Les titres de certains médias qui annoncent la fin de la légalisation du cannabis en Thaïlande peuvent prêter à confusion.
Mise à jour au 03 septembre 2025 :
Le cannabis est officiellement limité à 5 usages médicaux, mais d’après des consommateurs, il suffit de payer 300 bahts (8 euros) pour obtenir une carte permettant de fumer légalement pendant un mois :
Le cannabis en Thaïlande est désormais réservé à 5 usages médicaux
Mise à jour au 10 octobre 2025 :
Thaïlande : vers la fin des restrictions imposées au cannabis ?
Le gouvernement thaïlandais a annoncé sa volonté de reclasser la marijuana dans la liste des stupéfiants, mais la loi n’a pas encore été modifiée et ne devrait pas l’être avant 2025.
Mise à jour : la loi a été modifiée en juin 2025 :
Voir : Fin de la récréation : la Thaïlande interdit le cannabis récréatif
Des discussions avec le public à ce sujet sont encore en cours, donc, malgré les annonces, rien n’a encore été décidé.
Il est donc encore possible de fumer du cannabis en Thaïlande à condition de respecter certaines règles (voir ci-dessous).
Des manifestants pro-cannabis se sont mobilisés cette semaine contre le projet de reclassement de la plante dans la catégorie des stupéfiants.
Des dizaines de défenseurs du cannabis se sont rassemblés devant le ministère thaïlandais de la Santé le jeudi 16 mai pour s’opposer au projet du gouvernement de réinscrire la plante sur la liste des stupéfiants, deux ans après sa dépénalisation.
La Thaïlande est devenue le premier pays d’Asie à dépénaliser le cannabis à des fins médicales en 2022, mais dans la pratique, le marché ne semble pratiquement pas réglementé.
C’est ce qui a suscité des réactions négatives de la part de l’opinion publique et des inquiétudes quant à l’utilisation abusive et à la criminalité.
Les néons indiquant la présence de cannabis sont devenus omniprésents dans les zones touristiques du pays, et les dispensaires se sont multipliés à chaque coin de rue.
Des centaines de vendeurs de nourriture et de boissons proposent des menus infusés au cannabis.
Tout cela pourrait changer avec les propositions du Premier ministre visant à réglementer strictement la consommation de marijuana et à en limiter l’usage à des fins médicales.
Pourquoi la réglementation thaïlandaise sur le cannabis change-t-elle si rapidement ?

Militants contre la légalisation du cannabis en Thaïlande. Photo : MThai
Après les élections générales de mai 2023, la Thaïlande est dirigée par un nouveau gouvernement depuis septembre.
Le gouvernement de coalition dirigé par le parti Pheu Thai est à l’origine des appels à la répression du cannabis, qui a été mal réglementé depuis sa légalisation.
Le Pheu Thai a fait campagne sur l’interdiction de l’usage récréatif de la marijuana, estimant qu’elle présente des risques pour la santé et qu’elle pourrait entraîner des problèmes de toxicomanie chez les jeunes.
Dans un récent post sur X appelant à la réinscription de la plante sur la liste, Thavisin a réitéré cette position en déclarant :
« Les drogues sont un problème qui détruit l’avenir de la nation ».
Anutin Charnvirakul, l’ancien ministre de la Santé qui a supervisé la légalisation de la drogue sous le précédent gouvernement militaire est actuellement ministre de l’Intérieur.
Il est le chef du parti Bhumjaithai, qui fait partie de la nouvelle coalition gouvernementale.
Lorsqu’il a soutenu la légalisation de la marijuana en 2022, il a déclaré qu’elle permettrait de désengorger les prisons thaïlandaises et de stimuler l’économie rurale.
Le jour de la légalisation, plus de 3 000 détenus inculpés pour des affaires liés au cannabis ont été libérés.
Voir : La Thaïlande libère les détenus arrêtes pour trafic de Cannabis et va rendre la drogue confisquée
En l’espace d’un an, l’industrie du cannabis du pays valait 28 milliards de bahts thaïlandais (710 millions d’euros) et devrait atteindre 336 milliards de bahts (8,5 milliards d’euros) d’ici à 2030.
M. Anutin avait promis que le cannabis ne serait autorisé qu’à des fins médicales, mais dans la pratique, le marché n’était pratiquement pas réglementé.
Le ministère de la Santé a publié des règlements qui font du cannabis une « herbe contrôlée » dont la plantation et la vente nécessitent une licence, et qui interdisent la vente en ligne, la vente aux femmes enceintes et aux personnes de moins de 20 ans, et le fait de fumer en public.
Cependant, le cannabis peut être acheté facilement par pratiquement n’importe qui dans de nombreux établissements non agréés ou en ligne.
Depuis la légalisation du cannabis, plus de 1,1 million de Thaïlandais se sont inscrits pour obtenir une licence de culture et plus de 6 000 dispensaires ont vu le jour dans tout le pays, souvent avec un contrôle de qualité insuffisant.
Les médias thaïlandais ont rapidement diffusé des informations faisant état de violences et d’abus liés à la drogue, notamment parmi les jeunes, qui n’étaient pas censés y avoir accès.
Le ministère de la Santé a fait état d’un pic dans le nombre de personnes cherchant à se faire soigner pour des problèmes psychologiques liés au cannabis, passant de plus de 37 000 patients en 2022 à plus de 63 000 en 2023.
D’autres études font état d’une augmentation de la consommation de cannabis chez les jeunes.
Voir : La Thaïlande veut protéger les enfants des drogues douces légales (cannabis, kratom)
La Thaïlande étant le premier pays d’Asie à légaliser le cannabis, elle a également donné naissance à une industrie florissante du tourisme de l’herbe que beaucoup craignent qu’il soit difficile d’endiguer.
Voir : La Thaïlande veut mettre fin au tourisme du Cannabis
Les responsables du tourisme pensent que l’interdiction de l’usage récréatif du cannabis n’entrainera pas une diminution du nombre de voyageurs, mais rien n’est moins sûr.
Voir : L’interdiction de l’usage récréatif du cannabis en Thaïlande n’affectera pas le tourisme
Car la légalisation a attiré des voyageurs du monde entier dont de nombreux touristes asiatiques.
Voir : Des touristes de toute l’Asie viennent fumer du cannabis en Thaïlande
Lors de la campagne électorale de 2023, tous les grands partis, y compris le Bhumjaithai, ont promis de limiter l’usage du cannabis à des fins médicales.
Jeudi, les manifestants ont reconnu que le cannabis devait être réglementé de manière appropriée, mais ils ont déclaré que le reclassement de la plante en tant que stupéfiant aurait un impact économique négatif sur ceux qui ont investi dans cette industrie naissante.
Des groupes d’agriculteurs autorisés à cultiver des plants de cannabis avant la dépénalisation en 2022 ont soutenu la volonté du gouvernement de reclasser la plante comme stupéfiant, car depuis la légalisation le prix du kilo de cannabis a beaucoup baissé.
Voir : Menace sur le cannabis en Thaïlande : les groupes pro-marijuana font pression
Quelles sont les peines encourues pour la consommation de cannabis en Thaïlande ?

Des touristes étrangers fument du cannabis sur une moto e Thaïlande.
Avant que le cannabis ne soit légalisé en Thaïlande en juin 2022, le pays disposait de lois sur les drogues parmi les plus sévères au monde.
La possession de cannabis pouvait vous conduire en prison pour une durée allant jusqu’à 15 ans.
La tristement célèbre prison centrale de Bang Kwang, ironiquement surnommée le Hilton de Bangkok après qu’une série télévisée australienne eut décrit ses conditions sordides et surpeuplées, avait un effet dissuasif majeur sur les touristes.
En mars, le ministre thaïlandais de la Santé, Chonlanan Srikaew, a déclaré qu’il avait recommandé au gouvernement un projet de loi interdisant l’usage récréatif de la marijuana et la reclassant comme substance contrôlée.
Ce projet devrait être approuvé prochainement, après quoi il sera soumis à la Chambre des représentants de Thaïlande.
Le projet de loi, qui a été soumis à l’avis du public en janvier, prévoit des amendes pouvant aller jusqu’à 60 000 bahts thaïlandais (1 521 euros) pour l’usage récréatif (défini comme « divertissement ou plaisir »), ainsi que des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an.
Elle autoriserait l’usage de la marijuana à des fins médicales, mais ne donne pas de détails sur la manière dont cet usage serait contrôlé.
Elle propose également des amendes pouvant aller jusqu’à 100 000 bahts (2 536 euros) pour la publicité ou la commercialisation du cannabis à usage récréatif.
La culture sans licence est passible d’une peine d’emprisonnement d’un à trois ans ou d’une amende de 20 000 à 300 000 bahts (507 à 7 612 euros).
Les règles applicables aux dispensaire de cannabis et à la culture à domicile ne sont pas encore claires.
Les touristes peuvent-ils encore fumer de l’herbe en Thaïlande ?

Joint de cannabis. Photo : Dadgrass
Pendant que la Thaïlande attend les résultats de ces changements, les dispensaire de cannabis sont toujours ouverts dans tout le royaume.
Toutefois, certaines règles sont déjà en place pour restreindre la consommation de cannabis.
Il est interdit de fumer ou de vaper dans les lieux publics.
Le fait de causer une « nuisance publique », y compris par l’odeur de l’herbe, est passible d’une amende de 25 000 bahts (634 euros).
Les détails de ce qui constitue une « nuisance » sont obscurs et susceptibles d’être exploités par la police.
Voir : Thaïlande : la police pourra vous arrêter si vous fumez du cannabis chez vous
Les policiers thaïlandais sont connus pour extorquer les habitants et les touristes, et de nombreux observateurs craignent qu’ils exploitent le changement de la loi pour demander des pots-de-vin.
Voir : La police de Bangkok accusée d’un vaste racket qui rapporterait 324 millions de bahts par mois
Les extraits contenant plus de 0,2 % de THC sont toujours considérés légalement comme des stupéfiants, mais certains dispensaires vendent des produits plus forts, ce qui pourrait causer des problèmes aux acheteurs, à moins qu’ils n’aient obtenu une autorisation officielle à des fins médicales.
Les touristes ont également été avertis que le cannabis est toujours illégal dans les pays voisins et qu’il ne doit pas être transporté au-delà des frontières.
Singapour, dont la politique en matière de drogues est l’une des plus strictes au monde, peut arrêter les citoyens qui consomment des drogues en dehors du pays comme s’ils les consommaient chez eux.
Voir :
Un touriste brésilien a été arrêté à Bali avec du cannabis provenant de Thaïlande
Des touristes de Thaïlande arrêtés en Malaisie après avoir été testés positifs à la marijuana
Source : Euronews
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4 commentaires
Ceux et celles qui pratiquent la philosophie de Bouddha doivent sans savoir que tout stupéfiant ou narcotique provoquant l’illusion du bien-être détruit l’émancipation spirituelle, enlève tout discernement et nuit à l’état psychique…
Cause du déséquilibre mental traduisant un comportement irrationnel, voire dangereux pour lui-même et autrui.
Avant de devenir Bouddha, lorsqu’il a fréquenté de nombreux maîtres à la recherche de la voie, il a très certainement fumé de l’herbe avec d’autres ascètes.
« Le cannabis a été utilisé dans un contexte religieux et spirituel en Inde depuis la Période védique qui remonte à environ 1500 ou 2000 av. J.-C.
Hérodote a écrit sur les premières pratiques cérémonielles des Scythes, qui aurait eu lieu du Ve siècle au IIe siècle avant notre ère.
Les nomades hindous l’ont utilisé en Inde depuis des siècles.
Dans la culture moderne l’usage spirituel de cannabis a été propagé par les hippies de retour d’Inde et du Népal vers les années 1970 et par les disciples du mouvement Rastafari qui l’utilisent pour ses propriétés naturelles d’exaltation de la conscience dans leurs rites sacrés, selon ce qu’ils savent comme appartenant véritablement à la prophétie de la vie « livity » des anciens mystiques, dont l’histoire est décrite dans les textes sacrés. »
Je cite : « Le Pheu Thai a fait campagne sur l’interdiction de l’usage récréatif de la marijuana, estimant qu’elle présente des risques pour la santé et qu’elle pourrait entraîner des problèmes de toxicomanie chez les jeunes.(…) «Les drogues sont un problème qui détruit l’avenir de la nation ». » fin de citation.
Si seulement, les dirigeants politiques pouvaient déployer la même énergie pour lutter contre le tabagisme (qui apparemment, n’est pas une drogue… si ? Ah.. non ? si, quand même ? Ah oui, peut-être bien…) ce serait une bonne chose, la consommation de tabac en Thaïlande restant légèrement supérieure à l’usage du cannabis, malgré une progression de plus de 20% de cette dernière depuis les années post-covid et sa libéralisation en usage récréatif, ce qui devrait rapporter à l’État plus de 1,2 milliard de dollars par an.
Il est donc probable, que, comme pour le tabac, l’usage récréatif sera mieux réglementé, mais pas supprimé, car on ne crache pas comme ça sur 40 milliards de baths de recettes fiscales annuelles !!!
À mon humble avis, je ne crois pas que les amateurs de fumettes ont trop à s’inquiéter pour leur approvisionnement dans le pays, auprès des nombreux commerces et échoppes « cannabis free » qui ont poussé comme des champignons depuis 2021 et qui se mettront à l’abri des sanctions légales en se transformant tous, s’il le faut en « office paramedics cannabis » agréés en façade, et en « coffee-shop » à la mode hollandaise sous le comptoir !!!
On peut faire confiance aux thaïlandais pour trouver les failles légales pour se mettre à couvert ou éviter tant que faire se peut les amendes et contrôles parcimonieux des autorités policières et judiciaires, sans compter les membres de la police qui fermeront les yeux sur les activités de vente à buts récréatifs, moyennant quelques billets de 1000 baths passant d’une poche à l’autre… comme cela se pratique depuis des dizaines d’années pour les bars employant des prostituées… oups ! pardon; …des serveuses !
Car comme on le sait depuis toujours, la police fait très bien son travail dans ce domaine-là aussi, puisque la prostitution est interdite en Thaïlande et donc, n’existe évidemment pas…
Ça tombe sous le sens ! Et comme disait Coluche : « Allez, circulez… Y’a rien à voir ! » Sur cette bonne parole, vais m’en rouler une grosse comme un cigare cubain !
Il y a d’un côté les promesses électorales de lutte contre le cannabis et de l’autre, le risque de perdre beaucoup d’argents et touristes en cas de changement de loi.
Sans compter la fermeture de nombreuses entreprises qui ne pourront pas survivre avec le cannabis médical.
Donc, malgré les annonces, il se pourrait que rien ne change.