La Première ministre thaïlandaise, Paetongtarn Shinawatra, est fragilisée par un scandale diplomatique et une coalition vacillante.
Paetongtarn lutte pour se maintenir au pouvoir moins d’un an après son entrée en fonction.
Un scandale a éclaté après la divulgation par Hun Sen, président du Sénat cambodgien, d’un enregistrement privé dans lequel Paetongtarn critique l’armée thaïlandaise.
Voir : Une trahison de Hun Sen sème la zizanie en Thaïlande : la coalition éclate
La dirigeante de 38 ans, la plus jeune Première ministre de l’histoire de la Thaïlande et troisième membre de la famille Shinawatra à occuper ce poste, a perdu cette semaine le deuxième parti de sa coalition.
Elle ne dispose désormais plus que d’une majorité très fragile au Parlement.
Alors que ses alliés réfléchissent à la suite à donner, la pression s’intensifie sur Paetongtarn pour qu’elle démissionne ou dissolve la chambre basse et convoque de nouvelles élections.
Elle a présenté ses excuses pour la fuite de son appel téléphonique avec l’ancien dirigeant cambodgien Hun Sen et a appelé à l’unité, mais de nouvelles manifestations exigeant sa démission sont prévues à Bangkok dans les prochains jours.
Les marchés financiers thaïlandais restent toutefois secoués par la perspective d’une impasse politique prolongée et d’une incertitude économique croissante.
Voici les scénarios possibles pour les jours ou les semaines à venir :
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1. Paetongtarn démissionne
Mme Paetongtarn pourrait démissionner pour apaiser les tensions politiques et assumer la responsabilité de la fuite de sa conversation téléphonique.
Une sortie stratégique pourrait permettre à son parti, le Pheu Thai, ou à un allié de la coalition, de nommer un nouveau leader, préservant ainsi le gouvernement actuel sans les retards liés à de nouvelles élections.
Sa démission déclencherait un vote à la Chambre des représentants, composée de 495 membres, afin de choisir un nouveau Premier ministre parmi une liste soumise avant les élections générales de 2023.
Le candidat doit obtenir la majorité des voix.
Jusqu’à cette date, le cabinet de Paetongtarn assurerait l’intérim.
Parmi les successeurs potentiels figurent :
- Chaikasem Nitisiri, du Pheu Thai, malgré de récents problèmes de santé
- Anutin Charnvirakul, le chef du parti Bhumjaithai, qui vient de quitter la coalition
- Pirapan Salirathavibhaga, du Parti de la nation unifiée.
- L’ancien Premier ministre et leader du coup d’État, Prayut Chan-o-cha, est également éligible, bien qu’il ne soit plus actif en politique.
Élections anticipées
Le Parti populaire, dans l’opposition, réclame la dissolution de la Chambre des représentants et la tenue d’élections anticipées, bien avant le prochain scrutin prévu en 2027.
Le chef de l’opposition, Natthaphong Ruengpanyawut, a déclaré qu’un nouveau départ pourrait empêcher une instabilité accrue, voire un coup d’État militaire.
Des élections anticipées pourraient devenir probables si le Parti Pheu Thai, au pouvoir, ne trouve pas de candidat viable pour remplacer Mme Paetongtarn.
Cependant, le parti pourrait éviter cette option compte tenu des répercussions du scandale des écoutes téléphoniques.
De nouvelles élections risquent également de prolonger la paralysie politique.
Un scrutin doit être organisé dans les 45 à 60 jours suivant l’approbation royale de la dissolution, mais la formation d’un nouveau gouvernement pourrait prendre des mois en raison des négociations de coalition avant l’élection du Premier ministre.
Coup d’État militaire
Malgré les assurances du chef de l’armée quant à la protection de la démocratie, les inquiétudes grandissent quant à une possible intervention militaire.
La Thaïlande a connu une douzaine de coups d’État réussis depuis la fin de la monarchie absolue en 1932.
Les deux plus récents, en 2006 et 2014, ont renversé les gouvernements dirigés par le père de Mme Paetongtarn, Thaksin, et sa tante, Yingluck.
Selon les analystes, l’armée a gagné le soutien de la population grâce à sa gestion des tensions frontalières avec le Cambodge, tandis que le gouvernement de Mme Paetongtarn est considéré comme trop déférent.
Un récent sondage a montré que 86 % des personnes interrogées faisaient confiance à l’armée, contre 31 % au gouvernement, en ce qui concerne la question du conflit avec le Cambodge.
La montée des manifestations de rue pourrait donner à l’armée un prétexte pour intervenir sous le couvert du rétablissement de l’ordre.
Voir : Coup d’État en Thaïlande ? L’inquiétude gagne le secteur touristique
Tenir bon
Le meilleur espoir de Mme Paetongtarn est de maintenir sa coalition.
Mais sa faible majorité pourrait entraver les progrès législatifs et susciter une forte résistance de la part de l’opposition.
Si le Parti de la nation unifiée quitte la coalition, Mme Paetongtarn dirigerait un gouvernement minoritaire.
Elle pourrait toutefois survivre jusqu’à la reprise des travaux du Parlement début juillet, qui devra se prononcer sur des projets de loi clés, notamment la légalisation des casinos et le budget national, qui nécessitent tous deux une majorité.
Le Pheu Thai pourrait profiter de ce délai pour courtiser les députés de l’opposition.
Mais si les lois importantes ne sont pas adoptées, Mme Paetongtarn n’aura probablement d’autre choix que de démissionner ou de convoquer de nouvelles élections.
Voir aussi :
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Source : Bangkok Post
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2 commentaires
Beaucoup se plaignent des hommes politiques en France, mais en Thaïlande, ce n’est pas très brillant non plus.
Ou tout simplement rien du tout !