L’armée birmane continue de perdre du terrains dans la guerre civile et ne survit que grâce à l’aide des pays voisins comme la Thaïlande.
Mais de nombreux investisseurs thaïlandais fuient le chaos dans le pays et ont retiré 253 milliards de bahts (6,43 milliards d’euros).
L’organisation humanitaire Amnesty International a accusé les pays voisins de soutenir le chef de la junte, le général Min Aung Hlaing.
Cela fait suite au rapport de l’ONU qui a révélé que les livraisons d’armes de la Thaïlande à la Birmanie (Myanmar) ont doublé en 2023.
Voir : Comment la Thaïlande aide le Myanmar à tuer des civils ?
D’après Amnesty International, les banques d’État de Birmanie continuent d’acheter d’énormes quantités d’armes et de carburant à la Chine et au Vietnam en particulier, en utilisant souvent des banques thaïlandaises comme intermédiaires.
La Siam Commercial Bank (SCB), cité dans le rapport de l’ONU, a affirmé n’avoir trouvé aucune irrégularité dans les transactions avec la Birmanie et conteste certaines déclarations sur le rôle de la banque dans le financement des achats militaires.
L’emprise de la junte sur le pays continue de s’affaiblir

Des habitants du Myanmar attendent l’ouverture d’une banque, maintenant que les retraits d’argent liquide sont sérieusement limités. Photo : Pattaya Mail.
La junte militaire a désormais perdu le contrôle de certaines localités dans 86 % du pays, y compris des bases clés de la junte dans l’État Shan et à Mandalay, le cœur de son pouvoir militaire.
La monnaie officielle du Myanmar, le kyat, a perdu près d’un tiers de sa valeur par rapport au dollar américain.
Alors que l’inflation avoisine les 30 %, les banques limitent désormais les retraits d’argent liquide.
Les birmans ont désormais l’interdiction d’utiliser des VPN (réseaux privés virtuels), grâce aux dernières technologies de surveillance de la Chine.
Radio Free Asia affirme que l’interdiction de la liberté d’expression est un signe que les militaires perdent le contrôle du pays.
En réponse, le porte-parole de la junte, Zaw Min Tun, a nié l’existence d’une dictature numérique, arguant que certains citoyens étaient « déloyaux » et de mèche avec des ennemis publics.
La Thaïlande, en particulier, entretient des relations difficiles avec la Birmanie.
Les deux pays partagent une frontière terrestre de plus de 2 500 km, en grande partie mal surveillée, alors que Bangkok s’inquiète d’une crise des réfugiés qui se propage de manière incontrôlée.
Voir : La Thaïlande face à une crise majeure due à la guerre au Myanmar
On craint également que l’anarchie croissante dans les régions reculées de Birmanie (près de la frontière chinoise) ne donne lieu à un trafic de drogue florissant, à des enlèvements, à des casinos et à des centres d’appels d’escrocs.
Mais le trafic de drogue en Birmanie a toujours été florissant et inonde la Thaïlande et les pays voisins.
Avant le déclenchement des combats par les rebelles, la Chine avait demandé à la Birmanie de lutter contre les centres d’appels tenus par des mafias chinoises, et la junte n’avait pas fait grand-chose.
Depuis, les rebelles, qui semblent avoir le soutien de la Chine, ont fermé de nombreux centres d’appels, libéré les personnes qui y étaient retenues prisonnières et livré les responsables de ces centres à la Chine.
Si la junte devait s’effondrer, comme le prédisent la plupart des experts internationaux, on craint que les différents mouvements d’opposition, tels que l’Armée de libération nationale Ta’ang, ne se coalisent pas autour d’un parti unique, ce qui pourrait créer un chaos politique permanent.
Mais personne ne sait vraiment ce qu’il va se passer ensuite, ce qui est sûr, c’est que la grande majorité des habitants souhaitent que la junte tombe et que la paix et la démocratie reviennent dans le pays.
De nombreux groupes rebelles, venant de différentes ethnies, se battent actuellement ensemble avec des opposants birmans contre la junte.
Des recherches récentes menées par l’autorité thaïlandaise de l’immobilier montrent que les ressortissants de Birmanie ont acheté plus de logements en copropriété à Bangkok que toute autre nationalité.
Au premier trimestre 2024, les acheteurs du Myanmar ont dépassé les Russes, obtenant 392 unités transférées d’une valeur de 2,2 milliards de bahts.
Cela suggère les prémices d’une stratégie d’exil de la part de certains membres de l’élite dirigeante de Birmanie.
Les investisseurs thaïlandais fuient la Birmanie

Circulation de véhicules à la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar. Photo : Khaosod.
Les entreprises thaïlandaises fuient la Birmanie en raison de l’escalade du conflit et de l’instabilité économique.
Les entreprises thaïlandaises ont retiré un montant stupéfiant de 7 milliards de dollars américains (6,43 milliards d’euros) d’investissements en Birmanie.
Autrefois troisièmes investisseurs en Birmanie, les entreprises thaïlandaises sont aujourd’hui classées cinquièmes, avec des investissements qui ont chuté de 11,6 milliards de dollars pour 155 projets à 4,45 milliards de dollars pour 105 projets.
Cet exode représente une perte de 50 projets et un coup dur pour l’économie de la Birmanie.
Selon le journal Prachachat Business News, les échanges commerciaux entre la Thaïlande et la Birmanie de janvier à mai ont totalisé 3 milliards de dollars, soit une baisse de 10,46 % par rapport à l’année précédente.
Les exportations thaïlandaises ont diminué de 11,81 % pour atteindre 1,7 milliard de dollars, en raison de la lenteur des procédures d’octroi de licences d’importation au Myanmar.
Les importations thaïlandaises ont chuté de 8,52 % pour s’établir à 1,2 milliard de dollars.
En conséquence, la Thaïlande a bénéficié d’un excédent commercial de 499,3 millions de dollars.
En réponse, le gouvernement birman a intensifié ses efforts pour réduire son déficit commercial, annonçant des mesures strictes contre les marchandises trouvées dans les ports ou les aéroports sans licence d’importation.
Depuis le 1ᵉʳ juillet, sept catégories de marchandises, dont les engrais et l’acier, doivent faire l’objet d’une licence d’importation délivrée par le comité de surveillance des changes (FESC).
Un rapport du bureau thaïlandais de promotion du commerce à Yangon, mis à jour le 5 juillet, prévoyait une maigre croissance de 1,5 % pour l’économie de la Birmanie cette année.
Le commerce international entre avril et mai a atteint 4,5 milliards de dollars, soit une baisse de 14,5 % par rapport à la même période de l’année dernière.
Les exportations ont augmenté de 10,94 % pour atteindre 2,3 milliards de dollars, tandis que les importations ont chuté de 30,82 % pour atteindre 2,2 milliards de dollars, ce qui a entraîné un excédent commercial de 63,53 millions de dollars pour la Birmanie.
Dans ce contexte, plusieurs entreprises thaïlandaises cotées à la Bourse de Thaïlande ont cessé leurs activités en Birmanie.
TPBI Public Company Limited a dissous sa filiale TPBI & Myanmar Star Company Limited le 8 juillet.
Christiani & Nielsen (Thai) Public Company Limited et General Engineering Public Company Limited ont également mis fin à leurs activités en Birmanie en raison des pertes continues et des conditions politiques défavorables.
Voir aussi :
La Thaïlande sauve des marocains prisonniers d’un centre d’appels au Myanmar
La Thaïlande travaille sans relâche pour résoudre la crise du Myanmar
Des affrontements éclatent à la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar
La junte du Myanmar est au bord du gouffre, la Thaïlande revoit sa position
Source : Pattaya Mail
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2 commentaires
Votre titre, laisse à penser que la Thaïlande, tout comme le Myanmar, survit grâce à des aides étrangères… Relisez-vous.
Bonjour Christian,
Merci pour le premier signalement, on a fait la correction.