préfèrent généralement éviter les personnes et se retirent lorsqu’un humain se lève ou bouge après avoir été repéré.
La réserve fermée pendant les recherches

Vue de la réserve naturelle de Huai Kha Khaeng, un vaste espace forestier classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, qui abrite l’une des plus importantes populations de tigres d’Indochine en Thaïlande. Photo : Teeradondon
Les autorités ont temporairement fermé la réserve naturelle de Huai Kha Khaeng afin de retrouver le tigre responsable de l’attaque.
Les enquêteurs analysent les images des caméras de surveillance et des pièges photographiques installés dans la forêt pour identifier l’animal et reconstituer ses déplacements avant le drame.
Les activités dans la réserve ont été suspendues jusqu’à nouvel ordre.
Le DNP estime qu’il est indispensable de localiser rapidement le tigre afin d’éviter qu’il ne reproduise ce comportement et ne représente un danger pour les gardes forestiers et les visiteurs.
En Thaïlande, les éléphants sauvages provoquent régulièrement des décès lors de conflits avec les humains, alors que les attaques mortelles de tigres demeurent extrêmement rares.
Voir : Conflit hommes-éléphants en Thaïlande : un lourd bilan humain et financier
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Source : Bangkok Post, The Thaiger
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